Les Frère-Desmarais s'installent aux premières loges de Pollen

Le festival Les Ardentes fait par exemple partie des clients de Pollen. Ce qui lui permet d'internationaliser son public. ©BELGA

Via Sienna Capital, les deux familles injectent 21 millions d'euros dans la pépite britannique de l'événementiel. Dont elles deviennent le principal actionnaire.

GBL a décidé de prendre une place de choix à bord de la start-up britannique Pollen, qui récompense les fans de musique réussissant à convaincre leurs amis d’acheter des tickets pour un concert ou un festival.

En effet, via sa plateforme d'investissements alternatifs Sienna Capital, le holding des familles Frère et Desmarais vient d'apporter quelque 21 millions d'euros de capitaux frais à l'étoile montante courant du premier semestre, a-t-on appris.

21
millions €
Sienna Capital, la plateforme dédiée aux investissements alternatifs de GBL, vient de réinvestir 21 millions d'euros dans Pollen, dont elle devient le principal actionnaire.

Une opération qui lui permet aujourd'hui de se hisser, fort d'une participation de plus de 30%, au rang de principal actionnaire de la jeune pousse active dans l'événementiel – qui ne pèse, par ailleurs, que 1% de son portefeuille.

Et ce, alors même que Pollen levait encore 69,5 millions d'euros l'an dernier à l'occasion d'un tour de table mené par le géant suédois du capital-risque Northzone (connu pour avoir soutenu Spotify ou encore StepStone dans leur ascension), auquel avait aussi participé Sienna aux côtés des investisseurs historiques.

Deux frères aux commandes

À l'époque, la jeune pousse en profitait pour changer de nom, abandonnant l'appellation "Verve" qu'elle avait endossée après être passée par différentes appellations depuis son lancement en 2014 par deux frères, Callum et Liam Negus-Fancey.

L'idée leur était venue de la vente de billets de spectacles de danse. Pas très original, direz-vous, et pourtant. Le duo se démarque alors en ceci qu'il demande à des amis de vendre pour eux lesdits tickets, en échange de billets gratuits et de laissez-passer pour les coulisses. Un succès. Le concept était né.

Le chiffre d’affaires grandit rapidement, à tel point que la start-up bouclent deux tours de table qui lui permirent de collecter quelque 28,5 millions de dollars, auprès de plusieurs investisseurs, parmi lesquels la maison de disques Universal Music.

En quelques années, les deux jeunes, pas même trentenaires, gagnent la confiance du célèbre organisateur d'événements Live Nation et de festivals tels que Reading Leeds ou Les Ardentes, en Belgique. Ils collaborent également avec les distributeurs de tickets Ticketmaster, Eventbrite et AEG.

De quoi leur permettre d'écouler quelque 330.000 tickets l'an dernier encore, sur lesquels la start-up touche une commission de 18%. Et ce, forte d'une communauté de 35.000 membres actifs.

Ciel assombrit par le Covid-19

Une ascension placée sous de bons auspices, donc, pour Sienna Capital. Enfin, jusqu'à cette année seulement, en réalité. Car force est de constater que la crise du coronavirus s'est aujourd'hui invitée à la fête… qu'elle n'a pas manqué de gâcher, forçant Pollen à se séparer de plusieurs dizaines de collaborateurs au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada.

Un acte en rien isolé puisque le géant de la location d'hébergements Airbnb, par exemple, était lui aussi contraint de tailler dans ses effectifs suite au coup accusé par le secteur du tourisme. Quelque 1.900 personnes, soit un quart de ses employés, étaient ainsi amenées à prendre la porte il y a peu. Une proportion aussi retrouvée du côté de la plateforme de voyage en lignes TripAdvisor par exemple, où 900 collaborateurs étaient licenciés à la même période.

Pour autant, Sienna Capital se veut confiante et se dit même aujourd'hui "bien positionnée pour bénéficier de son investissement au travers de la reprise du marché du voyage et des divertissements à moyen terme".

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