La Belgique teste le chauffage par miroirs solaires

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Dans le port d’Anvers, la société énergétique limbourgeoise Azteq vient d’inaugurer une installation qui produit de la chaleur verte via des miroirs solaires.

Le parc de miroirs couvre une surface de 1.100 m² sur le site d’ADPO, une entreprise spécialisée dans le stockage de produits chimiques. Ces miroirs incurvés de 5 mètres tournent avec le soleil et concentrent son rayonnement sur un tuyau central rempli de liquide. Celui-ci chauffe puis est transformé en vapeur via un échangeur de chaleur. Une première en Europe.

Selon la start-up limbourgeoise Azteq, qui a développé cette technologie, cette installation produit trois fois plus d’énergie par m² que les panneaux photovoltaïques. "Nous transformons 68% du rayonnement solaire en énergie, contre 15 à 18% pour les panneaux solaires, explique le CEO Koen Vermout. De plus, la température peut atteindre 400 degrés et la chaleur produite peut être stockée dans des conteneurs isolés pour être utilisée pendant la nuit."

"Nous comptons construire des parcs de miroirs solaires beaucoup plus grands." Koen Vermout

"Jusqu’à présent, nous utilisions du gaz pour produire de la vapeur, explique Filip De Dijcker, de l’entreprise familiale ADPO. Grâce à cette installation, nous pouvons réduire de 10% notre consommation de gaz et nos émissions de CO2." ADPO utilise la chaleur produite pour conserver les matières premières à l’état liquide et nettoyer les réservoirs. Ces réservoirs – le port d’Anvers en compte 270 – contiennent des dérivés de pétrole et des matières premières entrant dans la fabrication de peintures pour voitures, de cosmétiques et de polyuréthane. Ils sont principalement destinés aux grands acteurs du secteur chimique comme BASF, Bayer et Ineos.

Pour Azteq, cette installation pilote est la première d’une longue série, explique Vermout. "Des installations comparables seront bientôt construites chez Proviron, à Ostende, et à proximité d’Energyville, le centre de recherche gantois sur les énergies renouvelables." Ces trois projets coûtent au total 1,4 million d’euros. Plus de la moitié – 820.000 euros très exactement – est subsidiée par le gouvernement flamand.

Genk devrait jouer le rôle de plateforme test pour le déploiement de cette technologie en Europe Occidentale. "Nous comptons construire des parcs de miroirs solaires beaucoup plus grands, d’une superficie pouvant aller jusqu’à un hectare", explique Koen Vermout. Selon lui, de nombreux pays se montrent intéressés. "Notre atout, c’est que nous pouvons atteindre des températures très élevées. Cela peut être intéressant pour les usines d’embouteillage, les brasseries, les entreprises de transformation d’aliments et le secteur chimique."

Pour assurer sa croissance européenne, Azteq devra procéder à une augmentation de capital. "D’ici cinq ans, nous aimerions avoir installé 150 hectares de miroirs en Europe. Nous avons besoin de 375 millions d’euros pour les financer."

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