Fortes tensions sur les prix de l'électricité

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Les prix de l’électricité s’envolent. Et cela pourrait s’aggraver en cas de vague de froid.

Les prix de l’électricité flambent. Le prix pour la journée de jeudi a atteint 122,61 euros par MWh sur Epex Spot Belgium (anciennement Belpex), avec un pic de 330,77 euros à l’heure de pointe du soir. Pour la journée de mercredi, c’était 92,77 euros.

"Les clients ayant des contrats indexés sur Belpex vont être impactés."
Tom Van de Cruys
CEO de Lampiris

On n’est pas encore au record absolu du 22 septembre 2016, quand l’arrêt de Tihange 1 avait fait grimper le prix journalier à 188,74 euros. Mais c’est davantage qu’en janvier dernier, quand Elia craignait de devoir activer la réserve stratégique. Et c’est nettement plus que la fourchette de prix habituelle, qui fluctue entre une trentaine et une cinquantaine d’euros par MWh. "Les clients ayant des contrats indexés sur Belpex vont être impactés, avertit Tom Van de Cruys, CEO de Lampiris. Il s’agit surtout de clients B2B, mais certains fournisseurs proposent aussi ce type de contrat à des clients B2C. Ce n’est pas notre cas."

Les causes de cette flambée?

• Les températures d’abord, légèrement inférieures à la normale, qui augmentent la demande d’électricité.
• Il y a aussi, en Belgique, deux réacteurs nucléaires indisponibles – Tihange 1 jusqu’au 20 novembre, Doel 3 jusqu’au 10 décembre –, ainsi qu’une série de centrales au gaz à l’arrêt.
• Et pour ne rien arranger, il y a peu de vent et peu de soleil – donc très peu d’électricité renouvelable.

Certains dénoncent aussi l’algorithme utilisé pour attribuer les capacités aux frontières. "Il maximise le bien-être social dans toute l’Europe, et a donc pour conséquence de favoriser les grandes zones au détriment des petites, explique Dieter Jong, manager chez le trader en électricité Anode. La France s’en tire donc mieux que la Belgique." Il est vrai que dans l’Hexagone, où une vingtaine des 58 réacteurs exploités par EDF sont à l’arrêt, notamment à la suite de décisions de l’autorité de sûreté nucléaire, les prix ont augmenté également, mais moins fortement: le prix spot pour la journée de jeudi reste sous la barre des 90 euros par MWh.

"S’il devait y avoir une réelle vague de froid sur la France, les importations de la Belgique pourraient être limitées à moins de 1.500 MW."
Dominique Woitrin
Ancien directeur de la Creg

"Cet algorithme est dénoncé depuis toujours par la Creg, mais cela ne joue pas dans ce cas-ci, corrige toutefois Dominique Woitrin, ancien directeur du régulateur belge. La Belgique importe au maximum de ses possibilités à la frontière nord, et la France nous fournit encore un peu d’électricité – heureusement. Mais s’il devait y avoir une réelle vague de froid sur la France, les importations de la Belgique pourraient être limitées à moins de 1.500 MW". Or, à l’heure de pointe du soir, hier, la Belgique importait pas moins de 3.500 MW, indique Elia…

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