CGG, une para-pétrolière au fin fond du puits

L'Oceanic Vega un navire de prospection pétrolière de CGG. ©rv

Ca passe ou ça casse. Si les actionnaires ne votent pas ce lundi pour le plan de restructuration qui permet de transformer de la dette en actions, le groupe CGG risque de se voir démanteler.

Si nous ne trouvez pas de cotation pour CGG aujourd’hui, c’est normal. Le groupe français de services parapétroliers joue sa survie ce lundi et a demandé la suspension de cotation de ses actions.

Plus évocateur qu’un long discours, il suffit de jeter un œil sur le cours de Bourse de la valeur pour comprendre que l’heure est grave. Gravissime même. Cette plongée aux enfers CGG la doit à la chute du cours de l’or noir qui a drastiquement limité les investissements des géants du pétrole.

Or, pour un groupe dont le métier est d’obtenir une connaissance approfondie du sous-sol en vue de l’exploration et de la production de réservoirs de pétrole et de gaz, cela revient à lui mettre le couteau sous la gorge si la tendance perdure.

Dette de 2,8 milliards de dollars

Et elle ne s’est pas redressée assez rapidement pour sauver les meubles, la tendance. Réunis en assemblée extraordinaire, les actionnaires du groupe vont devoir donner leur feu vert pour convertir la dette en capital ce qui aura pour effet une dilution massive des actionnaires actuels. C’est ça ou le redressement judiciaire. Bpifrance Participations (10,9% des droits de vote) et DNCA (7,8% des droits de vote) se sont engagés à voter en faveur de la restructuration financière. Elle concerne une dette de près de 2,8 milliards de dollars et une levée de fonds pouvant aller jusqu’à 500 millions de dollars.

"La mise en place de ce plan se traduirait par une réduction de plus de deux milliards de dollars de dette nette et conduirait à doter la société des liquidités nécessaires pour accompagner son retournement, tout en permettant aux actionnaires d’y être associés" espère, de son côté, Jean-Georges Malcor, pdg de CGG.

Signalons, entre parenthèses, qu'à la Bourse de Bruxelles, la société Option a été confrontée en mars dernier à un scénario similaire, une parie de sa dette étant convertie en actions.

Analystes vendeurs

Pour que les actionnaires puissent juger en bonne connaissance de cause CGG a publié ses résultats trimestriels ce lundi matin. Le chiffre d’affaires grimpe de 21% à 320,1 millions de dollars mais le résultat opérationnel se traduit par une perte de 24 millions contre une perte de 38,9 millions un an plus tôt. La perte nette est passée de 87,9 millions de dollars à 124,4 millions d’une année sur l’autre. Sur neuf mois, la perte atteint 439 millions de dollars.

En début d'après-midi, on apprenait que toutes les résolutions du plan de restructuration avaient été approuvées lors de l'assemblée.

Du côté des analystes, c’est une extrême méfiance qui domine. Sur les 14 analystes répertories par Bloomberg qui suivent la valeur, 12 recommandent de s’en débarrasser et seulement deux de la conserver. L’objectif de cours moyen est fixé à 2,79 euros (pour un cours de 3,91 euros vendredi) avec un plus haut de 6 euros (Gilbert Dupont) et un plus bas de 1 euro (Nordea).

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