Un outil pour gérer le risque Covid sur les événements

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Le secteur des foires et salons a concocté un guide et un calculateur pour minimiser le risque de contamination sur les grands événements. Un guide remis au gouvernement avec une liste de revendications.

Il y a moins de risque à fréquenter une foire professionnelle ou un congrès que de prendre le bus ou d'aller faire ses courses au supermarché. C'est en substance les conclusions d'une étude approfondie (140 pages, tout de même) présentées ce jeudi après midi au gouvernement par le secteur de l'événementiel réuni sous la bannière RestartMICE. MICE pour Meetings, Incentives, Conventions and Events. On est clairement dans le secteur de l'événementiel professionnel davantage que grand public, même si les conclusions sont sensiblement les mêmes quel que soit le public.

80.000
personnes
Le secteur événementiel emploie 80.000 personnes en Belgique via 3.000 sociétés.

Les experts venant d'une petite quinzaine de métiers de l'événementiel (du nettoyage à la sonorisation, de la traduction au catering, de l'éclairage à la logistique...) planchent depuis quelques mois sur la mise au point d'un calculateur pour déterminer le risque de contamination dans une assemblée.

Déterminer le risque de contamination

Le calculateur prend en compte pas mal de critères comme le volume de la pièce et le nombre de personnes évidemment, mais aussi la capacité de renouvellement de l’air, la durée de l'événement, la performance des masques, le temps de parole des orateurs qui s’expriment sans masques, ou encore la puissance vocale nécessaire pour l'orateur. Si on prend comme exemple la conférence de presse de ce jeudi matin: 25 personnes dans une salle d'une centaine de m², assez basse de plafond, tout le monde masqué, des panneaux de plexi un peu partout…, le facteur R de contamination était de 0,27.

"La Belgique est la deuxième destination mondiale en matière d'événements institutionnels. Pourtant, nous n'avons pas de plan pour pouvoir redémarrer quelque 900 événements par an à Bruxelles."
Christophe Samyn
Porte-parole de RestartMICE

Selon ces recherches, ce type d’événements est cinq à dix fois moins contaminants que, par exemple, aller faire ses courses au supermarché ou prendre le bus. Plus on se rapproche de 1 plus le risque est élevé. Autre scénario proposé dans l'étude: une conférence de 1h avec 50 participants masqués et orateurs non masqués; R = 0,01349.
Autre cas de figure: un dîner assis de 1h avec 50 participants non masqués et serveurs masqués: R = 0,07252.

Le calculateur, dont les résultats pourront encore s'affiner par l'ajout de critères comme le taux de vaccination, s'accompagne d'un guide des bonnes pratiques et de protocoles très détaillés en fonction des différents types d'événement. "Ces travaux ont été envoyés aux autorités au fur et à mesure et nous n'avons jamais été entendus", se désole pour sa part Frédéric François de Febelux, la fédération des professionnels du secteur Live.

Une place à défendre

Le secteur en profite donc pour remettre sa liste de doléances au gouvernement, pointant en premier lieu les différences de traitement et d'aides entre les trois Régions. Du simple au triple pour les aides directes. "Alors que la Flandre propose déjà une garantie qui couvrira les frais engagés pour de futurs événements qui devraient être annulés, la Wallonie et Bruxelles songent à étudier la question", raille Samyn. "Or notre carnet de commande s'établit des mois à l'avance. Comment envisager la relance de notre activité face à un tel risque alors que nous sommes déjà exsangue pour la plupart."

"La Belgique est la deuxième destination mondiale en matière d'événements institutionnels derrière Singapour, devant New York et Paris."
Christophe Samyn

Le secteur événementiel en Belgique représente 80.000 personnes pour 3.000 entreprises et 77.000 événements par an en Belgique. "Mais c'est ce qu'on appelle un secteur non-essentiel", déplore d'emblée Christophe Samyn de RestartMice, créé en mars 2020. "La Belgique est la deuxième destination mondiale en matière d'événements institutionnels derrière Singapour, devant New York et Paris. Bruxelles est aussi le siège de 2.000 associations et institutions internationales. Pourtant, nous n'avons toujours pas de plan particulier discuté avec ces institutions pour savoir comment ils vont pouvoir redémarrer leurs 900 événements par an à Bruxelles." Il y a donc une place et une réputation à défendre et rien n'est fait en ce sens, regrette encore Samyn.

Le résumé

  • Le secteur de l'événementiel représente 80.000 emplois et 3.000 entreprises en Belgique
  • Les experts des différents métiers ont mis au point un calculateur du risque de contamination.
  • Moyennant des protocoles stricts et des normes précises, il est tout à fait possible d'organiser des événements de grande ampleur en minimisant le risque sanitaire

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