Pairi Daiza dopé par son hôtellerie... avant la crise

L'ouverture de l'offre hôtelière a boosté le chiffre d'affaires de Pairi Daiza en 2019, mais réduit son bénéfice. ©Pairi Daiza

Pour son exercice 2019 clos le 31 mars, le parc animalier de Brugelette affiche une progression de plus de 20% de son chiffre d'affaires. Mais il n'échappera pas à une perte de 20 à 30 millions en 2020, crise sanitaire oblige.

C'était un projet de longue date d'Eric Domb: allonger la durée de visites dans le parc animalier grâce à l'ouverture d'une infrastructure hôtelière. C'est chose faite depuis le mois de juin 2019. Au sein d'un nouvel univers consacré aux animaux et au biotope de la Colombie britannique, The Last Frontier abrite 26 chambres et 24 lodges (soit un total de 250 lits). Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le pari de cet investissement lourd est plutôt réussi avec un taux d’occupation supérieur à 80% dès la première saison.

Hôtellerie intégrée

Cette nouvelle activité se solde en tout cas par une nette augmentation du chiffre d'affaires, de plus de 20%. Sur l'exercice 2019-20, clôturé fin mars dernier, le chiffre d'affaires du groupe dépasse les 85 millions d'euros, pour 70 millions l'année précédente, soit une augmentation de 22%. Celle-ci vient pour une part de l'accroissement du nombre de visiteurs (en hausse de 9%), mais surtout des nuits d'hôtel, qui ont permis d'allonger leur séjour dans le parc et d'accroître leur ticket moyen.

Le parc hennuyer poursuit résolument cette stratégie d'intégration d'une offre hôtelière dans l'enceinte même du domaine, avec notamment la Terre du Froid, dont l'univers consacré aux régions polaires du globe accueille également 50 chambres et lodges. Ces nouveaux logements ont accueilli les premiers visiteurs durant cet été, avec quelques semaines de retard du fait des mesures de confinement.

L'offre hôtelière marque la diversification des activités du parc dans le cadre d’un programme d’investissements 2017-2027. A terme, Pairi Daiza doit encore accueillir plusieurs hôtels/lodges authentiques et thématiques, partie intégrante de nouveaux "mondes" encore à construire.

Mais qui dit nouvelles activités dit aussi investissements et forcément impact sur la dernière ligne du bilan. Du fait des nouveaux amortissements et des frais occasionnés par ces nouvelles activités, notamment sur le payroll de l'entreprise, le bénéfice opérationnel recule de 29% à 8 millions d'euros. Le bénéfice net tombe à 800.000 euros du fait de charges financières exceptionnelles et d'une réduction de valeur sur la filiale de service-traiteur en prévision des mesures de confinement.

Perspectives moins favorables...

Mais cet exercice assez exceptionnel en termes de performance s'est clôturé juste avant le plus fort de la crise sanitaire et des mesures de confinement qui ont totalement paralysé les activités du parc durant le printemps dernier. Et depuis sa réouverture, Pairi Daiza a dû s'astreindre à des mesures sanitaires contraignantes.

Résultat: le parc a dû reporter sa réouverture de printemps de près de 2 mois, perdant du même coup les vacances de Pâques et les premiers week-ends de mai. Depuis lors et durant tout l'été, la restauration a été fortement limitée. Par ailleurs, la réouverture de l’hôtel The Padling Bear a également été postposée et l'inauguration des nouvelles chambres et lodges de la Terre du Froid a dû être déplacée de quelques semaines. Soit une perte de deux mois et demi de chiffre d'affaires et le remboursement des réservations effectuées durant cette période. A noter que depuis l'été, la capacité du parc a également été fortement réduite.

Coup d'arrêt aux investissements

Cette réduction de voilure forcée et contrainte devrait se solder par une perte de plus 50% du nombre de visiteurs, selon les estimations prudentes de la direction du groupe. Les bons résultats de l'été, particulièrement dans les hôtels qui affichaient complet, ont permis de limiter un peu la casse. Le résultat opérationnel restera légèrement bénéficiaire, mais le parc animalier ne pourra échapper à une perte nette estimée entre 20 et 30 millions d'euros, en fonction des mesures qui pourront être prises en vue de diminuer les charges d’exploitation.

La trésorerie du parc est solide, rappelait Eric Domb,le CEO de Pairi Daiza en août dernier. Le jugement n'a pas changé trois mois plus tard. Mais la société est obligée de puiser dans ses réserves financières pour assurer son fonctionnement en l'absence de ressources. Du coup, c'est le programme d'investissements qui prendra du retard. Sur les quatre nouveaux univers encore prévus, le focus sera mis sur un seul, une serre tropicale qui doit aussi intégrer un hôtel sur le modèle des deux espaces ouverts ces derniers mois.

"Notre fonctionnement repose sur beaucoup de coûts fixes. Nous avons donc dû prendre des mesures pour faire face à court terme", fait remarquer Yvan Moreau, directeur financier de Pairi Daiza. A noter que, malgré une vingtaine de pertes d'emploi, le solde social reste positif et il n'est pas prévu de réduire le nombre d'employés pour réduire les coûts.

Le directeur financier se refuse à toute prévision au-delà de 2020. "Nous n'avons pas pu ouvrir pour Halloween, nous espérons pouvoir le faire pour Noël et dès le 13 février pour la saison 2021. Mais actuellement, il est impossible de le prédire..."

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