Waterland parie sur la vente de Napoleon Games

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Le groupe belge de casinos, de salles de jeux et de paris sportifs intéresserait notamment l'autrichien Novomatic.

Napoleon Games, le groupe de jeux de hasard qui exploite notamment le Casino de Knokke et qui s’apprête à relancer celui de Middelkerke, serait à vendre, a-t-on appris à bonnes sources. Waterland, la société belgo-néerlandaise de private equity qui l’avait racheté à la famille Michiels en juin 2015, aurait décidé de mettre cet actif à l’étalage. Trois ans à peine après l’avoir acquis: c’est plutôt rapide, même dans le milieu très particulier des fonds de private equity. Contacté à ce propos, Waterland s’est borné à nous dire qu’il "ne commente pas les rumeurs de marché".

"Nous passons continuellement en revue toutes les options… en particulier dans les marchés européens."
Bernhard Krumpel
Novomatic

Dans l’optique d’une revente, le nom d’un candidat acquéreur circule pourtant déjà dans le secteur, ce qui tend à accréditer l’information. On cite en effet le groupe autrichien Novomatic. Il s’agit d’un poids lourd du marché qui travaille à la fois comme fournisseur de jeux pour les opérateurs et comme opérateur lui-même. Fondé en 1980 par Johann Graf, il s’est d’abord investi dans l’édition de jeux de casino, avant de se diversifier. Il pèse 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires (2017) et emploie quelque 25.000 personnes à travers ses implantations dans 45 pays. Il exploite entre autres 2.100 salles de jeux et loue des appareils à d’autres opérateurs dans pas moins de 70 pays.

Novomatic a vraisemblablement déjà approché Waterland dans le cadre d’une autre opération. Le fonds belgo-néerlandais détenait une participation dans Casino Royal, un groupe qui exploite des salles de jeux en Allemagne. Or Novomatic a racheté Casino Royal l’an dernier. L’autrichien a sensiblement renforcé sa présence outre-Rhin ces dernières années, au point d’avoir envisagé, en 2017, d’y introduire ses titres à la Bourse de Francfort, avant d’y renoncer en raison de l’insécurité juridico-réglementaire qui y règne dans le secteur.

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Cette même insécurité réglementaire est invoquée par NGG, le holding faîtier de Napoleon Games, pour expliquer que ses résultats ne soient pas très bons en Belgique. La fiscalité du secteur a aussi beaucoup bougé ces dernières années (TVA…), ce qui a également fait pression sur les performances. En 2017, le holding a réalisé une perte nette consolidée de 12,1 millions d’euros, après -12,9 millions en 2016. Il est vrai aussi que NGG doit supporter le poids d’un lourd endettement: ses dettes à plus d’un an totalisaient 118,8 millions à fin décembre dernier.

Tout vendre ou qu’une partie?

Le manque de rentabilité du secteur aurait apparemment surpris Waterland, qui espérait mieux de Napoleon Games, nous dit-on. L’opérateur de jeux belge est actif dans différents segments du secteur: casinos, salles de jeux, jeux en ligne, mais aussi exploitation d’un réseau de machines de type bingos dans les bars. Une des sources contactées estime que Waterland pourrait éventuellement ne vendre qu’une partie des activités de Napoleon Games pour concentrer ses forces (et réinvestir) sur celles qui promettent le plus.

De son côté, Novomatic ne répond ni par "oui" ni par "non" aux questions sur ce dossier. "Nous passons continuellement en revue toutes les options concernant les transactions potentielles, en particulier dans les marchés européens", nous dit son porte-parole Bernhard Krumpel. Qui, comme son collègue de Waterland, se refuse à "commenter les spéculations".

Aux dires d’opérateurs concurrents, le groupe autrichien aimerait se développer sur le marché belge. Il y est déjà présent de manière indirecte, d’une part en fournissant des jeux à différents opérateurs de la place, d’autre part parce qu’il détient une participation de 17,2% au capital de Casinos Austria, l’actionnaire de Viage, le Grand Casino de Bruxelles. Cela dit, dans l’organigramme de Novomatic, la Belgique demeure une page blanche, contrairement à l’Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Et le groupe dépense beaucoup en acquisitions à l’international: 199 millions d’euros sur la seule année 2017. Reste à voir si Waterland et lui peuvent s’entendre sur un prix.

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