Le juke-box pour enfants du belge Muuselabs séduit IDKids

Théo Marescaux a inventé Jooki pour libérer ses enfants de la dictature des écrans. ©saskia vanderstichele

La start-up bruxelloise lance une nouvelle version de Jooki, son boîtier à musique connecté, et parachève ses levées d'amorçage avant une récolte de Série A en 2021.

Lorsqu'il y a sept ans, il cherchait à détacher ses jeunes enfants des écrans en leur proposant une boîte à musique de son cru, Théodore Marescaux ne se doutait pas qu'il lançait les premiers pas d'une start-up high tech. Ses premiers essais ont débouché sur la création de "Jooki" et... le début d'une prometteuse aventure entrepreneuriale. Aujourd'hui, IDKids, le groupe français de jouets et vêtements pour enfants qui exploite les marques Okaïdi, Jacadi ou Oxybul, croit à ce point dans l'avenir de Muuselabs qu'il vient d'y souscrire des parts. Le fonds tech wallon Leansquare a fait de même. Et dans quelques mois, la société fondée à Evere par Théodore Marescaux et deux associés de la première heure va tenter de lever un plus gros montant auprès d'investisseurs anglo-saxons, israéliens et scandinaves.

"Cela n'a aucun sens de laisser de jeunes enfants face à des écrans. Pour développer leur imaginaire, il leur faut de la communication en face à face."
Théodore Marescaux
fondateur et CEO, Muuselabs

A l'origine, Théodore Marescaux en avait assez de voir ses enfants charger de la musique ou des histoires via des smartphones. Il a alors inventé Jooki: une enceinte bluetooth et wi-fi connectée à des plateformes de streaming, commandée via la manipulation de petites figurines à (dé)placer sur le boîtier, chaque figurine correspondant à une "playlist". "Cela n'a aucun sens de laisser de jeunes enfants face à des écrans, dit-il. Pour développer leur imaginaire, il leur faut de la communication en face à face." Puis, devant le succès rencontré par la formule auprès de ses rejetons ainsi qu'auprès de ceux de deux amis ingénieurs, PieteJan Palmers et William Moffat, il a eu l'idée de l'ouvrir au grand public. D'où la fondation de la société Muuselabs.

Du Texas au Danemark en passant par New York

Son projet a séduit pas mal de monde. Au festival de musique et médias South By Southwest à Austin, au Texas, il a rencontré Michel Tombroff, un serial entrepreneur belge qui a décidé d'investir dans sa start-up, avant d'en prendre la présidence. "Sur le stand à Austin, dit celui-ci, j'ai vu une fillette de 5 ans saisir une figurine, puis la poser sur le boîtier. Elle a découvert que cela enclenchait de la musique, a commencé à danser et a appelé ses frères, puis ses parents, pour leur faire découvrir le truc. Un produit qui se vend tout seul, c'est rare!"

Au Danemark, Muuselabs a été sélectionnée pour participer à "Accelerace", un accélérateur de start-up sponsorisé par Bang & Olufsen, le fabricant de produits audiovisuels hauts de gamme. Puis à New York, lors de la foire aux jouets Toy Fare, Jooki a retenu l'attention des dirigeants de quelques-uns des principaux fabricants de jouets, tel Mattel: "Ils nous ont dit que si on parvenait à abaisser le prix du Jooki à moins de 100 dollars, ils le prendraient dans leurs réseaux retail", relève Michel Tombroff.

Ces diverses expériences ont amené les patrons de Muuselabs à conclure des partenariats avec Bang & Olufsen, pour l'enceinte, avec Deezer et Spotify, pour le contenu, puis à mettre au point une deuxième version de Jooki, moins chère et plus facile à manipuler. En parallèle, ils ont déposé un brevet pour l'Europe et l'Amérique du Nord - on n'est jamais trop prudent.

Ils ont levé 875.000 euros voici quelques jours, pour porter leurs fonds à 3,5 millions (2,5 millions en capital, 1 million en subsides). Brustart, le fonds starter du holding public bruxellois Finance Brussels, et St'Art, le fonds dédié aux activités culturelles, étaient déjà actionnaires mais ont participé à cette augmentation de capital, de même que deux autres actionnaires existants et deux nouveaux: IDKids et Leansquare.

L'enfance, une poche de marché oubliée

"Une levée assez modeste, commente Tombroff, et c'est délibéré. On a validé notre modèle et on termine notre phase d'amorçage en accueillant un partenaire industriel, IDKids, et un venture capitalist, Leansquare, dans notre tour de table. Cela nous fournira du cash pour tenir jusqu'à la mi- ou la fin de l'an prochain. On donnera un nouveau coup d'accélérateur à notre projet en 2021 avec une récolte de fonds beaucoup plus conséquente, une Série A, pour soutenir notre projet de croissance et d'expansion en Europe et en Amérique du Nord."

"On donnera un nouveau coup d'accélérateur à notre projet en 2021 avec une récolte de fonds beaucoup plus conséquente, une Série A."
Michel Tombroff
Président du conseil, Muuselabs

On l'a compris, l'ambition a grandi avec l'amélioration du produit et vu les réactions qu'ils suscite sur les deux rives de l'Atlantique. La version 2 est désormais prête, elle coûtera moins de 100 euros (ou dollars). Les préventes débutent ces jours-ci, les premiers modèles seront commercialisés via le site en décembre, puis l'an prochain sans doute déjà dans le réseau retail avec le concours d'IDKids.

"L'enfance est une énorme poche du marché du streaming qui reste intacte à ce jour, conclut Theodore Marescaux. Nous avons un produit fait pour les enfants et qui n'est pas polluant en termes d'écrans."

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