2020, année record pour l'énergie renouvelable

A l'image de la mise en service des parcs éoliens offshore Seamade et Northwester 2, de nombreux projets renouvelables ont abouti en Belgique en 2020. ©Photo News

Elia dresse le bilan d'une année énergétique 2020 bouleversée par le coronavirus. Le renouvelable atteint un cinquième du mix électrique belge.

Chaque année, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité belge, Elia, partage ses observations quant à la répartition du mix de production électrique du pays. Fortement marquée par la crise sanitaire, l'année écoulée aura également été particulière au niveau énergétique.

L'ère du renouvelable

Au-delà du Covid-19, 2020 est une année marquée par le renouvelable. D'abord parce que la production d'électricité verte a progressé de 31% par rapport à 2019, atteignant ainsi 18,6% du mix électrique du pays l'an dernier. Mais aussi parce que, à l'image de la mise en service des parcs éoliens offshore Seamade et Northwester 2, de nombreux projets ont abouti, propulsant un peu plus la Belgique dans l'ère de la transition énergétique. Notons que l'ambition du gouvernement est d'atteindre 4GW de capacité offshore installée d'ici 2030, contre 2,62 GW à la fin 2020.

31%
Augmentation de la part du renouvelable
Le renouvelable a progressé de 31% en valeur absolue par rapport à 2019.

A cela s'ajoutent des conditions climatiques favorables et des prix de l'électricité sur les marchés de court terme historiquement bas. "L'évolution constatée en 2020 est liée à de nombreux facteurs comme les conditions météorologiques mais également l’augmentation des capacités installées (de 3,8 GW fin 2019 à 4,7 GW fin 2020 pour l’éolien et de 3,9 GW fin 2019 à 4,8 GW fin 2020 pour le photovoltaïque en 2020)", précise Elia.

"L'évolution constatée en 2020 est liée à de nombreux facteurs comme les conditions météorologiques mais également l’augmentation des capacités installées."
Elia

Même si le renouvelable pèche toujours par son intermittence, plusieurs records de production ont été enregistrés sur l'année écoulée. A titre d'exemple, Elia indique que "le 11 mai 2020 à midi on a vu 3,2 GW produits à partir de l’éolien combinés à 2,6 GW issus du solaire qui ont permis d’atteindre 5,8 GW, ce qui constitue le nouveau record en production absolue."

Léger recul de la production nucléaire

De l'autre côté du spectre énergétique, le nucléaire a reculé pour atteindre 39,1% du mix contre 48,8% en 2019. Un chiffre qui s'explique, selon Elia, par "plusieurs révisions planifiées et non planifiées."

Ce manque à gagner a été en partie compensé par la hausse de la production renouvelable, mais aussi par celle des centrales à gaz, responsables, elles, de 34,4% de la production totale, contre 27,2% en 2019. Après une année marquée par le retour en force des débats sur la prolongation des réacteurs nucléaires dans l'actualité et par les questionnements quant à l'avenir énergétique du pays, cette évolution fait office d'avant-goût de la direction que sera amené à prendre notre mix électrique à partir de 2025.

Elia note à ce sujet que, ces dernières années, le parc gazier du pays n'a pas connu de fortes évolutions. Une situation qui changera dans un futur proche alors que le mécanisme de soutien aux producteurs d'électricité (CRM) est en cours de finalisation. Elia estime d'ailleurs que 3,9 GW additionnels devront être ajoutés au réseau afin de compenser l'arrêt des centrales nucléaires. De nombreux acteurs énergétiques tels que Engie, Tessenderlo, Eneco ou Luminus ont d'ailleurs déjà avancé des projets de centrales à gaz en vue de participer aux enchères du CRM.

Covid-19

En guise de conclusion, Elia indique que la Belgique n'a pas connu de mise à l’arrêt de centrales de production directement liées à l'épidémie comme cela s’est produit dans d’autres pays.

-7%
Diminution de la consommation d'électricité
La consommation d’électricité en Belgique a diminué de 7% en 2020 par rapport à la moyenne des 5 dernières années.

En revanche, "la consommation totale de l’année 2020 a été plus basse que les autres années avec une valeur de 81 TWh, ce qui représente 7% de diminution par rapport à la moyenne des 5 dernières années", constate Elia. Ici, en plus de la crise sanitaire, les records de températures enregistrés sur le territoire peuvent expliquer ce recul.

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