Le projet qatari de 2,5 milliards d'euros pour les centrales au gaz belges abandonné

La centrale au gaz de Vilvorde. ©belgaimage

Le propriétaire de la centrale au gaz de Vilvorde a débranché la prise. La proposition de rachat du site formulée par le gestionnaire d'actif BTK, représentant des intérêts qataris, ne s'est pas concrétisée et il a entamé des discussions avec d'autres investisseurs.

Fin de parcours pour les intérêts qataris dans les centrales au gaz belge. Pour rappel, juste avant les élections, un illustre inconnu, Marc Segers, avait fait irruption dans le secteur énergétique belge, se présentant comme le directeur opérationnel de BTK, un gestionnaire d’actifs basé au Qatar qu’il disait être en train de déménager au Luxembourg. Il annonçait vouloir construire quatre grosses centrales au gaz de 870 MW en Belgique.

Nous avons entamé les discussions avec d'autres investisseurs pour la reprise du site.
Guy Willemot
Directeur de la centrale de Vilvorde

Il y avait de quoi couvrir la plus grosse partie des besoins en nouvelles capacités suite à la sortie du nucléaire. L'investissement de 2,5 milliards d’euros allait être mené pour le compte d’investisseurs qataris, mais aussi de banques suisses ou américaines, expliquait-il. Et cela sans le CRM, ce mécanisme de soutien que la Belgique est occupée à mettre en place pour ce type de projets. 

Aujourd'hui, la promesse d'investissement n'est plus considérée, apprend L'Echo. "Nous n'avons plus de nouvelles de Marc Segers depuis des mois. Nous avons entamé les discussions avec d'autres investisseurs pour la reprise du site", annonce Guy Willemot, le directeur de la centrale de Vilvorde. Celle-ci appartient au trader bulgare Energy Market, à qui BTK devait racheter le terrain nécessaire pour construire la première de ses quatre nouvelles centrales. "À Langerlo comme à Vilvorde, faute de nouvelles de BTK, on considère l'offre formulée en mai dernier comme caduque", poursuit Guy Willemot.

Une proposition douteuse, d'emblée

Derrière cette proposition à hauteur de 2,5 milliards d'euros, Marc Segers disait, en mai dernier, représenter les intérêts du géant qatari Qatargas, opérant en tant que fournisseur de gaz et investisseur. Entre-temps, Qatargas a démenti son implication dans cette proposition. Marc Segers, en réponse, maintenait que la société qatarie était bien partie prenante au projet. Aujourd'hui, le dossier semble bel et bien mort. Contacté à plusieurs reprises par nos soins, Marc Segers reste, à l'heure actuelle, injoignable.

Sur l’identité des autres investisseurs potentiels, Guy Willemot se refuse à donner des précisions pour l’instant. "Ce que je peux vous dire, c’est que l’intérêt témoigné est vif, la perspective d'entrée en application du CRM rendant le projet très attractif. Nous serons prêts quand le mécanisme sera en place", assure-t-il.

D'autres projets se précisent 

D’autres projets de centrales au gaz se précisent. Electrabel, le numéro un du marché de l’énergie en Belgique, propriétaire d’un terrain adjacent à celui de la centrale au gaz existante à Vilvorde, a déposé une demande de connexion pour une nouvelle centrale sur ce site, mais aussi pour Amercoeur et Kallo.

Eneco, numéro trois du marché, a démarré toutes les procédures pour réactiver le vieux projet d’Eni de construire une nouvelle centrale au gaz de 870 MW à Seneffe. Et il est en négociations avec Energy Market pour pouvoir disposer de toute l’électricité produite par les 255 MW de la centrale existante à Vilvorde.

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