Le Luxembourg s'inquiète de l'enfouissement des déchets radioactifs belges

La promiscuité de certaines zones sélectionnées par l'Ondraf pour l'enfouissement de déchets avec les frontières luxembourgeoises fait grincer des dents. ©Photo News

Pour le gouvernement luxembourgeois, la procédure lancée par la Belgique sur l'enfouissement des déchets radioactifs est "incohérente". La consultation publique lancée par l'Ondraf sur les incidences environnementales de l'enfouissement se terminera le 13 juin.

Alors que la sortie du nucléaire approche, la Belgique tarde à faire toute la clarté sur l'après. Prolongation des réacteurs ou non, une solution quant à la disposition définitive des déchets doit impérativement être trouvée

En Belgique, c'est l'Office national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf) qui est en charge de la question, et la solution à long terme envisagée est l'enfouissement géologique ou souterrain de ces déchets. L'organisme conduit actuellement une consultation publique sur son incidence environnementale. Elle s'achèvera le 13 juin prochain.

Le Luxembourg grogne

De par la promiscuité de certains sites actuellement à l'étude pour l'enfouissement avec certains pays limitrophes, la question prend une ampleur plus large. Ce mardi, c'est la ministre luxembourgeoise de l'Environnement, Carole Dieschbourg, qui a réclamé davantage d'informations. Après avoir déploré des "incohérences" et un "manque de transparence" dans la procédure belge, la ministre a insisté: "Ce n'est pas l'approche que nous espérons entre voisins."

"Le rapport ne considère pas les risques transfrontaliers de ce stockage pour notre eau potable et notre population."
Carole Dieschbourg
Ministre luxembourgeoise de l'Environnement, du Climat et du Développement durable

Selon une carte diffusée par le gouvernement luxembourgeois, sept zones d'enfouissement seraient proches de la frontière luxembourgeoise. "Le rapport ne considère pas les risques transfrontaliers de ce stockage pour notre eau potable et notre population", a ajouté la ministre. Le Luxembourg espère remettre en question la procédure ainsi que les zones choisies. Il lancera cette semaine une campagne afin d'informer sa population sur la consultation publique et ajoute qu'il remettra "un avis critique" aux autorités belges.

Cette carte répertoriant les zones d'enfouissement de déchets radioactifs proches de la frontière a été diffusée par le gouvernement du Luxembourg avant d'être qualifiée de fausse par la ministre belge de l'Energie, Marie Christine Marghem.

La ministre belge de l'Energie Marie Christine Marghem a dénoncé dans la foulée "une campagne de désinformation" de son homologue luxembourgeoise. "Aucun site de stockage ni de type de roche pouvant accueillir les déchets n'ont encore été identifiés", souligne-t-elle, considérant qu'il s'agit d'un "incident diplomatique sérieux". "Diffuser une carte avec ces supposés sites auprès de la population luxembourgeoise ou parler d'une éventuelle pollution de l'eau n'est ni plus ni moins qu'une campagne de désinformation préjudiciable."

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