"Les pandas sont chinois, pas wallons ou flamands"

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Eric Domb a expliqué avoir beaucoup travaillé et investi près de 8 millions d'euros pour obtenir le prêt des pandas chinois. Un investissement qui se répercutera sur le prix de l'entrée au parc. Le fondateur dec Pairi Daiza a ajouté avoir été été meurtri par la polémique communautaire née du prêt par la Chine de pandas au Parc Pairi Daiza.

Le fondateur du parc zoologique Pairi Daiza, Eric Domb, a expliqué vendredi que l'obtention du prêt par la Chine de deux pandas pour une durée de 15 ans est l'aboutissement d'un rêve. Il a souligné la difficulté pour y parvenir, dont la dernière en date, la polémique lancée par le Zoo d'Anvers, qui souhaitait la garde des deux ursidés.

"Nous avons le plus grand respect pour le zoo d'Anvers, avec qui nous entretenons de très bonnes relations. On peut comprendre leur déception", a réagi M. Domb.

"Nous nous serions bien passés de cela. Les pandas sont chinois, pas wallons ou flamands. Je ne suis pas sûr que l'image de nos habitants ait été rehaussée (...). Je suis gêné qu'il n'y ait pas eu un hurlement de joie de toute une population", a-t-il ajouté.

Il a précisé le rôle du Premier ministre belge Elio Di Rupo, originaire de la région où est situé Pairi Daiza, dont l'intervention s'est limitée à transmettre le dossier. "Il n'y a pas eu de favoritisme. Ce n'était d'ailleurs pas nécessaire. La Chine n'a reçu qu'un seul dossier", a soutenu M. Domb.
"Son rôle a juste été de faire suivre notre dossier de candidature à son homologue chinois et d’assurer ce dernier de l’honorabilité de notre  société, de ses capacités financières, etc…. En aucun cas, l’avis d’Elio Di Rupo  n’aurait pu être déterminant  dès lors que le processus d’acceptation d’un  prêt de pandas est très encadré par l’administration  ad hoc chinoise."

 Face aux difficultés, M. Domb avait renoncé à son projet d'accueil de pandas avant de finalement le relancer sans garantie de résultat. Seuls cinq pays en Europe accueillent des pandas, une espèce protégée. "Le travail ne suffit pas. Il faut aussi établir des relations très étroites avec de nombreuses personnes. C'est horriblement compliqué! ", a indiqué Eric Domb.

Pour obtenir le feu vert des autorités chinoises, le parc hennuyer a dû satisfaire à différentes conditions. Ayant dépassé cette année le cap du million de visiteurs depuis le 2 septembre, Pairi Daiza peut prétendre être d'envergure européenne. Le parc a aussi dû débourser. "L'accueil des pandas est extrêmement cher", développe Eric Domb. Pairi Daiza participe au financement d'un programme chinois de reproduction. Pour son site, il va consacrer 8 millions d'euros à l'aménagement des lieux. Ce montant ne tient pas compte des soins, des redevances ou des différentes expertises. Les travaux d'aménagement ont débuté en juillet dernier.

Pour obtenir un panda, le pays hôte doit avoir des relations "correctes" avec la Chine. Le dossier de Pairi Daiza avait été transmis le 21 septembre 2012 au Premier ministre chinois lors de sa visite à Bruxelles. Depuis le 8 octobre 2012, deux personnes engagées par Pairi Daiza travaillent exclusivement sur ce dossier, qui a nécessité l'échange de centaines de coups de téléphone et de courriels.

L'accord sur le prêt des deux pandas pour 15 ans est finalement intervenu mercredi dernier au cours d'une mission du Premier ministre Di Rupo en Chine. On ignore encore quand le couple arrivera en Belgique. La direction de Pairi Daiza espère pouvoir le montrer au public lors de la réouverture du site en avril 2014 ou lors des 20 ans du parc le 11 mai prochain. Les deux pandas resteront en quarantaine durant un mois avant de pouvoir être en contact avec le public. L'équipe qui s'occupera des deux ursidés sera exclusivement chinoise.

L'arrivée des pandas entraînera une hausse "raisonnable" du prix d'entrée, a déjà annoncé M. Domb, sans citer de chiffres. "Les deux  ou trois premières années verront évidemment grimper la fréquentation  du public, friand de découvrir  ces animaux extraordinaires mais ensuite l’intérêt fléchira et le coût  annuel du prêt, à cumuler avec celui des amortissements des infrastructures d’accueil, seront sans doute supérieurs à la recette. Ce qui veut dire que l’opération, sur l’ensemble de la période, n’est pas sans risque  financier pour Pairi Daiza."

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