Le plus grand parc éolien belge en mer dans les starting-blocks

©Tristan Stedman - MHI Vestas Off

La construction de Norther, le sixième parc prévu au large des côtes belges, va pouvoir commencer. Il vient de boucler son financement pour près de 1,2 milliard d’euros.

C’est le soulagement pour les actionnaires de Norther, à savoir l’énergéticien néerlandais Eneco, le japonais Mitsubishi et l’intercommunale wallonne Nethys. Après bien des péripéties, ils viennent de boucler le financement nécessaire à la construction du plus grand parc éolien belge en mer. "Pour un projet de cette importance, cela tient toujours du demi-miracle", réagit Miguel de Schaetzen, directeur général d’Eneco Wind Belgium

"Boucler un financement de cette importance tient toujours du demi-miracle."
Miguel de Schaetzen
directeur général d’Eneco Wind belgium

Depuis qu’ils ont reçu la concession il y a sept ans, ils ont ainsi dû faire face aux difficultés financières d’Electrawinds – dont une partie importante des actifs, dont les projets de parcs offshore, ont été repris par Elicio, filiale de Nethys. Puis, il y a eu le long blocage de Stevin, le chaînon manquant du réseau électrique belge, nécessaire pour connecter davantage de parcs éoliens en mer. Ensuite, il y a eu les longues négociations avec le fédéral, qui a revu à la baisse le système de soutien à l’éolien en mer – le fixant à 124 euros par MWh, prix de l’électricité compris, pour Norther.

Des parcs bien moins chers à l’étranger

Il était moins cinq: Norther devait boucler son financement avant le 1er janvier, sous peine de passer sous un régime moins favorable. Et ces derniers temps, des appels d’offres à l’étranger ont abouti à des coûts historiquement bas: le suédois Vattenfall a ainsi remporté le projet Kriegers Flak au Danemark pour 49,9 euros par MWh. Et lundi, un consortium a remporté l’appel d’offres pour le nouveau parc de Borssele, aux Pays-Bas, pour 54,5 euros par MWh. Un consortium où figurent également Eneco et Mitsubishi, qui détiennent chacun 25% de Norther…

Ces records pouvaient faire craindre une remise en cause des projets belges. "Ces records impressionnants s’expliquent d’abord par les différences intrinsèques des différents projets, répond Miguel de Schaetzen. Norther se situe dans la courbe descendante des coûts. Aux Pays-Bas, un parc comme Luchterduinen bénéficie d’un soutien de près de 180 euros par MWh. Et la nouvelle concession pour Borrsele a été attribuée cette semaine, alors que la nôtre date d’il y a sept ans."

La Commission européenne a avalisé in extremis, la semaine dernière, le soutien belge à Norther et Rentel. "Il y a eu des discussions très intensives pour que le gouvernement belge et la Commission se rendent compte de l’importance d’agir dans les délais précis prévus par les différents textes, relate Ludo Vandervelden, directeur général d’Elicio, qui détient 50% de Norther. Mais nous sommes très heureux d’avoir pu franchir cette étape importante qu’est le financement du projet."

L’investissement total est estimé à près de 1,2 milliard d’euros. Un consortium bancaire apporte 867 millions d’euros sous forme de prêts. Les actionnaires de Norther apportent le solde.

La BEI (Banque européenne d’investissement) fournit, une nouvelle fois, la part du lion dans les crédits: elle intervient à hauteur de 438 millions d’euros. "Dans les cinq dernières années, la BEI a investi 880 millions d’euros dans des projets éoliens en Belgique, aidant ainsi à la fois à créer des emplois et à soutenir la transition énergétique", rappelle Pim van Ballekom, vice-président de la BEI,Si Norther, une fois opérationnel, n’emploiera que 16 personnes, il estime qu’il va créer 1.400 emplois directs et autant d’emplois indirects durant la phase construction.

Les autres banques sont Belfius, BNP Paribas Fortis, les néerlandaises ABN Amro et Rabobank, la française Société générale et trois banques japonaises, que le nouvel actionnaire Mitsubishi a aidé à attirer. Des garanties sont apportées par le Fonds européen pour les investissements stratégiques, qui est au cœur du plan Juncker, et l’assureur-crédit à l’exportation danois.

Le parc éolien, qui sera le plus proche de la côte, va être construit juste à côté de C-Power. Il comptera 44 éoliennes, fournies par MHI Vestas. Des éoliennes d’une puissance théorique de 8 MW, mais dont la capacité peut être portée à 8,4 MW lorsque les conditions de vent le permettent. Ce qui dote Norther d’une capacité de production de 370 MW, et en fait le plus important parc éolien belge – une capacité suffisante pour couvrir la consommation de près de 400.000 ménages.

La construction débutera au printemps 2018, et le parc devrait être opérationnel à partir de l’été 2019.

©Mediafin

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect