Du gaz de schiste américain pourrait débarquer en Belgique

©AFP

C’est une nouvelle source d’énergie pour l’Europe. La société Cheniere Energy Inc. a annoncé mercredi qu’elle avait signé un accord pour vendre au géant français EDF pas moins de 26 cargos de GNL (gaz naturel liquéfié) qui seront acheminés vers le terminal de Dunkerque.

Comme ce terminal, qui doit débuter ses activités fin 2015, est raccordé à deux réseaux de gaz, celui de GRT Gaz en France et celui de Fluxys, une partie de ce gaz pourrait donc finir en Belgique.

Les volumes sont importants: le contrat porte sur l’équivalent de plus de 2,6 milliards de mètres cubes de gaz d’ici 2018, alors que la capacité de regazéification du terminal de Dunkerque est de 13 milliards de mètres cubes par an, ce qui représente environ 20% de la consommation annuelle totale française et belge.

Le gaz à destination de Dunkerque partira du terminal de Sabine Pass, à la frontière du Texas et de la Louisiane, où il sera refroidi à -162°C, ce qui permet de le liquéfier et de diminuer drastiquement son volume pour le transporter par bateau.

26 cargos
L’américain Cheniere va livrer à EDF 26 cargos de GNL au terminal de Dunkerque, qui est directement connecté au réseau de gaz belge.

D’autres acteurs européens, comme le français Total ou le britannique BG Group, ont déjà conclu avec Cheniere des contrats d’achats pour du GNL en provenance du même terminal américain, mais sans port de livraison précis: il sera chargé sur des méthaniers qui pourront choisir leur destination dans le monde en fonction des circonstances économiques. Le contrat signé avec EDF, lui, prévoit explicitement une livraison à Dunkerque.

Les premières exportations dans quelques mois

Les états-Unis, longtemps importateurs de gaz, sont devenus le premier producteur mondial de cette énergie fossile suite au boom des gaz de schiste. Mais ils ont beaucoup tergiversé avant d’accorder les autorisations nécessaires pour que les terminaux GNL, prévus pour importer le gaz et qui restaient désespérément vides, puissent être transformés en terminaux d’exportation..

Ils craignaient que cela ne handicape leur redressement industriel. Pour profiter d’une énergie bien meilleur marché aux états-Unis qu’en Europe et en Asie, les industries énergivores, et en particulier la pétrochimie, ont en effet investi massivement outre-Atlantique.

Le président Barack Obama a fini par donner son feu vert à l’exportation d’une partie des gaz de schiste, ce qui permettra aux états-Unis de jouer un plus grand rôle encore sur la scène internationale.

"Nous prévoyons de devenir des gros joueurs, et je pense que nous aurons un gros impact. Nous allons influencer la totalité du marché mondial du GNL", déclarait récemment Ernest Moniz, le secrétaire américain à l’Énergie, lors d’une conférence au Texas. "Il y a de bonnes chances pour que dans la décennie, nous soyons un exportateur de GNL de la taille du Qatar, qui est aujourd’hui le premier exportateur mondial", ajoutait-il.

Le terminal de Cheniere à Sabine Pass sera le premier à se lancer, avec le chargement des premiers méthaniers attendus pour la fin de l’année. Mais d’autres terminaux devraient suivre, même si la chute des prix des produits pétroliers a freiné les ambitions de certains acteurs dans ce domaine. Un différentiel de prix suffisant entre les états-Unis et le reste du monde est en effet nécessaire pour justifier les coûts de la liquéfaction, du transport puis de la regazéification.

Même si les experts ne s’attendent pas à ce que les exportations en provenance des Etats-Unis permettent d’arriver à un prix mondial unique pour le gaz, leur développement pourrait signifixr une concurrence plus rude pour la Russie, le principal fournisseur de l’Europe. Une arme politique supplémentaire dans le bras de fer avec la Russie de Vladimir Poutine.

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