Elia dans les starting-blocks pour son augmentation de capital

©Tim Dirven

Le conseil d’administration d’Elia a reçu l’autorisation de l’assemblée générale de procéder à une augmentation de capital.Le calendrier dépendra des conditions de marché, mais l’opération pourrait se faire encore avant l’été.

Les actionnaires d’Elia  ont donné leur feu vert, ce mardi, à une augmentation de capital. Le conseil d’administration a reçu l’autorisation d’augmenter le capital de 435 millions d’euros maximum. Une autorisation accordée jusqu’au 31 juillet 2020 inclus.

Les principales questions des actionnaires, qui ont fini par approuver l’opération à plus de 90% des voix, concernaient le droit de préférence accordé aux actionnaires existants – un droit de préférence dont ils vont bel et bien bénéficier.

435 millions €
millions
Le conseil d’administration d’Elia a reçu le feu vert pour procéder à une augmentation de capital de 435 millions d’euros maximum.

"Cette augmentation de capital poursuit trois objectifs, rappelle Chris Peeters, CEO d’Elia. Financer l’investissement dans Nemo; adapter la structure financière au nouveau cadre régulatoire, qui nous encourage à passer de 33% à 40% de fonds propres; et disposer d’un ‘buffer’ pour financer notre croissance, avec comme principaux projets Ventilus, la boucle du Hainaut et le MOG 2 (la deuxième prise géante en mer prévue pour raccorder les futurs parcs éoliens, NDLR)."

Quand l’opération aura-t-elle lieu? "Cela dépendra des conditions de marché, répond Catherine Vandenborre, CFO d’Elia. Une augmentation de capital de 435 millions d’euros maximum, c’est environ 12% de notre capitalisation boursière actuelle. Nous allons nous adresser au marché au moment le plus opportun. La santé des marchés, c’est quelque chose qui s’évalue au jour le jour."

C’est la raison pour laquelle Elia a choisi cette formule d’autorisation donnée au conseil d’administration, plutôt qu’un feu vert direct à l’opération lors d’une assemblée générale extraordinaire. "Cela permet à l’entreprise d’être plus flexible en ce qui concerne le calendrier, et cela évite la pression sur le cours de bourse que peut exercer une augmentation de capital directe", souligne Bernard Gustin, le président du conseil d’administration.

Avant l’été si possible

En marge de l’assemblée générale, plusieurs administrateurs confiaient que l’idée était de procéder, si possible, à cette opération encore avant l’été. "Même si les marchés sont volatils, les conditions restent bonnes. Et rien n’indique que la situation sera meilleure dans trois ou six mois", note l’un d’eux. "C’est techniquement possible", confirme Catherine Vandenborre.

"Même si les marchés sont volatils, les conditions restent bonnes. Et rien n’indique que la situation sera meilleure dans trois ou six mois."
Un administrateur

Tout indique que Publi-T, qui détient 44,87% du capital et gère la participation des communes dans Elia, va répondre présent lors de l’opération. "Il est trop tôt pour parler d’un accord formel, mais il y a un soutien fort de l’actionnaire de référence à la vision et aux projets ces 24 derniers mois", souligne Bernard Gustin. "Nous en avons déjà discuté, de cette augmentation de capital en Publi-T, confie un représentant des communes. L’objectif est que Publi-T procède lui-même à une augmentation de capital en fin d’année afin de financer l’opération, en concluant entre les deux un crédit-pont."

Cette augmentation de capital de Publi-T devrait être proportionnelle à l’opération – on parle donc de 195 millions d’euros maximum. Et elle devrait pouvoir se faire sans aller chercher de l’argent frais auprès des communes, nous revient-il. "Socofe et les intercommunales pures de financement bruxelloise et wallonnes, qui sont les actionnaires directs de Publi-T, disposent des moyens nécessaires qu’ils seront très heureux d’investir dans l’opération, affirme un fin connaisseur du dossier. Et côté flamand, Fluvius devrait pouvoir aider les intercommunales à boucler l’opération si nécessaire, par exemple sous la forme d’un prêt."

La nouvelle structure pour fin 2020

Une autre opération attendue, c’est la modification des structures, avec la transformation d’Elia en une société holding qui détiendrait différentes participations, afin de séparer clairement les activités régulées en Belgique des autres. Mais celle-là prendra vraisemblablement beaucoup plus de temps. "C’est une opération très complexe, avec d’importants aspects juridiques et fiscaux, sans compter la procédure de certification et de licence. Le timing n’est pas encore tout à fait arrêté, mais la nouvelle structure devrait être en place pour fin 2020 au plus tard", indique Chris Peeters. Une deadline que le groupe a intérêt à tenir, s’il ne veut pas aller au-devant de nouveaux problèmes avec son régulateur.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect