Le tax shift a poussé le prix du diesel au niveau de l'essence

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Entre 2014 et 2018, les accises sur le diesel ont bondi de 31% alors que les accises sur l’essence ont peu bougé (+0,2%). L’inflation belge a augmenté de 2,2% au deuxième trimestre 2018, principalement à cause des produits énergétiques.

Vous l’aurez sans doute remarqué en faisant votre plein: entre le prix du diesel et celui de l’essence, c’est désormais kif-kif. Cette évolution a été voulue par le gouvernement dans le cadre du tax shift. C’est ce que montre le dernier rapport trimestriel de l’Observatoire des prix, un organisme logé au sein du SPF Économie.

L’allégement des charges sur le travail a été en partie compensée par une plus forte taxation de l’énergie, à commencer par le diesel, qui jouissait jusqu’ici d’une fiscalité avantageuse par rapport à l’essence. Cette différence de traitement ne se justifie plus vraiment aujourd’hui, surtout si l’on tient compte des critiques dont le diesel fait l’objet.

+31%
Entre 2014 et 2018, les accises sur le diesel ont augmenté de 31%, contre 0,2% seulement pour l’essence.

Entre 2014 et 2018, le prix ex-raffinerie de l’essence et du diesel a évolué de la même manière pour les deux produits (-18%). Par contre, les accises sur l’essence n’ont pratiquement pas bougé (+0,2%), alors que les accises sur le diesel ont bondi de 31%. Résultat: le prix maximum du diesel est aujourd’hui de 1,44 euro/litre, alors que celui de l’essence est de 1,47 euro/litre. Autant dire à peu près la même chose.

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L’envolée du baril

L’Observatoire des prix épingle par ailleurs que les produits énergétiques continuent d’avoir un impact prépondérant sur l’évolution de l’inflation en Belgique. Au cours du deuxième trimestre 2018, l’inflation totale a été de 2,2%, contre 1,6% au premier trimestre 2018.

L’inflation des produits énergétiques a été de 7,6% au deuxième trimestre, contre 1,7% seulement au premier trimestre.

Pour les carburants, la hausse des prix en glissement annuel a été de 11,2%. Pour le mazout de chauffage, c’est le double: +22,8%! En cause, la flambée du baril de pétrole depuis un an (+35% sur un an au deuxième trimestre).

Dans les pays voisins, la hausse des prix à un an d’écart pour l’énergie a été un peu moins forte (+6,3%) qu’en Belgique. Seule l’inflation de l’électricité a été moins élevée chez nous: alors que les prix de l’électricité en Belgique ont diminué en glissement annuel, ils ont augmenté de 2,4% dans les pays voisins. Cette évolution négative en Belgique est principalement due à la suppression, depuis le 1er janvier 2018, de la taxe supplémentaire intégrée dans la cotisation au Fonds énergie en Région flamande, la fameuse "Turteltaks" de 100 euros par ménage.

Ceci étant, d’après les chiffres de la Creg, le consommateur belge continue de payer plus cher sa facture d’électricité que les ménages des pays qui nous entourent. L’écart est de 2,7% en moyenne, toutes composantes comprises, c’est-à-dire avec les tarifs de réseaux, la TVA et les taxes diverses.

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