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Tout le prix de l’esprit d’entreprendre

Editorialiste

On connaîtra lundi l’Entreprise de l’Année 2020.

«Si votre idée était si géniale, ça fait longtemps que d’autres y auraient déjà pensé.» Cette petite phrase, Yves Jongen se l’est prise un jour en pleine figure, alors qu’il cherchait à réunir les moyens nécessaires pour créer IBA. Celle-ci aussi  : «De toute façon, ce n’est pas avec un labo de petits Wallons qu’on attaque le marché mondial du cyclotron.»

On sait depuis lors que le scientifique a bien fait de ne pas s’arrêter à ces claques défaitistes. Le cyclotron belge existe et cartonne à travers le monde. La firme de Louvain-la-Neuve emploie 1.500 personnes hautement qualifiées. Peut-être les sarcasmes des débuts ont-ils piqué l'orgueil du fondateur.

Bon, il est vrai que la création de la vedette biotech remonte à 1986. Aujourd’hui, une tête bien faite et une bonne idée n’essuieraient probablement plus le même mépris. On comprend beaucoup mieux le rôle moteur de l’entrepreneur, les outils et les moyens publics sont plus nombreux, les investisseurs aussi. Aujourd’hui aussi, les mondes politique et académique donnent du prix à l’esprit d’entreprendre.

C’est toute la raison d’être de « L’entreprise de l’année ». Ce lundi, pour la 25e fois, cette prestigieuse distinction annuelle récompensera une entreprise francophone brillant par ses performances, sa vision, son élan. Comme IBA, lauréate 1999.

Ces entreprises à la pointe sont autant de motifs de fierté, ce mot encore trop rare en Belgique francophone.

À chaque fois, la compétition a pour effet, non seulement de galvaniser les équipes en interne, mais aussi  - et peut-être surtout -  de faire rayonner l'audace entrepreneuriale et de susciter les vocations. Elle nous rappelle le pouvoir de la créativité. Au départ il n’y a rien, ensuite des personnes décident de se mettre ensemble pour développer quelque chose et, à l’arrivée, il y a de l’activité en plus, de l’emploi en plus, de l’argent en plus, de l’énergie en plus. De là sortent souvent de nouvelles idées, et c’est reparti pour un tour.

Ces entreprises à la pointe sont autant de motifs de fierté, ce mot encore trop rare en Belgique francophone. Elles ne sont pas la clef de tout, elles n’ont pas la réponse à tous les défis qui attendent le sud du pays. Mais elles portent un message qui déborde largement de la sphère économique. Elles sont une invitation à prendre son destin en main. L’une après l’autre, les entreprises de l’année nous disent que si rien n’est sûr, tout est possible.

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