L'éolien belge en mer s'apprête à passer à la vitesse supérieure

©David Adriaen

La construction du quatrième parc belge en mer va commencer au printemps. Et les deux parcs suivants, Rentel et Norther, espèrent bientôt boucler leur financement, pour un total de 2,5 milliards.

Les 182 éoliennes des trois parcs qui tournent déjà au large des côtes belges ont produit, en 2015, 2,580 TWh, soit un peu plus de 3,2% du total de l’électricité consommée en Belgique.

Ce n’est qu’un début. D’ici 2020, ce sont quelque 8 milliards d’euros qui devraient avoir été investis au total dans l’éolien en mer du Nord. Avec 500 éoliennes, l’offshore devrait alors offrir 2.200 MW de puissance, l’équivalent de deux réacteurs nucléaires, et couvrir 10% de la consommation d’électricité en Belgique – ou 50% de la consommation des ménages.

 

"Chaque parc offre 1.400 emplois directs, et autant d’emplois indirects, durant sa construction", souligne Jean de Leu, le président de la Belgian Offshore Platform, la coupole du secteur. Et une fois construit, chacun des parcs offre encore du travail à une centaine de personnes pour son exploitation et sa maintenance.

Le coût du soutien à cette électricité verte? 13,61 euros par an, actuellement, pour chaque ménage – les entreprises, elles, ont obtenu un plafonnement et une dégressivité de cette cotisation.

Mais l’éolien offshore s’apprête à passer à la vitesse supérieure. En avril de cette année, la construction du quatrième parc, Nobelwind, devrait débuter. Son financement a été bouclé en octobre dernier, pour un montant de 655 millions d’euros. Le parc devrait être opérationnel en 2017. Il a pour actionnaires Parkwind (le véhicule d’investissement du groupe et de la famille Colruyt et de la société d’investissement flamande PMV), le japonais Sumitomo Corporation et la coopérative néerlandaise Meewind.

Insécurité juridique

Pour les parcs suivants, la situation est plus délicate. Rentel et Norther sont en phase de négociations finales avec les fournisseurs et les financiers. Les montants en jeu sont énormes: 1,2 milliard d’euros pour Rentel, et probablement 1,3 milliard pour Norther.

En novembre, le gouvernement a décidé, sur proposition de la ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem, de raboter les subsides pour les parcs en mer à venir. Cela a rendu les choses un peu plus difficiles. "Il s’en est fallu de peu pour que cela remette tout en question", affirme même un proche du dossier Norther.

"Sans ces textes légaux, nous n’obtiendrons jamais la signature finale des banques."
un actionnaire de Rentel

Pire: cette révision du système de soutien n’a pas encore été traduite, comme nécessaire, dans une loi et un arrêté royal. "Sans ces textes légaux, qui offrent une sécurité juridique, nous n’obtiendrons jamais la signature finale des banques", avertit un actionnaire de Rentel. Au cabinet de la ministre MR, on promet que tout sera bouclé à heure et à temps, c’est-à-dire d’ici début mai au plus tard.

Les actionnaires de Rentel, parmi lesquels on trouve la SRIW Environnement, Socofe et Elicio (groupe Nethys), mais aussi Deme, se veulent optimistes. Ils ont procédé, en janvier, aux augmentations de capital nécessaires dans leurs différentes structures pour pouvoir injecter plus de 12 millions d’euros d’argent frais dans Rentel. Une recapitalisation qui va permettre de couvrir les différents frais jusqu’au bouclage du financement du projet, attendu pour la fin du mois de juin.

Les plus puissantes éoliennes du monde

Norther, qui a pour actionnaires Eneco et Elicio, espère lui boucler son financement en octobre. Mais il ne prévoit de commencer les travaux que début 2018. Il vient de conclure un préaccord avec MHI Vestas pour la livraison de 44 turbines de 8,4 MW et de 164 mètres de diamètre. "Ce sont les plus puissantes du monde, souligne Tim Dieryckx, COO de Norther. Mais notre fournisseur ne pourra pas les livrer avant début 2019." Il espère toutefois que le parc sera opérationnel fin 2019.

Le bouclage du financement des trois derniers parcs est pour l’instant prévu pour 2017. Mais les discussions pour la construction d’une prise unique en mer, sur laquelle ils devraient se connecter, sont toujours en cours.

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