TRBA, un porte-conteneurs maniable comme un zodiac

Pierre Stadsbader, troisième génération à la tête du groupe familial qui s'est diversifié par intégration verticale. ©Tim Dirven

Candidat au prix de l'Entreprise de l'Année, le groupe de travaux publics TRBA associe la polyvalence d'un grand navire-porte-conteneurs, mais garde la maniabilité et l'agilité d'un hors-bord. Il vise les 100 millions de chiffre d'affaires dans les 5 ans.

La métaphore qu'utilise Pierre Stadsbader pour décrire le groupe TRBA qu'il dirige parle d'elle-même. La polyvalence d'un porte-conteneurs, mais avec l'agilité d'un zodiac! Avec ses onze divisions qui vont du béton à l'asphaltage en passant par le génie civil, la déconstruction ou le recyclage en Belgique comme à l'international, le groupe mouscronnois offre une large palette d'activités. Mais sa souplesse reste celle d'une PME grâce à une organisation centrée sur chaque chantier.

L'Entreprise de l'Année

Cette année la 25e édition du prix prestigieux de "L’Entreprise de l’Année® ", organisée par EY en collaboration avec L’Echo et BNP Paribas Fortis, aura lieu, pour la première fois, virtuellement, le lundi 7 décembre 2020 à 17h30. Le Premier ministre Alexander De Croo remettra le trophée au gagnant lors de la cérémonie de remise de prix. Le prix "Scale-up de l’Année" sera remis le même jour par David Clarinval, ministre des PME et des indépendants. La cérémonie aura lieu en direct le lundi 7 décembre 2020 à 17h30 sur www.entreprisedelannee.be.

Le groupe fondé juste après la Seconde Guerre mondiale par Désiré Stadsbader en est à sa troisième génération. Il est aujourd'hui aux mains de Pierre Stadsbader, qui gère l'opérationnel, et de sa soeur Michèle, en charge des finances de l'entreprise. "Nous restons une entreprise résolument familiale. Par notre structure d'abord, mais aussi par notre stratégie. Notre ambition n'est pas d'être le plus grand et de faire la course au chiffre d'affaires, mais de rester réactif et de renforcer nos points forts en offrant à l'entreprise une rentabilité correcte", explique Pierre Stadsbader.

Intégration verticale

Pour étayer sa stratégie, le groupe a progressivement élargi ses activités. En 1946, lorsque Désiré Senior reprend l'entreprise de construction de son père, il la réoriente rapidement vers les travaux publics. Son fils Jean-Pierre poursuivra la diversification dans les travaux de terrassements, d'égouttage et de voirie. Dans les années 1980, la société mouscronnoise connaît un véritable essor grâce à l'obtention de plusieurs grands chantiers d'infrastructures en Wallonie dont plusieurs lots de l'autoroute des Ardennes. Dans les années 1990, TRBA, qui s'appelait encore Tramo, participe au chantier du TGV.

La troisième génération n'a pas démenti cette stratégie d'intégration verticale. TRBA compte aujourd'hui pas moins de 11 divisions. Aux activités historiques que sont les travaux publics, le génie civil, le terrassement et l'égouttage, se sont ajoutés la production de béton (avec 7 centrales en Wallonie et dans le nord de la France, le groupe est leader en Belgique), l'asphaltage la déconstruction et le recyclage et plus récemment les installations souterraines (eau, gaz, électricité, fibre...) suite à l'acquisition d'un acteur du secteur. Le groupe est également très présent à l'international et preste une série de services annexes en interne et en externe.

"Notre palette d'activités nous permet de gagner en flexibilité et en rapidité d'exécution."
Pierre Stadsbader
CEO de TRBA

"Cette palette d'activités nous permet de proposer des packages complets à nos clients sans devoir recourir à des sous-traitants. Ce qui nous permet de gagner en flexibilité et en rapidité d'exécution, ce qui est souvent un atout dans notre métier." Et pour accroître encore cette agilité, le groupe s'organise autour de chaque chantier autour desquels gravitent toutes les activités comme autant de centres de services. "Pour chaque chantier, une équipe suit le projet du début à la fin et s'attache à trouver en interne les meilleures solutions techniques, et les meilleures ressources", poursuit Stadsbader.

Effets de levier

Cette coordination des projets permet au groupe de réaliser des économies d'échelles d'une part, mais aussi de bénéficier d'un effet de levier, une commande en apportant souvent d'autres pour d'autres activités. "On évite d'une part les cascades de marges entre les sous-traitants et on bénéficie d'une démultiplication des contrats", assure le CEO de l'entreprise.

Pour le futur, TRBA poursuit cette stratégie qui porte ses fruits. Essentiellement par une croissance organique, mais aussi par acquisitions ciblées lorsque des opportunités se présentent. "Ce fut le cas en 2019 pour développer nos activités dans les travaux sous-terrains, un domaine où nous n'étions pas encore et qui nous a permis d'arriver directement avec une certaine force de frappe. Nous visons une extension par intégration verticale, mais aussi géographique."

Parce que l'un des atouts du groupe TRBA est aussi sa notoriété internationale. L'entreprise mouscronnoise a pris pied dans le nord de la France, en voisin, en 2012. Mais il compte aussi de solides références dans de grands travaux d'infrastructures en Pologne, en Tchéquie en Irlande ou sur l'aéroport de Paris Charles de Gaulle.

Fort aujourd'hui de près de 480 personnes, TRBA affiche un chiffre d'affaires de près de 77 millions d'euros, pour un bénéfice net de 1,6 million en 2019. "Notre rentabilité est correcte pour assurer nos investissements, en personnel qualifié, en matériel de pointe et aussi en acquisitions au besoin.", mais Pierre Stadsbader ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Dans un horizon de trois à cinq ans, TRBA doit atteindre la barre symbolique des 100 millions d'euros de chiffre d'affaires.

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