La BEI prête 75 millions à ArcelorMittal pour la construction d'une usine bas-carbone

Deux projets axés sur la transformation de déchets constitueront une nouvelle usine de démonstration à échelle industrielle sur le site d'ArcelorMittal à Gand. Sur les 215 millions d'euros nécessaires, la Banque européenne d'investissement en apportera 75 millions.

Fin 2019, la Banque européenne d'investissement (BEI) annonçait sa décision d'arrêter le financement de projets d'énergies fossiles au-delà de 2021. A l'époque, la décision avait suscité une certaine dissonance dans le sein des acteurs du secteur, étant donné le rôle prépondérant qu'est supposé occuper le gaz dans la transition énergétique de certains États membres, dont la Belgique. 

Aujourd'hui, l'institution européenne a pu mettre sa promesse à l'épreuve alors qu'un prêt à hauteur de 75 millions d'euros a été débloqué afin de financer deux projets innovants relatifs à la diminution des émissions de gaz à effets de serre sur le site d'ArcelorMittal à Gand.

"Même en cette période, l'Europe maintient ses objectifs climatiques ambitieux et la BEI s'est engagée à continuer d'en être un partenaire clé."
Ambroise Fayolle
Vice-président de la BEI en charge de l’innovation

Soutenue par la Commission européenne, l'initiative vise à "la réduction des émissions de CO2 équivalente aux émissions de gaz à effet de serre du quart d'un million de voitures particulières conduites pendant un an". Ambroise Fayolle, le vice-président de la BEI en charge de l’innovation, s'est réjoui de l'opération, déclarant: "Même en cette période, l'Europe maintient ses objectifs climatiques ambitieux et la BEI s'est engagée à continuer d'en être un partenaire clé."

Transformation de déchets

Chiffré à 215 millions d'euros, l'investissement total nécessaire à la conduite de ces deux projets devrait se matérialiser, sous la forme de deux usines de démonstration de grande échelle, d'ici la fin 2021. Steelanol, la première, reposera sur la technologie de "capture carbone" et captera les gaz résiduaires du haut fourneau de l'usine afin de les convertir biologiquement en carbonéthanol recyclé, pouvant ensuite être réutilisé en tant que combustible liquide. ArcelorMittal, ici assisté par l'entreprise LanzaTech, espère que sa nouvelle usine lui permettra de produire jusqu'à 80 millions de litres d'éthanol par an et de créer près de 500 emplois.

215 millions
d'euros
Les projets Steelanol (165 millions) et Torero (50) nécessiteront 215 millions d'euros d'investissement.

La deuxième partie du projet, baptisé Torero, consiste en une usine basée sur la conversion de déchets de bois en biocharbon, remplaçant partiellement le charbon qui alimente actuellement le haut fourneau. "Dans un premier temps, l'usine de Torero sera en mesure de convertir jusqu'à 60.000 tonnes de déchets de bois en 40.000 tonnes de biocharbon environ chaque année", lit-on dans un communiqué.

Selon Geert Van Poelvoorde, le CEO d'ArcelorMittal Europe pour les produits plats, " ces deux projets constituent nos premières mises en œuvre à grande échelle de solutions révolutionnaires dans le cadre de notre engagement à réduire les émissions de carbone et à transformer la production d'acier".

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