La patronne de la Creg bien placée pour prendre la tête de Sibelga

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Marie-Pierre Fauconnier se trouve dans la ‘short list’ des candidats retenus pour succéder à Luc Hujoel. Le curriculum vitae de la patronne de la Creg la placerait en situation de favorite. Et elle pourrait bénéficier d’un allié inattendu: le MR, qui lorgnerait le poste de président de la Creg.

Marie-Pierre Fauconnier, patronne de la Creg (Commission de régulation de l’électricité et du gaz) se trouve dans la ‘short list’ des candidats retenus pour succéder à Luc Hujoel à la tête de Sibelga, le gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz à Bruxelles. Son CV fait d’elle une favorite. Et bien qu’étiquetée socialiste, elle pourrait en outre bénéficier d’un coup de pouce du MR, apprend L’Echo.

La procédure de recrutement du nouveau directeur général de Sibelga entre dans sa dernière ligne droite: les meilleurs candidats, qui ont été soumis à un ‘assessment’ approfondi, vont maintenant passer l’épreuve du jury. Quatre ou cinq candidats seulement figurent dans la ‘short list’, selon nos informations. Parmi eux: Marie-Pierre Fauconnier, présidente du comité de direction de la Creg, le régulateur fédéral du secteur de l’énergie. Un des directeurs actuels de Sibelga aurait aussi été retenu, tout comme un ancien chef de cab de la ministre Brigitte Grouwels (CD & V).

Son caractère bien trempé lui a valu de solides prises de bec avec quelques décideurs du secteur.

Russell Reynolds, le chasseur de têtes qui a accompagné le processus a dû faire face à une série de défections: la décision de ramener le salaire du patron de Sibelga à un montant annuel brut de 240.000 euros (contre 440.000 euros par an pour Luc Hujoel) a refroidi pas mal de vocations, nous revient-il.

Le curriculum vitae de la patronne de la Creg la placerait en situation de favorite. Titulaire d’un master en sciences actuarielles et en sciences économiques appliqués, elle a débuté sa carrière comme assistante à la faculté polytechnique de Mons, puis a été, de 1999 à 2002, chef de cabinet adjoint de la vice-première ministre Laurette Onkelinx (PS). Elle a ensuite travaillé comme conseillère stratégique du CEO d’Elia, avant de prendre la tête de l’administration fédérale de l’énergie. Elle est depuis septembre 2013 présidente de la Creg, et assure aussi des responsabilités internationales, dont la vice-présidence du CEER, le conseil des régulateurs européens de l’énergie.

Bien sûr, son caractère bien trempé lui a valu de solides prises de bec avec quelques personnalités du secteur. Mais on peut juger cela inhérent à la fonction de régulateur. Et Marie-Pierre Fauconnier peut se targuer du fait que, sous sa présidence, la Creg a été beaucoup moins conflictuelle que sous la direction précédente. Et cela, sans pour autant renoncer à son rôle de gendarme, avec une attention toute particulière portée à la protection du consommateur. Un exemple concret? La mise en place du Creg Scan, qui permet aux consommateurs de comparer leur contrat existant, même s’il n’est plus proposé sur le marché, avec les meilleurs contrats du marché.

Le mandat de Marie-Pierre Fauconnier à la tête de la Creg court jusqu’en 2019, mais vu la majorité gouvernementale en place, elle n’a guère d’illusions sur ses chances d’être reconduite à ce poste, d’où sa décision de postuler chez Sibelga.

Une MR à la tête de la Creg?

Elle pourrait bénéficier d’un allié inattendu: le MR. Il se chuchote en effet avec insistance dans le secteur que le parti libéral lorgne le poste de président de la Creg. Pour cause d’équilibres linguistiques, en cas de départ anticipé de Marie-Pierre Fauconnier, le poste reviendra d’office à un francophone. Tandis que si elle reste jusqu’en 2019, trois mandats arrivent à échéance, et la négociation entre partis sera plus délicate.

Le MR aurait même déjà effectué son casting, et jeté son dévolu sur Anne Junion, la chef de cabinet de la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR). L’intéressée dément toutefois avec force et vigueur être candidate à ce poste.

Encore plusieurs obstacles

Il est vrai que plusieurs obstacles restent encore à franchir. La recherche d’un nouveau président pour la Creg n’est pas encore officiellement lancée. Les candidats retenus pour Sibelga doivent encore être entendus par le jury — un jury composé des trois membres du comité de nomination et de rémunération, un PS, un MR et un Défi, épaulés par le socialiste Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF, et Jean-Claude Daoust, sans étiquette mais réputé proche du MR. Une décision est attendue dans les semaines à venir.

Se pose aussi la question de savoir si Marie-Pierre Fauconnier, qui s’intéresserait en parallèle à certaines fonctions internationales dans l’énergie, pourrait prendre immédiatement ses fonctions chez Sibelga. Un arrêté royal de 1999 précise en effet que les fonctions de membres du comité de direction de la Creg sont incompatibles avec une fonction chez un gestionnaire de réseau, un producteur ou un distributeur — et ce jusqu’à un an après la fin de leur mandat. Selon certaines interprétations, toutefois, ce texte serait caduc. Sibelga a commandé un avis juridique à ce sujet, mais n’en a pas encore reçu les conclusions.

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