Elugie veut équiper les Belges en piles à combustible

Elugie, une PME flamande, a déjà installé 100 piles à combustible chez des particuliers et des PME en Belgique. Et elle table sur un développement exponentiel.

La petite centrale domestique commercialisée par Elugie a la taille d’une machine à laver. Cette mini-cogénération basée sur la technologie de la pile à combustible à oxyde solide (SOFC) produit en fait de l’hydrogène à partir de gaz, par cracking, hydrogène qui est transformé par des processus électrochimiques en électricité et en chaleur.

"Mon objectif? Assurer la transition vers un monde 100% renouvelable", affirme Bjorn Van Haver, le fondateur et CEO d’Elugie, qui travaille depuis 19 ans dans les énergies renouvelables avec son groupe Solar Spirit. Très actif à une époque dans l’installation de photovoltaïque, il a après l’éclatement de la bulle prospecté pour identifier "la" technologie d’avenir. Et il a commencé à commercialiser en Belgique ces mini-centrales BlueGen fabriquées en Allemagne par la société SolidPower sur la base d’une technologie australienne.

"Cela permet de produire localement, à un coût intéressant, en réduisant les gaz à effet de serre."
Bjorn Van Haver
CEO D’Elugie

"Cela permet de produire l’électricité localement, à un coût intéressant, en réduisant les gaz à effet de serre. Et l’installation est déjà neutre en CO2, puisqu’Elugie compense toutes les émissions avec l’aide de CO2Logic. Cela permet de donner le départ à l’économie de l’hydrogène, pour aller dans le futur vers le ‘power to gas’, où l’électricité renouvelable excédentaire sera transformée en hydrogène pour être stockée sur le réseau de gaz", développe Bjorn Van Haver.

Depuis son lancement en 2012, l’entreprise a déjà réalisé 100 installations en Flandre, réalisant ainsi un chiffre d’affaires de quelque 2,2 millions d’euros jusqu’à ce jour. La Wallonie suivra ultérieurement. La clientèle visée? Des boulangers, des bouchers, des restaurants, des brasseries, des bâtiments publics comme le centre culturel Nova à Anvers, mais aussi des particuliers qui ont d’importants besoins en électricité, parce qu’ils possèdent une piscine ou une pompe à chaleur, par exemple.

Mais la petite entreprise installée à Putte, près de Malines, compte bien passer à la vitesse supérieure: l’entreprise a signé, en avril, une commande de 550 BlueGen, qu’elle compte installer d’ici fin 2018. Et elle vise d’ici 2030, avec la sortie du nucléaire, pas moins de 100.000 de ces micro-centrales sur le marché belge, avec comme exemple le Japon, où des milliers de micro-centrales de ce type sont installées chaque mois. Elle compte doubler ses effectifs, qui sont actuellement de 10 personnes, et renforcer son capital en faisant appel à des investisseurs en capital à risque.

"L’avantage de la pile à combustible que nous commercialisons, c’est qu’elle a un rendement électrique de 60%: elle permet de produire 12.000 à 15.000 kWh d’électricité par an, toute l’année, alors que les autres piles à combustible sont généralement réglées sur la chaleur, avec un rendement électrique de 35% seulement. Et aux 60% de rendement électrique, s’ajoutent 25 à 30% de récupération de chaleur, utilisée pour l’eau sanitaire dans le résidentiel ou pour chauffer les bâtiments dans les PME", argumente le CEO d’Elugie.

Le coût d’installation, TVA incluse, avoisine les 25.000 euros. Le principal argument de vente d’Elugie? Un tel investissement permet de se mettre à l’abri des hausses de prix de l’énergie. "Pour un montant équivalent à celui de votre facture annuelle actuelle, vous financez l’installation, ses coûts de fonctionnement, l’achat du gaz et les taxes. Et au bout de 10 ans, vous pourrez produire pour vous-même au prix du gaz", explique Bjorn Van Haver. Du gaz qu’Elugie espère bien fournir lui-même à ses clients dans les mois à venir, grâce à un partenariat avec Wingas.

concurrence | Viessmann aussi

Parmi les autres acteurs sur ce marché: le spécialiste du chauffage Viessmann. Il commercialise depuis début avril sa chaudière à pile à combustible en Belgique. "À ce jour, nous en avons vendu 12. Nous espérons arriver à 75 cette année, 135 en 2018 et une centaine en 2019, quand la fin des subsides européens aux fabricants risque de faire monter les prix", explique Christophe Van den Eynde, product manager. Le coût de l’installation, destinées aux habitations peu gourmandes en chaleur, dont elle peut couvrir la majeure partie des besoins en chauffage en produisant aussi jusqu’à 15 kWh d’électricité par jour: 15.000 euros. "Quand la pile à combustible est insuffisante, la chaudière à condensation s’enclenche automatiquement." Une technologie plus avantageuse, selon Viessmann, qu’une nouvelle chaudière combinée à des panneaux solaires.

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