Le bilan négatif de l'EPR de Flamanville s'alourdit

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Un rapport d’audit pointe du doigt les "surcoûts" et "délais" accumulés par la construction du réacteur nucléaire de troisième génération, l’EPR de Flamanville en Normandie.

Initialement programmé à la mi-2012 pour un budget de 3,3 milliards d’euros, l’"European Pressurized Reactor" (EPR) de Flamanville devrait finalement entrer en service fin 2022 pour une facture de près de 12,4 milliards d’euros. Piloté par EDF, le chantier du premier réacteur nucléaire de troisième génération de France connaît en effet de lourds déboires depuis le début des travaux en 2006.

Dernier coup dur en date, un rapport d’audit commandé par le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy et présenté au gouvernement français ce lundi, épingle, une nouvelle fois, les manquements du projet. L’auteur du rapport, l’ancien PDG de PSA Jean-Martin Folz, y écrit: "la construction de l’EPR aura accumulé tant de surcoûts et de délai qu’elle ne peut être considérée que comme un échec pour EDF".

12,4 milliards €
Le coût de construction de la centrale EPR de Flamanville est évalué à 12,4 milliards contre les 3,3 milliards prévus au commencement des travaux.

Parmi les points noirs listés dans son rapport, Jean-Martin Foltz a insisté, entre autres, sur "l’irréalisme" des estimations initiales, les mauvaises relations entre EDF et ses sous-traitants et partenaires, dont Framatome, l’un des initiateurs de l’EPR acquis par EDF en 2017, ou encore une gouvernance du projet "inappropriée" chez EDF.

Un "plan d’action" sous un mois

Face à ces conclusions accablantes, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Lemaire, a regretté "un manque de rigueur inacceptable" et a exigé d’EDF qu’un "plan d’action" soit mis en place d’ici un mois afin de "remettre la filière nucléaire aux meilleurs niveaux d’exigence. L'EPR de Flamanville est un échec pour toute la filière électro-nucléaire française et nous devons en tirer les leçons et conséquences", a-t-il tancé.

L’objectif de ce plan demandé par le gouvernement français sera de clarifier la gouvernance des grands projets d’EDF ainsi que de veiller à améliorer la coordination entre le groupe et sa filiale Framatome. Le ministre de l’Economie a insisté sur l’importance de "l’établissement des responsabilités" et a évoqué une "réorganisation des équipes" potentielle.

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