Un duo à la tête d’Umedia, le n°1 belge du tax shelter

Umedia est coproducteur de la série "Les rivières pourpres" diffusée sur France 2 et dont le tournage de la 3e saison vient de débuter dans la région de Tournai. ©N.Robin- StoriaTelevision

Le tandem Laurent Jacobs-Bastien Sirodot prend la tête du groupe audiovisuel qui ouvre en Flandre une filiale dédiée aux effets spéciaux.

Nouveaux changements à la tête du groupe audiovisuel bruxellois Umedia, actif dans la production audiovisuelle, la levée de fonds tax shelter (dont elle est le leader) et les effets spéciaux. Nommée l’automne dernier, la CEO Aurélie Dusausoy quitte déjà la société, ceci pour des raisons personnelles.

"Il y a une place à prendre dans le marché des effets spéciaux alors que plusieurs acteurs locaux sont en difficulté."
Bastien Sirodot
Co-CEO d'Umedia

Elle a été remplacée par le tandem Laurent Jacobs-Bastien Sirodot. Un duo complémentaire. Le premier a rejoint Umedia l’automne dernier comme CFO. Passé par PwC, le cimentier Heidelberg et le maison de disques PIAS, il s’occupe des levées de fonds tax shelter, des relations avec les investisseurs et le SPF Finances et des ressources humaines. Le second travaille depuis plus de 10 ans chez Umedia dont il supervise les productions et l’activité effets spéciaux.

Des trois cofondateurs, il ne reste plus que Jeremy Burdek comme administrateur non exécutif. Nadia Khamlichi et Adrian Politowski n’ont plus de charge opérationnelle et ne font plus partie du conseil d’administration. Le trio reste néanmoins actionnaire majoritaire du groupe. Avec Adrian Politowski, Nadia Khamlichi se concentre désormais sur Align, société dédiée à la coproduction de films anglo-saxons.

-30 à -40%
d'investissements
Selon Umedia, les investissements en tax shelter devraient reculer de 30 à 40% cette année en Belgique

Le nouveau tandem à la tête d’Umedia ne semble pas vouloir faire table rase du passé mais compte imprimer sa marque, notamment par l’élaboration d’un nouveau plan stratégique pour ce groupe qui emploie une petite centaine d’employés et a levé 34 millions en tax shelter l'an dernier. Le chiffre d'affaires correspondant aux prestations de services réalisées par les différentes entités du groupe peut, lui, s'estimer aux alentours de 25 millions d'euros.

En attendant, Umedia vient de créer une filiale en Flandre, UFX Flanders, dédiée aux effets spéciaux et à la postproduction. "Il y a une place à prendre dans ce marché alors que plusieurs acteurs locaux sont en difficulté", confie Bastien Sirodot, "cela va nous permettre de travailler avec de producteurs flamands et bénéficier des outils de soutien régionaux comme Screen Flanders (le "Wallimage flamand", NDLR)."

Reprise des tournages

Comme tout le secteur audiovisuel, Umedia n’a pas été épargné par la pandémie. "Durant le confinement, on a parlé de baisse de 40 à 60% des investissements dans le tax shelter pour 2020, il y a eu effectivement un retard mais au vu de l’activité en juin, nous sommes relativement optimistes", observe Laurent Jacobs qui table plutôt sur un recul de 30 à 40% pour le marché belge alors qu’en 2019, le tax shelter avait généré environ 180 millions d’euros. Suite à un intense lobbying, le secteur a ainsi obtenu des mesures d’assouplissement du système afin d’attirer les investisseurs. Mais l’heure de vérité sonnera en décembre lorsque les sociétés auront une vue plus claire sur leurs résultats.

"Durant le confinement, nous avons néanmoins pu poursuivre nos activités dans les effets spéciaux, grâce à un studio virtuel permettant à nos collaborateurs de travailler chez eux."
Bastien Sirodot
Co-CEO d'Umedia

Par ailleurs, les tournages ont repris mi-juin après trois mois d’interruption. Retardé, le tournage de la mini-série "Les aventures du jeune Voltaire" pour France 3, dont Umedia est coproducteur, vient de s’achever et est en postproduction, alors qu’a débuté, dans la région tournaisienne, celui de la 3e saison de la série "Les Rivières pourpres" diffusée sur France 2. "Durant le confinement, nous avons néanmoins pu poursuivre nos activités dans les effets spéciaux, grâce à un studio virtuel permettant à nos collaborateurs de travailler chez eux", note Bastien Sirodot.

La crise sanitaire, qui a entraîné la fermeture des salles avant une réouverture en mode mineur laissera des traces, notamment en confirmant la montée en puissance des plateformes. Prévue en salles, la comédie "Brutus vs César" que le groupe a coproduite sortira finalement sur Amazon Prime en septembre, alors que "Bronx", thriller d’Olivier Marchal sortira à la fois dans quelques salles et sur Netflix. Pour l’audiovisuel aussi, il y aura un avant et un après Covid-19.

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