Ses résultats s'effondrent, mais Kinepolis garde une trésorerie solide

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Kinepolis se veut rassurant après une année épouvantable pour le secteur. Il dispose d'une trésorerie qui lui permet de limiter la casse.

Avec seulement 12,1 millions de visiteurs dans ses salles en 2020, contre 40,3 un an plus tôt (soit une chute de 70%), Kinepolis a broyé du noir. Mais le groupe belge indique avec ses résultats annuels qu'il a les reins solides.

Kinepolis est entré dans la crise avec un ratio d’endettement conservateur et une réserve de liquidités substantielle, encore renforcée par le prêt supplémentaire de 80,0 millions d'euros contracté au début de 2021.

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Le résultat net s’est élevé à -69,1 millions d'euros, principalement en raison des amortissements élevés liés à l’importante position immobilière du groupe.

Le groupe semble traverser la crise avec confiance et devrait être capable de résister un moment encore aux effets négatifs de la pandémie de Covid-19. Au début de l’année, il disposait d’une marge de manœuvre financière de 171,0 millions d'euros. De quoi voir venir et rassurer. Le CEO Eddy Duquenne indique ainsi que le groupe n'a "brûlé" que 32 millions d'euros en espèces l'an dernier alors que 40 millions ont été investis dans de nouveaux complexes.

Limiter les dégâts

Heureusement, car alors que ces complexes ont été fermés un peu partout en Europe et en Amérique (sur les 110 complexes seuls 19 sont actuellement ouverts), ses résultats, naguère brillants, se sont effondrés. L'ebitda a été divisé par 10 à 17,2 millions d'euros et le groupe est largement tombé dans le rouge avec un résultat net de -69,1 millions d'euros, principalement en raison des amortissements élevés liés à son importante position immobilière. Le chiffre d'affaires s'écrase, passant de 551,5 à 176,3 millions d'euros.

Bref, à l'image de Kinepolis, rares sont les secteurs, comme celui des salles de cinéma, à avoir étant autant affectés par la crise sanitaire. L'an dernier, le secteur a ainsi perdu 210 millions de chiffre d'affaires en Belgique.

Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis ©JONAS LAMPENS

Des initiatives ont été prises pour limiter la casse: "Kinepolis on Tour" (drive-in), un service de livraison de friandises à domicile et un concept de cinéma privé, permettant de privatiser une salle avec un maximum de 10 personnes. Pas de quoi gagner de l'argent, certes, mais une manière de faire vivre ses infrastructures. La formule est déjà disponible au Luxembourg et le sera en Belgique dès que les complexes y rouvriront. Tout comme le visionnage de productions Netflix, déjà proposé au Luxembourg et en Espagne où les salles sont ouvertes.

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millions €
L’endettement financier net, hors dettes de location a augmenté, passant de 417,0 millions d'euros fin 2019 à 513,3 millions d'euros fin 2020.

Pas de dividende

L’endettement financier net, hors dettes de location a quant à lui augmenté, passant de 417,0 millions d'euros fin 2019 à 513,3 millions d'euros fin 2020, principalement en raison du flux de trésorerie libre négatif combiné aux investissements dans la construction de nouveaux complexes aux Pays-Bas, en France et au Canada.

Au vu du résultat et des circonstances actuelles, il sera logiquement proposé à l’assemblée générale du groupe de ne pas verser de dividende pour 2020, tout comme ce fut le cas un an plus tôt.

De meilleures marges en salles

Les perspectives de déconfinement ont redonné des couleurs à l’action Kinepolis ces derniers jours.

En théorie, 2021 devrait être meilleure. Eddy Duquenne s'est d'ailleurs voulu rassurant vis-à-vis des autorités. "Nous pouvons rouvrir dans des conditions sanitaires parfaitement sécurisées", a-t-il plaidé, ajoutant que le gouvernement devait maintenir l'équilibre entre les nécessaires précautions sanitaires et le besoin de la population de se divertir.

Même si le boom des plateformes lui font mal, Eddy Duquenne ne semble donc pas trop dramatiser. "À l'exception de quelques-uns, les gros blockbusters ont été reportés en attendant la réouverture des salles, c'est bien la preuve que l'expérience de la salle reste stratégique pour les majors, ce sont elles qui génèrent le plus de revenus et surtout les meilleures marges."

Les perspectives de déconfinement ont d'ailleurs redonné des couleurs à l’action Kinepolis ces derniers jours. La cotation du groupe a également bénéficié de l'annonce de son concurrent américain AMC de rouvrir toutes ses salles à New York le mois prochain.

Le management du groupe en a aussi profité des derniers mois pour "approfondir la stratégie d’entreprise", ce qui a débouché sur un plan baptisé "Entrepreneurship 2022" qui, sur la base de nouvelles optimisations et innovations, devrait soutenir au maximum la relance et ses performances à partir de 2022.

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