"Nous voulons reproduire notre modèle sur d'autres marchés" (Le CEO d'Easi, "Entreprise de l'année" 2019)

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Easi et CluePoints ont décroché respectivement les prix de "L’Entreprise de l’année" et de "La Scale-up de l'année" (Entreprise prometteuse de l’année) qui étaient organisés lundi par EY, L’Echo et BNP Paribas Fortis. Les deux sociétés succèdent ainsi à Easyfairs et à Newpharma.

Salvatore Curaba, l’ancien footballeur devenu entrepreneur, est souvent présenté comme un visionnaire. Lundi, il l’a une nouvelle fois prouvé. Dans son livre "On m’a pris pour un fou", sorti l’année dernière, il faisait le point sur son aventure professionnelle. Les 200 pages de son ouvrage se terminent sur une conclusion où il évoque son avenir et celui de son entreprise informatique. "Easi aura vingt ans dans quelques mois. Nous serons un jour 250, 300, 500 qui sait? Nous gagnerons des titres. Nous serons plus que certainement ‘Entreprise de l’année’", expliquait-il. Bien vu.

J’ai été nominé plusieurs fois, sans gagner, comme Manager de l’année ce qui est aussi très gratifiant. Mais le prix de l’Entreprise de l’année me fait personnellement cent fois plus plaisir.
Salvatore Curaba
cofondateur d’easi

Une première nomination en 2015

Quatre ans après une première nomination, le Louviérois remporte, comme il l’avait prédit, le fameux prix remis chaque année par EY, BNP Paribas Fortis et L’Echo. l’époque, c’était déjà formidable de faire partie des nominés. Le gagnant était Pairi Daiza et c’était mérité. Mais, depuis cette première nomination, nous avons parcouru un incroyable chemin. Je suis d’autant plus fier que je suis parti de rien et j’ai vécu tout le développement", explique Salvatore Curaba, qui avait en face de lui cette année de solides candidats: Trendy Foods, John Cockerill et le Groupe Dufour.

7,2 millions
euros
Easi s'attend à enregistrer un bénéfice net de 7,2 millions d'euros cette année, après 2,3 millions d’euros en 2018.

La récompense est loin d’être anecdotique pour le patron. "J’ai été nominé plusieurs fois, sans gagner, comme Manager de l’année ce qui est aussi très gratifiant. Mais le prix de l’Entreprise de l’année me fait personnellement cent fois plus plaisir. Le succès de notre entreprise vient de tous les collaborateurs et de ce que nous construisons ensemble", explique-t-il.

Easi propose des logiciels de comptabilité et assure la gestion de l’infrastructure IT de nombreuses sociétés. Son succès tient en quelques chiffres. Installée principalement à Nivelles, la société compte aujourd’hui plus de 250 travailleurs pour un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, en hausse de 20% chaque année. Le bénéfice net était lui à 2,3 millions d’euros en 2018. Il devrait atteindre 7,2 millions cette année.

Gestion participative

Pour retrouver les entreprises qui étaient nominées au titre de "L'Entreprise de l'année" 2019 et de "La Scale-up de l'année" (Entreprise prometteuse de l'année) 2019, rendez-vous dans notre dossier.

Mais au-delà des chiffres, c’est surtout un certain style de management qui a convaincu les membres du jury. Ce dernier a justifié son choix pour la société wallonne dans un communiqué. "Le jury a voulu montrer le soutien des entrepreneurs et des industriels aux entreprises de croissance, éthiques par leur gestion participative et par leur partage progressif du pouvoir et des résultats avec leurs dirigeants et employés." Easi n’est en effet pas tout à fait une entreprise informatique comme les autres.

Dès le début, son fondateur a voulu s’assurer du soutien de ses troupes et s’est soucié de leur implication au sein de la boîte. Aujourd’hui, ils sont 59 d’Easi à détenir des actions de leur propre entreprise. "Ils devraient prochainement être 90. Je vais d’ici quelques mois diminuer mes parts pour ne plus être majoritaire", explique le responsable. "Racheter les actions de mon cofondateur il y a quelques années pour les revendre à mes managers à un prix attractif fut la meilleure décision de l’histoire de cette entreprise", expliquait Salvatore Curaba dans nos pages, jeudi dernier.

Passage de relais idéal

Ce prix me donne vraiment l’impression du devoir accompli.
salvatore curaba

Avec cette reconnaissance, le fondateur fait un pas de côté sur une très belle note. Après vingt années à développer son business, l’entrepreneur termine actuellement le passage de relais de la direction d’Easi. Depuis quelques semaines il n’est d’ailleurs plus officiellement le CEO d’Easi. Il laisse la responsabilité à un duo de jeunes travailleurs issus de la société, Thomas Van Eeckhout et Jean-François Herremans. "Je suis assez fier d’avoir le courage de passer le relais maintenant et de ne pas m’attacher ‘au pouvoir’. Ce prix me donne vraiment l’impression du devoir accompli", explique encore Salvatore Curaba.

L’homme est toutefois un habitué des récompenses. Depuis cinq ans, Easi remporte le prix "best place to work" remis par la Vlerick Business School. "Je suis très heureux. Ces reconnaissances montrent qu’il est possible de développer une entreprise performante tout en mettant au centre l’humain", conclut le dirigeant.

3 questions à Thomas Van Eeckhout, co-CEO d’Easi

1/ Comment allez-vous pouvoir capitaliser sur ce prix d’"entreprise de l’année"?
La récompense va d’abord avoir de l’intérêt en interne. Elle nous donne une confirmation. Au sein de l’entreprise, nous sommes convaincus par notre manière de fonctionner. Avoir un jury de tout haut niveau qui valide notre manière de fonctionner ne peut que nous rassurer et nous encourager à continuer. L’intérêt est aussi forcément à l’externe. Cela envoie un bon message à nos clients qui nous font confiance.

2/ Easi obtient le prix au moment du changement de direction. S’agit-il du timing idéal?
C’est surtout très bien pour Salvatore Curaba de pouvoir quitter la direction de cette manière. Cela récompense tout le travail qu’il a fait pendant toutes ces années. Pour Jean-François Heremans (l’autre nouveau co-CEO, NDLR) et moi, cela ne change pas énormément. Nous avions déjà une certaine pression positive. Le prix n’en apporte pas plus. Nous avons, par ailleurs, déjà un plan établi et la récompense ne va pas changer nos projets ou notre manière de les mettre en place.

3/ En tant que nouveau co-CEO, quelles sont vos ambitions pour les années à venir?
Nous venons tout juste de fixer les plans pour 2025. Nous sommes actuellement 250 dans l’entreprise. Notre ambition est de passer à 500 en 2025. Nous voulons également lancer de nouvelles solutions. Elles ne seront pas toutes des succès, mais on veut continuer à innover. L’ambition est également de grandir à l’étranger. Nous souhaitons reproduire notre modèle sur d’autres marchés. Actuellement, le chiffre d’affaires est réalisé à 90% en Belgique. Nous sommes en train de finaliser des projets aux Pays-Bas et en Suisse.

 

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