Les trois stations météo de l'ULiège ont élu domicile au Groenland

L'objectif du projet est d'identifier les profils de vents présents au sud du Groenland et de comparer ces observations au modèle préalablement développé par le professeur Xavier Fettweis. ©UnuMondo

Après de nombreuses péripéties, les stations météo de l'ULiège sont enfin installées au Groenland. Objectif: étudier le potentiel éolien du territoire glacé.

En juin dernier, l'expédition Unu Mondo prenait le large vers le Groenland. A son bord, deux skippeurs, deux caméramans, un photographe et, surtout, Michaël Fonder, un chercheur de l'ULiège chargé d'une mission autant ambitieuse qu'exceptionnelle: réceptionner et installer trois stations météo sur le territoire glacé.

Baptisé Katabata, le projet a pour objectif d'étudier le potentiel éolien du sud du Groenland. Derrière, un rêve, celui de Xavier Fettweis et Damien Ernst, les deux scientifiques de l'université supervisant la mission, : la mise en place d'un réseau électrique mondial, un "global grid", reposant entre autre sur des champs d'éoliennes installés au Groenland.

Voyage mouvementé

"C'est un des dossiers les plus bordéliques sur lesquels j'ai travaillé."
Damien Ernst
Professeur à l'ULiège

Pour que ce rêve puisse devenir un jour réalité, la petite équipe de l'ULiège a passé les trois derniers mois à installer les stations sur les trois sites présélectionnés par les professeurs à l'origine du projet. Et cette entreprise fut loin d'être de tout repos. "C'est un des dossiers les plus bordéliques sur lesquels j'ai travaillé", nous confie d'ailleurs Damien Ernst. "Entre les retards de fabrication, les délais de livraison, les erreurs de montage et les conditions climatiques extrêmes, ce fut très difficile de mener la mission à bien mais notre équipe ne s'est pas découragée", ajoute-t-il.

"Entre les retards de fabrication, les délais de livraison, les erreurs de montage et les conditions climatiques extrêmes, ce fut très difficile de mener la mission à bien mais notre équipe ne s'est pas découragée", nous confie Damien Ernst ©UnuMondo

Pour autant, Damien Ernst n'est pas inquiet pour le futur du projet et "son rêve". "Maintenant, les trois stations sont en place et les données sont communiquées par satellite à l'université. Dans le futur, si l'on venait à installer des éoliennes, je doute que l'on rencontre de telles difficultés. On ne peut certes pas contrôler le climat mais des éoliennes résisteront mieux que nos stations et les moyens déployés pour l'installation seront plus conséquents", tient à rassurer le scientifique.

Hypothèses confirmées

Selon lui, la mission est donc, finalement, un succès. "Les premières données que nous avons analysées concordent avec les modèles météorologiques développés par Xavier Fettweis", se réjouit Damien Ernst. Mais il ne manque pas de tempérer: "naturellement, nous ne pourrons tirer des conclusions définitives qu'après au moins une saison d'observations".

Les stations émettront pendant trois ans. La crainte, désormais, est qu'elles ne résistent pas aux conditions extrêmes du grand Nord. La prochaine étape pour l'équipe de chercheurs consiste en l'élaboration d'une étude qui, ils l'espèrent, débouchera sur la mise en branle du "global grid" et la réalisation de leur rêve.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés