Le gendarme du nucléaire prépare la prolongation

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L’AFCN, l’agence de contrôle nucléaire, travaille sur de nouvelles exigences de sûreté en cas de prolongation du nucléaire au-delà de 2025.

Entendu la semaine dernière en sous-commission sécurité nucléaire à la Chambre, Frank Hardeman, le patron de l’AFCN, l’agence de contrôle nucléaire, a expliqué que son institution travaillait sur de nouvelles exigences de sûreté en cas de prolongation du nucléaire au-delà de 2025.

On sait que la sortie totale du nucléaire en 2025, décidée en 2003, a été reconfirmée par le gouvernement Michel à l’occasion de la prolongation de Doel 1 et 2. Mais la N-VA ou la FEB continuent à plaider pour un allongement de la durée de vie de certains réacteurs au-delà de cette échéance.

"Nous respectons bien entendu la loi sur la sortie du nucléaire en 2025, mais nous essayons d’être proactifs et préparés à tous les scénarios possibles, explique Cédric van Caloen, porte-parole de l’AFCN. Nous menons donc une réflexion en interne sur les exigences supplémentaires qui seraient posées par l’AFCN en cas de demande de prolongation d’un ou plusieurs réacteurs au-delà de 2025, pour ne pas être pris de cours si une décision politique allait dans ce sens."

"Nous respectons la loi, mais essayons d’être proactifs et préparés à tous les scénarios."
L’AFCN

Le contexte change, notamment en matière de risques terroristes, et il est donc logique que les conditions de sûreté et de sécurité évoluent avec le temps, souligne le gendarme du nucléaire. Cette démarche est une prolongation de la logique des stress tests, réalisés après la catastrophe de Fukushima, qui avaient pour objectif de réévaluer les marges de sûreté des installations nucléaires. En Belgique, ils ont porté non seulement sur les conséquences de phénomènes naturels comme des séismes ou des inondations, mais aussi sur celles d’actes humains comme des attentats terroristes, et ont conduit l’AFCN à exiger certains nouveaux investissements.

L’exercice sur les nouvelles exigences que poserait le gendarme du nucléaire en cas de prolongation au-delà de 2025 est toujours en cours, et il refuse donc de donner des exemples concrets.

La semaine dernière à la Chambre, Frank Hardeman a toutefois pointé le cas des avions gros-porteurs. Le bâtiment des trois plus vieux réacteurs du pays, Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, peut résister à la chute d’un petit avion, mais pas d’un gros-porteur comme un Boeing 747. Une situation que le gendarme du nucléaire ne devrait plus accepter s’il y avait une demande pour prolonger la durée de vie d’un de ces réacteurs au-delà de 2025.

C’est bien sûr au politique qu’il reviendrait de décider d’une telle prolongation. Engie Electrabel devrait ensuite examiner si elle est possible d’un point de vue financier et technique. Et l’AFCN y mettrait ses conditions.

Le gendarme du nucléaire espère que le prochain ministre de l’Énergie fera la clarté sur le sujet aussi rapidement que possible. "Si le prochain gouvernement devait décider de changer de direction et procéder à une prolongation de la durée de vie des centrales, il doit le faire suffisamment tôt, réagit Engie Electrabel. Si la décision est prise dans les deux ans, prolonger certains réacteurs est faisable pour nous."

L’exploitant des réacteurs belges prépare la sortie du nucléaire, mais se dit convaincu qu’il a encore un rôle à jouer au-delà de 2025. Il mène donc en parallèle des travaux préparatoires sur une éventuelle prolongation, en priorité des deux réacteurs les plus récents, Doel 4 et Tihange 3.

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