Grâce à EverZinc, une pile sur quatre est un peu belge

Avec ses usines en Belgique, au Canada, en Chine, aux Pays-Bas, en Norvège et en Malaisie, EverZinc traite plus de 200.000 tonnes de matériaux. De quoi positionner l'entreprise liégeoise au rang de leader mondial. ©doc

Forte de deux acquisitions au Canada et d'un refinancement d'ampleur, l'ex-filiale d'Umicore grandit chaque jour un peu plus.

Saviez-vous qu'une pile sur quatre (AA, AAA, C, D...) dans le monde est... un peu belge? Du moins ses composants. Si la réponse est négative, c'est normal. Car depuis qu'EverZinc a quitté le giron d'Umicore, fin 2016, au profit du fonds américain OpenGate Capital, "on est un peu passé sous le radar", confie Vincent Dujardin, le CEO.

Et ce, alors même que l'entreprise installée à deux kilomètres à peine de la gare des Guillemins, à Liège, est un poids lourd. Rien que l'an passé, son chiffre d'affaires a atteint les 514 millions d'euros, elle qui compte près de 600 collaborateurs œuvrant dans ses dix usines localisées en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Norvège, en Malaisie, en Chine et au Canada.

200.000
tonnes
Chaque année, EverZinc traite aux alentours de 200.000 tonnes de zinc par an.

Sa mission? La transformation du zinc, qu'il soit primaire (fourni par les Nyrstar et autres Glencore) ou secondaire, c'est-à-dire déjà utilisé dans un process préalable, mais récupéré pour servir à une autre utilité.

Leader mondial

Elle se profile comme le leader mondial, avec ses 200.000 tonnes (dont 40% recyclées) traitées par an à destination aussi bien du monde de la pharma que de l'industrie auto. On retrouve par exemple ses produits dans les crèmes solaires ou les pansements, les peintures résistantes à la corrosion ou encore les pneus haute-performance, la céramique et le verre.

Une position qui force EverZinc à toujours regarder de l'avant pour innover. En ce sens, la société réinvestit des sommes conséquentes en R&D – après avoir beaucoup investi dans une augmentation des capacités en 2018. Avec ces derniers temps, un changement de paradigme en vue, qui viendra compléter ses quatre fers de lance actuels (poudre fine de zinc, poudre de zinc avec alliages spéciaux pour batteries, oxyde de zinc et oxyde de zinc ultrafin).

"On est en train de travailler à une solution pour les batteries rechargeables."
Vincent Dujardin
CEO d'EverZinc

"On est en train de travailler à une solution pour les batteries rechargeables", évoque Vincent Dujardin. "Pas pour équiper les Tesla, car les batteries au zinc mettent plus de temps à charger, mais bien pour équiper les réseaux fermés alimentés en énergie verte".

"C'est clairement un créneau que nous avons identifié comme stratégie pour l'avenir", souligne le patron. Et pour cause, la technologie est prometteuse, car "beaucoup moins chère, plus sûre – ici, pas de risque d'explosion –, moins contraignante au niveau des ressources, de même que moins polluante que le cobalt ou le lithium".

2019, conquête de l'ouest

Ce qui ne veut pas dire que les autres activités sont rangées au placard pour autant. Loin de là. "On essaie d'avoir une société bien équilibrée, que ce soit dans sa géographie ou dans la contribution de ses créneaux d'activité", explique le CEO. Où chacun participe à parts égales. "On n’y est pas encore, mais on y sera bientôt."

Côté géographique, un rééquilibrage a été effectué l'an passé par le biais d'une double opération menée au Canada: les acquisitions de G.H. Chemicals, actif dans l'oxyde de zinc à haute valeur ajoutée pour le médical et la pharma, et de MicroZinc, spécialisé dans le recyclage de zinc. De quoi permettre à EverZinc de s'implanter sur le continent américain, où l'entreprise n'était pas encore active industriellement.

Pour ce qui est de l'avenir, le groupe vient de boucler, sous le conseil de Lincoln International, une opération de refinancement portant sur un montant supérieur à 100 millions d'euros auprès de banques belges. De quoi lui permettre de renégocier un emprunt assez cher contracté à l'époque de sa sortie du giron d'Umicore.

Pour le reste, "nous avons encore quelques projets d'acquisitions dans le pipe, mais que nous veillons à réaliser de manière contrôlée", conclut le CEO.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés