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Easi, la performance par le bien-être

©Dieter Telemans

Les prix de "L’Entreprise de l’année" et de "L’Entreprise prometteuse de l’année", organisés par EY, L’Echo et BNP Paribas, seront décernés le lundi 7 octobre. Qui succédera à Easyfairs et à Newpharma?

Easi, c’est l’histoire d’un homme: Salvatore Curaba. Après une carrière de footballeur et 10 ans de bons et loyaux services chez IBS, il s’est vu proposer la direction du site bruxellois de l’entreprise. "J’avais 35 ans, j’ai décidé de refuser et de fonder Easi. On m’a traité de con et de fou, mais 20 ans après on est finaliste de l’entreprise de l’année." Aujourd’hui, cette histoire est à mettre au pluriel car Salvatore Curaba cède le flambeau à deux nouveaux CEO. Avec le sentiment du devoir accompli, il fait un pas de côté et regarde avec fierté le chemin parcouru depuis 20 ans.

Une success story wallonne

À l’époque, lancer une entreprise pour créer un logiciel de comptabilité paraissait complètement fou si l’on n’était pas américain et si l’on ne disposait pas de gros moyens. "C’était le grand saut dans l’inconnu et le stress complet au départ, pendant deux ans je ne me suis pas acheté de vêtements. J’avais peur que tout s’arrête."

En 20 ans, Easi est devenu une success story à dimension européenne. La société nivelloise emploie désormais plus de 250 personnes et compte doubler ce chiffre d’ici cinq ans. Spécialisée en informatique, Easi a fait sa rentabilité sur deux métiers. Elle est avant tout éditrice de logiciels, principalement de comptabilité et de gestion, mais elle gère aussi les infrastructures informatiques et cloud de bon nombre d’entreprises.

Des employés /entrepreneurs

Si Easi est indissociable de son fondateur et CEO emblématique, elle va devoir apprendre à vivre sans lui. Après avoir bien réfléchi, il a décidé de laisser son fauteuil de patron à deux de ses directeurs. Il s’agit pour lui de l’aboutissement de sa stratégie de l’employé-entrepreneur. Une stratégie entamée il y a longtemps et qui a débuté par un acte symbolique: "Quand j’ai racheté les actions de mon associé pour 11 millions d’euros en revendant 50% de celles-ci à mes managers avec une belle remise, j’ai pris la meilleure décision de l’histoire de cette entreprise. Je n’ai plus jamais été seul."

Le profil
  • Entreprise créée en 1999 par Salvatore Curaba.
  • Le chiffre d’affaires atteint 50 millions d’euros (+20% chaque année).
  • Son bénéfice net est de 2,3 millions d’euros pour 2018 et devrait atteindre 7,2 millions pour 2019.
  • Easi emploie près de 250 personnes sur différents sites, dont la majorité à Nivelles.

Une politique qu’il a ensuite généralisée à l’ensemble de ses managers. Aujourd’hui, Easi compte 59 actionnaires et ce nombre va encore augmenter. "À la fin de l’année, je ne serai plus actionnaire majoritaire car j’estime que je n’ai plus la légitimité pour l’être. Ce n’est plus ma société mais celle de mes employés. L’année prochaine, nous serons 90 actionnaires". Une société qui est maintenant valorisée aux alentours de 50 millions d’euros. Un cap qui fait plaisir à son futur ex-CEO mais qui passe au second plan par rapport à l’aventure humaine. "Quelle fantastique aventure humaine. L’un des deux nouveaux CEO a commencé ici comme stagiaire il y a 13 ans, l’autre a débuté au service administratif. Ils deviennent aujourd’hui CEO d’une entreprise en pleine croissance. La puissance et la beauté du message que transmet cette nomination prime sur tout."

Thomas Van Eeckhout et Jean-François Herremans reprennent le flambeau et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on croirait entendre leur boss lorsqu’ils évoquent leur entreprise. "L’année dernière, grâce à 45 nouveaux collaborateurs, Easi a progressé de près de 20%. Je suis fier de dire que chez Easi, nous pouvons créer un contexte dans lequel les employés se sentent heureux", explique Thomas Van Eeckhout. Ce qui peut se traduire par: l’aspect humain est primordial pour nous, mais les chiffres ne sont jamais loin

"Je pense avoir réussi avec Easi à trouver la recette de la performance au travers du bien-être".
Salvatore Curaba

Présentée comme cela, l’histoire d’Easi ressemble à un conte de fée. Il y a pourtant eu des moments plus délicats et des mauvais choix. Salvatore Curaba a un jour cru pouvoir détrôner Gmail avec une application pour gérer ses e-mails de façon révolutionnaire, dont le principe était d’arriver à la vider pour atteindre une sérénité de travail. Baptisée Inbox Zero, elle a fait un flop et l’entreprise y a perdu 4 millions d’euros.

C’est dans ces moments-là que Salvatore Curaba a dû se rappeler qu’un loup, qu’il est par ses racines louviéroises, n’est puissant qu’en meute alors qu’isolé, il peut s’égarer. Avec ses collaborateurs dont il dit "ressentir chaque jour leur amour", il s’est systématiquement relevé des quelques échecs pour bâtir d’autres succès. Il clôture le chapitre Easi et ses 20 ans d’activités par une nomination à L’Entreprise de l’année. C’est quasi la larme à l’œil qu’il conclut: "Je pense avoir réussi avec Easi à trouver la recette de la performance au travers du bien-être".

L’entreprise a encore de grosses ambitions avec des plans de croissance sur cinq ans qui devraient lui donner une dimension supplémentaire. Les deux nouveaux patrons envisagent des acquisitions à l’étranger pour matérialiser un peu plus leur implantation européenne. Ils viennent de conclure deux prises de participation en Suisse et aux Pays-Bas. De bonne augure pour un début de mandat.

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