Isabelle Kocher serait sur la sellette chez Engie

Isabelle Kocher, la CEO d'Engie, s'opposerait à une vente des activités gazières de l'ancien Gaz de France, un démantèlement auquel le conseil d'administration serait favorable. ©Bloomberg

Le conseil d’administration d’Engie envisage de se séparer de la CEO du groupe Isabelle Kocher en raison de divergences sur la gouvernance et la stratégie, révèle BFM.

Isabelle Kocher en raison de divergences sur la gouvernance et la stratégie, rapportait ce mardi BFM BusinessUne décision sera prise "d’ici quelques semaines", précise la chaîne, qui cite "plusieurs sources proches du groupe".

"Le conseil d’administration s’oriente vers un changement de gouvernance", est-il écrit dans l’article publié sur le site de BFM Business.

Reproches opérationnels et stratégiques

Les membres du conseil d’administration du groupe reprocheraient à Isabelle Kocher la composition de son équipe de direction, "pas assez opérationnelle", et sa stratégie qui se traduirait par un manque de synergies au sein du groupe, une sous-valorisation en bourse et une stagnation du cours d’Engie depuis l’entrée en fonction de la CEO.

Contrairement à son prédécesseur Isabelle Kocher n’a jamais été PDG du groupe.

La dirigeante s’opposerait notamment à une vente des activités gazières de l’ancien Gaz de France -  le réseau de transport de gaz et sa filiale de GNL (Elengy) ainsi que la distribution (GRDF) et le stockage (Storengy) - , un démantèlement auquel le conseil d’administration serait favorable.

Par ailleurs, la diversification excessive des métiers exercés par Engie serait, elle aussi, remise en question par certains membres du conseil d’administration. La stratégie conduite par Isabelle Kocher mène, en effet, l’énergéticien à conserver une présence marquée sur les fronts des énergies renouvelables, des infrastructures, des services ou encore de l’énergie nucléaire en Belgique par l’intermédiaire d’Electrabel, ce que d’aucuns estime contraire au courant actuel de l’industrie. Il est vrai que la tendance est plutôt à la spécialisation dans le milieu, à l’image des stratégies opérées par E.On, RWE ou Enel, les principaux concurrents d’Engie à l’international.

La double casquette de Gérard Mestrallet

Isabelle Kocher, qui a récemment cédé son siège au sein du conseil d’administration d’Electrabel suite aux nominations des Belges Johnny Thijs et Étienne Denoël, est en place depuis quatre ans à la tête du groupe français. Elle est aussi la seule femme dirigeante d’une société du CAC 40.

Isabelle Kocher occupe le poste de directrice générale d’Engie depuis 2016.

Contrairement à son prédécesseur Gérard Mestrallet, Isabelle Kocher n’a jamais été PDG du groupe. En effet, après avoir envisagé un temps d’occuper la présidence d’Engie suite au départ de ce dernier, elle s’était vu brûler la politesse en 2018 par la nomination de l’ancien patron de Solvay, Jean-Pierre Clamadieu, en tant que président du conseil d’administration.

Auparavant, Gérard Mestrallet disposait de la double casquette, président et directeur général, avant que les deux fonctions ne soient dissociées à son départ. Une décision souvent attribuée à une volonté de l’État français, actionnaire à 24% d’Engie, de limiter les pouvoirs de la dirigeante.

Une réunion du conseil d’administration, se tenant le 17 décembre prochain, permettra sans doute de clarifier la situation. Le mandat d’Isabelle Kocher se termine en mai 2020 et que la décision de sa candidature à sa propre succession se prendra en début d’année prochaine.

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