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Les salles de jeux Golden Palace ont bétonné leurs emplois

Le joueur dépendant n'intéresse pas Golden Palace et son CEO Massimo Menegalli, qui veulent procurer du loisir à long terme. ©Kristof Vadino

Sacré tour de passe-passe réalisé par l'opérateur de salles de jeux: malgré 11 mois de fermeture sur 15, Golden Palace a réussi à maintenir son effectif.

Comme ses concurrents, l'opérateur de salles de jeux Golden Palace a vu ses 45 établissements restés fermés durant 11 des 15 derniers mois, confinement oblige. "Un choc terrible. Je n'aurais jamais imaginé qu'on connaîtrait cela, et je n'aurais jamais imaginé qu'on serait encore vivant après une aussi longue période de fermeture", s'exclame son CEO Massimo Menegalli. Le groupe a perdu plus de 50% de son chiffre d'affaires "off line" en 2020 (60 millions d'euros en 2019), tandis qu'en 2021, il n'a pas encore engrangé le moindre centime d'euro. Il n'a pourtant licencié personne et son effectif a même légèrement progressé, passant de 390 personnes en 2019 à 425 l'an dernier et à 438 cette année.

438
emplois
Le groupe Golden Palace a maintenu et même fait légèrement croître son effectif malgré la crise et les fermetures.

"Le personnel de salle a été mis en chômage économique, ce qui nous a beaucoup aidés", explique le dirigeant. Les aides régionales à la fermeture ont moins pesé dans la balance: "On a reçu 4.000 euros par établissement en Flandre, et 4.000 euros par société en Wallonie, soit au total moins de 150.000 euros d'aides de ce type", détaille-t-il. Rien de comparable avec le soutien public au secteur en France, où Golden Palace exploite un casino, celui de Boulogne-sur-Mer: "En France, on a reçu l'équivalent de 25% du chiffre d'affaires 2019, plus des prêts garantis par l'État."

L'opérateur qui, comme ses confrères, paie beaucoup de taxes régionales, a toutefois pu récupérer une partie de celles payées à l'avance pour 2020 auprès de la Flandre et de la Wallonie, tandis que le sujet est toujours en négociation à Bruxelles. Il n'a pu compenser, par ailleurs, le manque à gagner dans ses salles "terrestres" via son site de jeux en ligne. Il est vrai que si Golden Palace est le premier groupe de salles en Belgique, avec 45 salles sur un total de 180, il est moins avancé dans le digital, où il ne revendique qu'une place dans le top 10. "On y accuse un certain retard, mais on est en train de le rattraper", complète Massimo Menegalli.

"Rien que sur le mois écoulé, on a engagé dix personnes pour notre pôle digital."
Massimo Menegalli
CEO, Golden Palace

Car le groupe a aussi réagi à la crise en investissant, à la fois dans la rénovation de ses salles et dans sa plateforme en ligne. Une bonne manière d'utiliser le temps brutalement libéré. "Rien que pendant le mois écoulé, on a engagé dix personnes pour notre pôle digital; des développeurs, des spécialistes en données, en contrôle..."

Mieux préparés que les restaurants

Le groupe possède aussi une partie de ses salles et se voit soumis aux exigences de la réglementation sur les jeux, qui exige que les opérateurs affichent un ratio de solvabilité de 30%. "Cela nous pousse à avoir une certaine hygiène de gestion en effet, contrairement au secteur horeca, par exemple", observe le CEO.

Allusion nullement gratuite. S'il est très heureux de pouvoir rouvrir ses salles le 9 juin, le patron de Golden Palace ne comprend pas pourquoi son secteur a été assimilé durant la crise aux restaurants. "On a pris énormément de mesures de sécurité au premier déconfinement en juin 2020, dit-il, et on ne se retrouve pas à quatre à table dans nos salles."

"Rendre les clients malades n'intéresse personne."
Massimo Menegalli
CEO de Golden Palace

Port du masque obligatoire, ventilation poussée, séparation de chaque poste de jeu par un plexy, désinfection des machines après chaque passage, contrôle des flux... Le secteur n'a, il est vrai, pas ménagé sa tâche. Il a d'ailleurs rédigé trois protocoles de mesures successifs pour assurer une réouverture saine.

"Nous sommes une société de loisir, même s'il existe un risque, c'est vrai: la dépendance aux jeux, conclut Massimo Menegalli. Les autorités veillent à la protection du joueur et nous y participons aussi, notamment via des publicités responsables et une formation adéquate donnée à notre personnel. Rendre les clients malades n'intéresse personne."

Golden fabrique ses masques en Belgique

À ce jour, GMS (Golden Medical System) a déjà fabriqué 1,2 million de masques buccaux, dont plus de 100.000 ont été distribués gratuitement à des tiers: initiatives locales, CPAS, ONG, etc.

Golden Palace a acheté une machine à un demi-million d’euros, créé une filiale à Neder-over-Heembeek et engagé trois personnes dès le premier "lockdown" pour fabriquer ses propres masques. Une bonne idée, à un moment où il y avait pénurie et où tout le monde cherchait à en commander en Chine.  Le groupe s’est fourni en matières premières en Europe et a développé deux qualités, à 80 et 100% de pouvoir de filtration. Il a fait tester ses masques par un laboratoire en France, mais a négligé de passer par toute la filière d’homologation – jugée fastidieuse et lente – en Belgique.

Cela l’a empêché de proposer ses masques aux autorités, mais pas d’en munir son personnel et ses clients. Depuis, GMS a continué à en produire. Le groupe vend (quasi au prix coûtant) ou donne le trop-plein, selon qu’en face, il s’agisse d’une œuvre ou d’une opération commerciale. Sa filiale a une capacité de 40.000 masques par jour.

"Nous n’avons pas de plan à long terme pour cette activité, souligne Massimo Menegalli. On ne l’a pas fait dans un objectif commercial. Le jour où on n’en aura plus besoin, on l’arrêtera." Paradoxalement, on souhaitera que cela arrive vite…

Le résumé

  • L'opérateur de salles de jeux Golden Palace revendique le titre de leader du marché belge dans les salles "terrestres", mais pas dans les plateformes en ligne où il investit pour résorber son retard.
  • Il a réussi à conserver son effectif, et même à le faire croître légèrement, malgré 11 moins de fermetures sur 15.
  • S'il est plus que prêt pour la réouverture le 9 juin, il s'étonne d'être logé à la même enseigne que l'horeca, estimant que la sécurité sanitaire est davantage garantie dans ses salles.
  • Le groupe ne s'est pas croisé les bras au premier confinement, mais s'est lancé dans une entreprise de fabrication de masques, d'abord pour son personnel et ses clients, puis aussi pour l'extérieur.

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