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Le rachat de Lampiris par Total vient d'être finalisé

©BELGAIMAGE

Lampiris, détenu à 100% par Total, gardera son nom sur le marché belge, au moins pour la clientèle des particuliers.

Le géant pétrolier français Total est désormais propriétaire à 100% du fournisseur liégeois de gaz et d’électricité Lampiris. La transaction a été finalisée jeudi dernier, et le montant du rachat viré aux différents actionnaires. Selon nos informations, le prix serait de près de 180 millions d’euros. Les deux fondateurs de Lampiris, Bruno Venanzi et Bruno Vanderschueren, reçoivent donc pas loin de 60 millions d’euros chacun, tandis que les sociétés d’investissement Gimv et SRIW touchent chacune 29 millions, toujours selon nos sources – elles avaient injecté à elles deux 40 millions d’euros lors de leur entrée dans le capital, en 2013. "Le prix convenu initialement avec Total a été respecté. Aucun élément n’est venu impacter la transaction", souligne un actionnaire.

"Le développe-ment des autres pays européens se fera bien à partir de Liège." Tom van de Cruys

L’opération avait été annoncée le 14 juin, mais un certain nombre de formalités devaient être accomplies pour pouvoir concrétiser ce rachat – notamment obtenir l’accord des différentes Régions sur le maintien des licences de fourniture de gaz et d’électricité, et le feu vert des autorités de la concurrence. "Tout s’est passé sans aucun problème, nous avons donc pu clôturer selon notre calendrier le plus optimiste", commente Tom Van de Cruys, le CEO de Lampiris.

Comme prévu, la marque Lampiris sera conservée sur le marché belge, en tout cas à destination de la clientèle des particuliers. "Pour l’activité B-to-B, nous utiliserions peut-être les deux", précise le CEO de Lampiris. En France, des études de marché sont en cours pour trancher la question. "Je trouverais logique qu’on utilise la marque Total, qui a une force de frappe incroyable, même si celle de Lampiris a aussi des atouts", poursuit Tom Van de Cruys.

Bientôt dans d’autres pays européens

Mais le plus important, c’est sans doute que Total a encore confirmé son intention d’utiliser l’entreprise liégeoise pour sa croissance dans la fourniture d’électricité en Europe. "Le développement dans les autres pays, en France d’abord, ailleurs ensuite, va bien se faire à partir de la plateforme Lampiris pour tout ce qui concerne la clientèle B-to-C, annonce Tom Van de Cruys. Je deviens d’ailleurs responsable de tout le B-to-C en Europe. De quoi motiver le personnel, rassurer sur la croissance de Lampiris, et espérer la création de certains emplois supplémentaires à Liège."

le résumé

C’est officiel depuis jeudi dernier: le géant pétrolier Total est propriétaire à 100% de Lampiris.

La marque va subsister en Belgique.

Et c’est bien à partir de Liège que Total va développer son activité de fourniture de gaz et d’électricité aux particuliers en Europe.

L’entreprise créée en 2003 emploie aujourd’hui près de 300 personnes en Belgique, où elle dessert 850.000 compteurs, et 12 en France, pour 200.000 compteurs. "Une série d’opérations comme le développement des systèmes ou la gestion de la facturation se fait à partir du siège. Et il en ira ainsi pour les autres pays où nous allons nous développer", souligne Tom Van de Cruys.

Dans le radar de Lampiris: d’abord les pays dans lesquels Total est déjà actif dans la fourniture de gaz et d’électricité aux professionnels. A savoir le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Espagne.

L’interrogation Meusinvest

Avec la reprise de Lampiris, le Français Total a aussi hérité d’une participation de 4,17% dans l’invest liégeois Meusinvest, et d’un poste d’administrateur dans son conseil, jusqu’ici occupé par Bruno Venanzi. Une participation dont le sort est toujours incertain. "Nous avons appris le closing de l’opération, et un courrier est donc en route vers le CEO de Lampiris, Tom Van de Cruys, pour lui demander ce qu’il va advenir de cette participation, explique Jean-Michel Javaux, le président du holding spécialisé dans le financement des PME. Il ne cache pas qu’il aimerait conserver Bruno Venanzi, activement engagé auprès des PME de la région, dans son conseil d’administration. "Quand nous avons ouvert notre capital à quatre entreprises industrielles, c’était pour faire entrer au conseil des patrons ancrés dans la vie liégeoise, qui pouvaient partager leur expérience", souligne Jean-Michel Javaux. Si Total est vendeur, il n’est pas interdit d’imaginer que Bruno Venanzi reprenne cette participation, qui vaut quelque 200.000 euros.

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