Une saison d’été à oublier pour les parcs de loisirs

Suite à la crise du coronavirus, Walibi aura perdu cette année 50% de ses revenus. ©Photo News

La météo relativement favorable n’a pas sauvé la saison estivale des parcs de loisirs. La crise sanitaire a, globalement, fait chuter leur fréquentation de moitié.

Avec les premiers frimas, l’heure est à un premier bilan pour les parcs de loisirs. Et, on s’en doute, c’est la soupe à la grimace après trois mois de fermeture au printemps suivis d’une limitation des visiteurs pour cause sanitaire.

Le plus fréquenté d’entre eux, le parc animalier Pairi Daiza, a comme prévu vu sa fréquentation baisser de moitié, comme le confirme son fondateur Eric Domb (voir encadré).

-50%
de fréquentation
À l'exception des Grottes de Han, les grands parcs de loisirs ont vu leur fréquentation chuter d'environ 50% suite à la crise sanitaire.

Même chute à Walibi: "Au terme de cette saison, qui s’achève le 8 novembre, nous aurons perdu la moitié de notre chiffre d’affaires, indique Marie-France Adnet, la porte-parole; avant l’ouverture début juillet, nous avions déjà perdu un peu plus de 15 millions, puisque nous devions normalement rouvrir à Pâques." De fait, la capacité d'accueil a été limitée en moyenne à 30%. Malgré tout, le seuil de rentabilité ne semble pas avoir été menacé puisqu’il faut 3.000 visiteurs par jour pour l’atteindre. Or Walibi dit avoir accueilli 5.000 visiteurs par jour en moyenne. En outre, les dépenses dans les restos et boutiques sont restées similaires.

Détenu, comme Walibi, par le français La Compagnie des Alpes, Bellewaerde semble avoir connu des temps plus difficiles. En temps normal, le parc flandrien accueille 10.000 visiteurs par jour en moyenne. Avec les mesures sanitaires la capacité maximale a été réduite à 6.000 personnes. "Mais nous, nous n’en avons eu qu’entre 4.000 et 5.000 car nous avons un public très familial, plus prudent par rapport au virus, indique le directeur marketing Filip Van Dorpe; heureusement, nous avons un actionnaire solide."

"Nous avons un public très familial, plus prudent par rapport au virus."
Filip Van Dorpe
Directeur marketing de Bellewaerde

Chez Plopsa (Plopsaland, PlopsaCoo...), division du groupe d’entertainment Studio 100, on a  travaillé à 40 % de la capacité normale en début d’été. Celle-ci a été réduite entre 25 et 30% lorsque le virus a repris de la vigueur en août. "Nous avons donc dû  accueillir environ 65 % de visiteurs en moins, constate la porte-parole Chelsea Van Hullebusch; le côté positif, c’est que nous avons atteint cette capacité presque quotidiennement." Au total, Plopsa prévoit une perte de revenus de 45% en 2020.

Eric Domb, fondateur de Pairi Daiza, se garde de toute prévision pour 2021. ©BELGAIMAGE

Les Grottes de Han limitent la casse

C’est du côté des Grottes de Han que l’on semble s’en être le mieux tiré. "On a connu une fréquentation quasi similaire en juillet et en août par rapport à 2019", affirme Brigitte Malou, administratrice déléguée. Étonnant, alors que la capacité a été fortement limitée. "Les gens devant réserver en ligne un créneau horaire, cela nous a permis de mieux étaler les visites sur la journée; c’est exactement vers cela que voulons aller à terme afin d’éviter les cohues."

"Les gens devant réserver en ligne un créneau horaire, cela nous a permis de mieux étaler les visites sur la journée."
Brigitte Malou
Administratrice déléguée de Grottes de Han

Pas de miracle cependant: la société terminera l’exercice dans le rouge en raison de la fermeture au printemps, alors que les frais fixes, eux, sont restés importants (entretien, soins…). Cela n’inquiète pas trop Brigitte Malou: "Je suis plutôt optimiste, car suite à la crise, les Belges ont redécouvert leur pays, leur région, notamment notre domaine, c’est bon pour la suite." Cette perte n‘affecte pas non plus les plans d’investissement prévus. Les actionnaires de ce groupe familial y ont récemment injecté 5 millions de capitaux frais, ce qui permettra de renouveler les infrastructures d’accueil, de développer la capacité de logements "insolites", d’héberger de nouveaux animaux, etc.

Le plan d’investissements de Walibi a dû être rephasé suite aux conditions sanitaires.

Chez Walibi par contre, le plan d’investissements (100 millions d’euros pour la période 2016-2022), s’il reste à l’ordre du jour, a dû être rephasé suite aux conditions sanitaires. "Mais le Covid-19 n’a eu aucun impact sur les investissements de la saison 2021", précise sa porte-parole.

Il en aura en revanche sur la saison automnale des parcs, rythmée par les traditionnelles thématiques Halloween. A Walibi, l’événement Halloween a été annulé. Durant les vacances de Toussaint il fera place à Walibi on stage, un festival de plus de 150 concerts et DJ sets, réunissant près de 100 artistes. A Bellewaerde, un nouveau concept "Covid-friendly" sera organisé pour Halloween. En revanche, Plopsa a pris des mesures plus radicales. Tous les spectacles et événements ont été annulés jusqu'à la fin des vacances d'automne.

Questions à Eric Domb, fondateur de Pairi Daiza

Quel bilan tirez-vous de cette saison?

Comme nous l’avions craint au printemps, nous avons perdu la moitié de notre fréquentation record de l’an passé (2.160.000 visiteurs, NDLR) et la moitié de nos 120.000 abonnés. Alors que nos frais fixes restent très importants  – environ 100.000 euros par jour –, nous allons perdre entre 20 et 30 millions. C’est moins  que prévu au printemps grâce aux mesures d’économies prises et au fait que les visiteurs ont davantage dépensé dans nos restaurants et nos boutiques.

Cette crise menace-t-elle la pérennité de l’entreprise?

Pas du tout, nous avons une trésorerie solide et la confiance de nos banquiers.

Vous avez quand même dû licencier. Une première pour Pairi Daiza…

Oui, 23 personnes hélas. Mais nous sommes aussi nombreux aujourd’hui qu’il y a un an.

Votre nouvelle offre hôtelière a-t-elle été affectée?

Pas du tout. Dès que nous avons pu rouvrir, elle a affiché un taux d’occupation de 100% durant l’été. Pour octobre, nous en sommes à un taux de réservation de 90%. 

La crise sanitaire modifie-t-elle vos plans d’investissements?

Nous sommes des "serial investisseurs" puisque chaque année, nous investissons l’équivalent de la moitié de notre chiffre d’affaires. Nous avons un plan d’investissements de 300 millions d’euros à l’horizon 2025, mais nous allons devoir l’étendre au-delà. Si notre projet de jardin tropical reste d’actualité, en revanche, nous avons mis en veilleuse notre projet d’ouvrir un parc aquatique.

A quoi vous attendez-vous pour 2021?

Je suis incapable de vous répondre. Peut-être y aura-t-il un effet de rattrapage. Nous allons en tous cas rouvrir plus tôt, dès le carnaval.

Des rumeurs évoquent un retour de votre COO, Jean-Jacques Cloquet, à l'aéroport de Charleroi. Une réaction?

Plus rien ne m’étonne aujourd’hui. Jean-Jacques a fait un travail incroyable à l’aéroport, c’est logique qu’on pense à lui. Mais je ne suis au courant de rien. J’ai pour lui une très grande amitié et une sincère affection. 

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