Les Belges peuvent désormais investir dans l'éolien en mer

©David Adriaen

Une coopérative veut lever plusieurs millions pour investir dans des projets d’énergie renouvelable. Pour la première fois, des citoyens pourront investir dans l’éolien en mer.

Le Limbourg a beau être situé loin de la côte, ce sont les communes de cette province flamande qui ont le plus investi dans l’énergie verte.

Tout a commencé avec la construction de C-Power, le premier parc éolien offshore du pays, dont les plans dataient du siècle dernier. C’est à partir de ce projet que Nuhma – aussi appelé Het Limburgse Klimaatbedrijf – s’est transformé en un holding d’investissement dans les énergies renouvelables. Il détient des participations dans quatre parcs éoliens offshore belges, dans le producteur d’électricité verte Aspiravi, l’entreprise de traitement des déchets Bionerga, les gestionnaires de réseaux Elia et Fluxys, ainsi que dans des entreprises d’ingénierie et de projets de smart cities.

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Les citoyens pourraient détenir jusqu’à 20% du capital de Nuhma, ce qui correspond à 80 millions d’euros.

Nuhma, détenu depuis longtemps par les communes limbourgeoises, souhaite aujourd’hui ouvrir son capital aux citoyens. "Nous voulons les impliquer directement dans la transition énergétique et leur proposer un investissement intéressant assorti d’un dividende", explique le CEO Ludo Kelchtermans. Une participation ouverte à tous en Belgique, même si les formalités se font pour l’instant seulement en néerlandais.

Une nouvelle coopérative

Cette initiative se matérialisera par le biais d’une nouvelle coopérative, ECO2050, qui investira directement dans les parcs éoliens offshore C-Power, Rentel et le futur parc Seamade. Depuis vendredi, les familles et les organisations peuvent souscrire les actions de la coopérative, d’une valeur de 50 euros.

Nous pensons qu’il est intéressant que les citoyens puissent investir dans un portefeuille diversifié de projets énergétiques allant des parcs éoliens terrestres aux parcs offshore, en passant par des centrales de biomasse, des parcs solaires et des réseaux de distribution d’énergie comme Elia et Fluxys.
Ludo Kelchtermans
CEO de Nuhma

Il existe déjà des dizaines de sociétés coopératives permettant aux citoyens d’investir dans des projets d’énergie locaux. On peut citer Ecopower, Aspiravi Samen, Eoly ainsi qu’Electrabel CoGreen. La plupart s’adressent aux riverains de parcs éoliens terrestres, ce qui permet d’augmenter leur soutien. ECO2050 est la première coopérative dans le secteur de l’éolien offshore.

Des intérêts en fonction du vent

ECO2050 ne détiendra aucune participation directe dans des parcs offshore. La coopérative investira via un emprunt subordonné dans Z-Kracht, la division offshore de Nuhma. L’intérêt versé sur cet emprunt sera variable. Pendant la phase de construction – plus risquée – ECO2050 percevra un intérêt de 6%. Lorsque le projet sera lancé, le taux oscillera entre 4 et 6%, selon la quantité d’énergie produite. Par conséquent, après une année très venteuse, ECO2050 réalisera davantage de bénéfices et distribuera un dividende plus élevé que lors des années où il y aura moins de vent.

"Ce financement indirect d’éolien offshore n’est qu’une première étape", poursuit Ludo Kelchtermans. L’objectif est d’ouvrir à la population une partie de la participation des communes. Les citoyens pourraient détenir jusqu’à 20% du capital de Nuhma, ce qui correspond à 80 millions d’euros. "Nous pensons qu’il est intéressant que les citoyens puissent investir dans un portefeuille diversifié de projets énergétiques allant des parcs éoliens terrestres aux parcs offshore, en passant par des centrales de biomasse, des parcs solaires et des réseaux de distribution d’énergie comme Elia et Fluxys", estime Ludo Kelchtermans.

Contrôle vigilant de la FSMA

Mais il faudra se montrer patient. "L’autorité de contrôle, la FSMA, interprète de façon rigoureuse les règles appliquées aux fonds d’investissement, c’est pourquoi nous devrions tomber sous le coup d’une réglementation très stricte, avec de nombreuses obligations de reporting et des frais importants. Et même si nous impliquons les banques pour collecter l’argent auprès des citoyens, cela coûtera très cher. Dans un tel scénario, le rendement résiduel serait insuffisant, poursuit Ludo Kelchtermans. Mais nous continuons à chercher des solutions pour permettre aux citoyens d’investir dans les projets de Nuhma."


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