La Belgique pourrait souffrir de surplus d'électricité cet été

©Tom D'haenens

Après les craintes de manques d’électricité qui pourraient conduire à un black-out, ce sont désormais les surplus qui menacent la Belgique. Le gestionnaire du réseau à haute tension Elia se veut toutefois rassurant, pointant la possibilité de moduler les centrales nucléaires belges.

Après les craintes de manque d’électricité durant l’hiver 2014-2015, puis en septembre 2015, ce sont désormais les surplus qui menacent la Belgique. C’est ce qui ressort du dernier rapport d’ENTSO-E, l’association des gestionnaires de réseau de transport européens.

"La Belgique pourrait manquer de capacités d’exportation à certains moments durant juillet et août", avertit ENTSO-E. En cause: un parc nucléaire qui devrait être entièrement disponible, et classé comme "must run", alors que la capacité des installations de pompage-turbinage, qui permettent de stocker l’électricité, sera réduite durant cette période.

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"Dans certains cas spécifiques, des mesures additionnelles pourraient être nécessaires, comme la modulation des unités nucléaires ou l’optimisation de la capacité d’importation, afin d’éviter de limiter la production des sources d’énergie renouvelables", ajoute le rapport. Le risque concerne principalement les journées de week-ends des deux mois de vacances, quand la demande d’électricité est particulièrement faible et que la production d’origine renouvelable est à son maximum. Un risque existe également pour les nuits de week-ends, mais il est beaucoup plus faible.

Il s’agit de situations extrêmes, s’il y a beaucoup de vent et de soleil, relativise Elia , le gestionnaire du réseau haute tension belge. "En outre, cette étude n’a pas pris en compte un certain nombre de facteurs, comme la capacité de modulation du parc nucléaire. Nous nous attendons à ce que le marché fasse son travail, et que les producteurs réagissent aux signaux de prix en diminuant leur production", réagit Kathleen Iwens, porte-parole d’Elia.

"Nous avons demandé l’autorisation de moduler davantage nos réacteurs."
Geetha Keyaert
porte-parole d’Electrabel

On sait en effet qu’Electrabel dispose déjà d’une certaine capacité de modulation de ses réacteurs nucléaires, dont elle peut diminuer la puissance de 25% durant 6 heures, trois à cinq fois par an. "Nous avons demandé l’autorisation à l’autorité de sûreté nucléaire de porter cette modulation à 50%, durant 72 heures, jusqu’à 30 fois par an, pour les réacteurs de Tihange 3 et Doel 4" précise Geetha Keyaert, porte-parole de l’exploitant nucléaire.

Ce n’est donc qu’en tout dernier ressort que la production d’électricité d’origine éolienne ou photovoltaïque devrait être arrêtée – un scénario que craint le secteur des énergies renouvelables depuis le feu vert donné au redémarrage des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 et à la prolongation de Doel 1 et 2.

À noter que l’Allemagne court aussi le risque de surplus d’électricité, mais durant la journée uniquement.

Pénuries en Pologne

Si d’une manière générale, l’association des gestionnaires de réseau européens estime que l’approvisionnement en électricité en Europe devrait être adéquat cet été, elle ne cache pas ses inquiétudes quant à la capacité des réseaux polonais et britanniques à gérer des conditions extrêmes. La Pologne pourrait souffrir de pénuries d’électricité, et la Grande-Bretagne pourrait atteindre les limites de ses capacités d’importation en cas de conditions météorologiques extrêmes, comme une vague de chaleur poussant la demande d’air conditionné, ou des périodes de froid inhabituelles conjuguées à une absence de vent.

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