Les cinémas belges baissent le rideau

Selon les exploitants de salles obscures, la fréquentation des derniers mois n’atteint pas 25% des entrées attendues. ©BELGAIMAGE

Sans attendre les décisions des autorités, la Fédération des exploitants a annoncé la fermeture des salles de cinémas belges.

"C'était la dernière séance et le rideau sur l'écran est tombé", chantait Eddy Mitchell en 1977. Sans attendre l'harmonisation des mesures entre régions et fédéral intervenues mercredi soir, ni les décisions du comité de concertation attendues en fin de semaine, le secteur de l’exploitation cinématographique belge a anticipé un confinement.

Mercredi matin, on apprenait que Kinepolis allait fermer toutes ses salles dès vendredi, soit 11 complexes. En milieu de journée, la Fédération des Cinémas de Belgique (FCB), qui représente 85% des entrées en salles, annonçait que la grande majorité de ses adhérents avait décidé de fermer les salles dès mercredi soir. Dans la foulée, Kinepolis précisait s’aligner sur cette décision.

Et la FCB de lancer une pique aux décideurs: "la situation sanitaire actuelle déclenche une avalanche d’annonces intempestives de tous les niveaux de pouvoirs, brouillant un peu plus les conditions d’accès aux salles de cinéma sur le territoire", indique-t-elle. Dans un souci de clarté qui doit être dû au public, la grande majorité des exploitants prennent la décision de fermer leurs salles à compter de la dernière séance de ce mercredi 28 octobre. 

"Dans un souci de clarté qui doit être dû au public, la grande majorité des exploitants prennent la décision de fermer leurs salles à compter de la dernière séance de ce mercredi 28 octobre."
La Fédération des Cinémas de Belgique

Les exploitants se sont donc alignés sur Bruxelles, où tous les cinémas sont fermés depuis lundi, alors qu’en Flandre ils devaient l’être à partir de vendredi à 18h et qu'en Wallonie ils restaient ouverts jusqu'à nouvel ordre. Mais cela, c'était avant l'accord intervenu mercredi soir entre régions et Fédéral sur l'harmonisation des mesures qui imposent au secteur de fermer ses salles illico.

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Les exploitants tirent la langue depuis le début de la crise sanitaire. Les 100 jours de confinement leur ont coûté 20 millions d'euros par mois. La fréquentation des derniers mois n’atteint pas 25% des entrées attendues, affirme la FCB. Et ils n’ont pas pu profiter pleinement de la réouverture des salles durant l’été, car l’offre de films à gros potentiel commercial était peu consistante, les distributeurs ayant reporté la sortie de leurs blockbusters dans l’attente de jours meilleurs. Ce fut le cas du dernier James Bond ainsi que de "Fast & Furious 9", "Jungle Cruise", "Wonder Woman 1984", "Black Widow", le "West Side Story" de Spielberg, etc.

Aujourd’hui, le secteur interpelle à nouveau les pouvoirs publics. Rappelant qu’il s’est adapté aux mesures contraignantes qui lui ont été imposées pour accueillir les spectateurs en sécurité, il demande aux autorités d’impérativement soutenir un secteur en danger, soulignant qu’aucune aide sérieuse n’a été accordée aux exploitants hormis celles attribuées aux cinémas d’art et essai sous contrat de subside. Et d’ajouter que la fermeture des salles affecte tout l’écosystème fragile du cinéma (production, distribution…) dont le socle est la salle.

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