Un nouveau patron pour assurer la pérennité du Pass

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Reparti sur de nouvelles bases il y a plusieurs années, le Parc d’aventures scientifiques à Frameries a trouvé son public. Le directeur actuel André Crémer va laisser sa place à Christophe Happe, directeur du centre Jean Titeca et président temporaire du Samusocial.

Icône malheureuse d’une utilisation hasardeuse des fonds régionaux européens à ses débuts, le Parc d’aventures scientifiques (Pass) va-t-il devenir le symbole du renouveau wallon? On n’est en pas là, mais une mi-révolution a quand même eu lieu ce mardi à Frameries.

Un nouveau directeur a été nommé pour succéder à André Crémer, en place depuis une décennie. Christophe Happe, 44 ans, actuellement directeur général du Centre Hospitalier Jean Titeca, prendra ses fonctions début juillet après trois mois comme directeur adjoint. Ce Binchois s’est fait connaître à la fin de l’année passée, lorsqu’il a été désigné président du Samusocial de Bruxelles, dans les conditions que l’on connaît.

Il pourra conserver ses fonctions à la tête de l’institution psychiatrique de Schaerbeek, le poste à Frameries n’étant pas à temps plein (13 heures semaines). Sa mission de "pompier" au Samusocial n’est quant à elle que temporaire.

Christophe Happe ©BELGA

La désignation du nouveau directeur a ceci de remarquable qu’elle s’est déroulée de façon complètement indépendante, chose plutôt rare, voire inexistante dans une région réputée pour son népotisme. Christophe Happe, qui possède un master en santé publique, a été choisi au terme d’une sélection conduite par le cabinet de recrutement Habeas. "Une procédure totalement dépolitisée, tout à fait objective et très dure, avec une sélection très pointue. Cela vaut la peine d’insister là-dessus", a fait valoir le ministre wallon de l’environnement et du Développement durable, Carlo Di Antonio. "Il n’y a eu aucune pression politique", a confirmé de son côté le président du conseil d’administration, Thierry Vanderhaege.

Seconde évolution notable: Christophe Happe n’arrivera pas à la tête du Pass comme manager de crise, ce qui n’avait pas été le cas de son prédécesseur en 2008. "La bonne gestion actuelle du Pass me permet de laisser de côté mon costume de pompier pour pouvoir soutenir le projet de développement", s’est-il réjoui, en mettant en avant "la valeur ajoutée incontestable de l’institution dans la région à travers sa mission scientifique, pédagogique mais aussi sociale."

André Crémer, alors vice-président de la Société wallonne de gestion et de participation (SOGEPA), avait été nommé pour sa part alors que le Pass sortait d’une sérieuse restructuration. La "Cité des sciences du Borinage", comme certains l’appelaient à ses débuts, revient en effet de loin. Ouvert en mai 2000 grâce aux financements de ce qui s’appelait alors "l’objectif 1" (des aides de l’UE destinées à aider les régions défavorisées à combler leur retard de développement), le parc a mis du temps à décoller et était boudé par le public, le tout sur fond de gestion plutôt erratique.

"De l’histoire ancienne", selon le président du CA. Bien qu’issu du sérail politique – il a été chef de cabinet de Guy Spitaels et proche de Michel Daerden –, André Crémer n’en a pas moins révélé une sérieuse indépendance et de solides qualités de manager, a souligné Thierry Vanderhaege, en énumérant les actions entreprises: "un changement profond de la culture d’entreprise, une refonte progressive de l’offre d’animation, un management revu et corrigé en partie, une gestion rigoureuse avec un équilibre financier en ligne de mire. André Crémer a aussi réussi à faire plus avec moins."

Objectif dépassé

Mieux géré, le Pass s’est aussi progressivement transformé pour se rendre plus attirant, même si ses gestionnaires affirment qu’il ne sera jamais un parc d’attraction ou l’équivalent de Technopolis à Malines. De 69.111 visiteurs en 2013, la fréquentation est passée à 120.430 en 2017, soit 20.000 de plus que l’objectif fixé par le contrat de gestion. C’est du côté du grand public que la hausse a été la plus forte, passant de 24.000 à 51.600. À l’avenir, c’est probablement aussi le public familial qui continuera à se développer. En revanche, le parc scientifique est proche de ses limites capacitaires pour les groupes scolaires.

©PASS

Comptant actuellement quelque 12.000 m2 d’espace, le Pass, qui est installé dans les bâtiments de l’ancien charbonnage de Crachet Picquery, emploie une quarantaine d’équivalents temps plein. Il est subsidié à hauteur de 3,6 millions d’euros par an par la Région. Depuis 2014, un budget annuel de quelque 300.000 euros, pendant 5 ans, lui est, de plus, alloué dans le cadre de son développement durable. Dans cette optique, une éolienne devrait y voir le jour en avril 2018. L’engin, d’un coût de 240.000 euros, produira 10% de l’énergie nécessaire au site.

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