Colruyt met le turbo dans l'éolien en mer

L’industrie belge de l’éolien en mer devient un produit d’exportation, soulignent François Van Leeuw et Eric Antoons, co-CEO de Parkwind. ©Kristof Vadino

Parkwind, le holding de Colruyt spécialisé dans l’éolien en mer, ne s’apprête pas seulement à construire son quatrième parc en mer en Belgique: il regarde désormais vers l’étranger, y compris hors Europe.

Même si les négociations avec le gouvernement fédéral sur le système de soutien aux trois prochains parcs éoliens belges en mer ont été ardues, Parkwind, le holding spécialisé de Colruyt dans l’éolien en mer, y a toujours cru. "Nous pensions pouvoir aboutir à une solution négociée. Nous n’étions pas à la recherche d’un prix fou, mais d’un prix correct qui nous permette de réaliser notre projet", souligne François Van Leeuw, co-CEO de Parkwind.

parkwind
  • Actionnaires de Parkwind: le groupe Colruyt (60,13%), Korys, le holding d’investissement de la famille Colruyt (23,49%) et PMV, la société d’investissement publique flamande (16,38%).
  • Siège: Louvain.
  • Employés: 67 personnes.
  • Parcs déjà construits: Belwind (171 MW, 78,54% Parkwind), Northwind (216 MW, 30% Parkwind) et Nobelwind (165 MW, 41,08% Parkwind).
  • Parcs en projet: Northwester 2 (224 MW, 48% Parkwind et 30% groupe Colruyt) et Oriel, en Irlande (330 MW, Parkwind actionnaire de référence).

Preuve de cet optimisme: alors que les discussions étaient toujours en cours, Parkwind n’a pas hésité à racheter à TTR et Wagram Invest 48% du projet Northwester 2, dont le groupe Colruyt détenait déjà 30%. "Si nous n’avions pas abouti à un accord sur le système de soutien, nous aurions dû passer des millions d’euros de dépréciations dans nos comptes" reconnaît aujourd’hui François Van Leeuw.

Une fois Northwester 2 devenu réalité – le bouclage du financement est prévu pour l’été 2018, et le début de la production d’électricité pour fin 2019 – ce sont près de 800 MW d’éolien que Parkwind aura construits au large des côtes belges. Les quatre parcs belges dans lesquels Parkwind est impliqué représentent un investissement global de 3,2 milliards d’euros, dont quelque 400 à 450 millions apportés en fonds propres par Parkwind. "Cela fait de nous un des plus grands acteurs dans l’offshore en Belgique, souligne François Van Leeuw. Et nous voulons maintenant mettre à profit notre expertise et nos connaissances à l’étranger."

Le holding de Colruyt spécialisé dans l’offshore est devenu l’actionnaire de contrôle du projet Oriel, en Irlande – pour lequel un système de soutien doit toutefois encore être mis en place. Il figure parmi les dix candidats retenus pour la construction d’un parc au large de Dunkerque, en partenariat avec le français Valeco. "Nous avons participé à des enchères aux Pays-Bas. Il va encore y avoir des appels d’offres en Allemagne que nous allons regarder. Et nous sommes intéressés par tous les pays où il y a des opportunités et des possibilités de croissance, y compris hors Europe, où nous avons déjà regardé certains dossiers", souligne Eric Antoons, l’autre co-CEO de Parkwind.

450 millions €
Une fois Northwester 2 devenu réalité, ce sont quelque 400 à 450 millions d’euros de fonds propres que Parkwind aura investis dans l’éolien en mer belge.

"Grâce à la décision de la Belgique de développer l’éolien en mer, nous avons dans le pays un cluster industriel spécialisé qui devient un produit d’exportation", renchérit François Van Leeuw.

Si la Belgique développe des parcs supplémentaires au large de ses côtes – ce qui se fera par enchères, cette fois, a déjà prévenu la ministre fédérale de l’Énergie Marie-Christine Marghem, Parkwind est également décidé à y participer. "Nous nous apprêtons à construire Northwester 2 pour 79 euros par MWh, prix de l’électricité inclus, ce qui montre que les Belges jouent dans la même ligue que les grands acteurs internationaux du secteur. Nous n’avons pas peur de la concurrence internationale", déclare Eric Antoons.

Parkwind peut compter, pour soutenir ses ambitions, sur un actionnaire dont la sensibilité environnementale n’est plus à démontrer. "Colruyt est un actionnaire fort, sans lequel rien n’aurait pu se faire, et qui accepte que nous réinvestissions les moyens que nous dégageons dans de nouveaux projets, souligne Eric Antoons. Et sa volonté, en étant actif dans l’éolien en mer, est aussi de poursuivre un objectif sociétal. Avec la diminution des coûts, nous allons désormais construire des centrales d’énergie renouvelable qui sont moins chères que de nouvelles centrales nucléaires, au gaz ou au charbon."

Parkwind n’exclut pas, non plus, d’ouvrir le capital de ses projets à des coopérateurs, comme Colruyt le fait dans l’éolien onshore avec sa coopérative Eoly. "La réflexion est toujours en cours", précise Eric Antoons.

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