Lutte de pouvoirs chez Elia

Le poste de Miriam Maes comme présidente du conseil d'administration d'Elia est en jeu, mais aussi la question de sa prolongation comme administratrice indépendante. ©THIERRY ROGE/BELGAPLUS

Les grandes manœuvres sont en cours chez le gestionnaire du réseau belge à haute tension Elia. A la clé: la présidence, mais aussi la composition du conseil d’administration.

C’est, en principe, mardi que tout devrait se jouer. L’Open VLD Geert Versnick, qui devait succéder à Miriam Maes à la présidence d’Elia , a renoncé à se présenter à ce poste, annonçait ce week-end De Standaard. En cause: les scandales autour des cumuls de mandats, mais surtout son implication dans le dossier Optima.

Toutefois, il n’y a pas encore d’accord au sein de Publi-T, l’actionnaire qui regroupe les intérêts des communes et détient 45,08% de la société cotée, pour savoir qui va la remplacer. De Standaard évoque les noms de Bernard Gustin et Rudy Provoost. Bernard Gustin, le patron de Brussels Airlines, est présenté ce mardi à l’assemblée générale d'Elia comme nouvel administrateur indépendant. Rudy Provoost, l’homme d’affaires qui a fait une bonne partie de sa carrière chez Philips, est lui proposé par la N-VA comme administrateur représentant Publi-T. La perspective de son arrivée à la présidence du conseil d’administration d’Elia fait grincer des dents côté francophone. "Deux hommes de la N-VA à la tête d’Elia, ça ferait beaucoup" lâche un proche du MR. C’est que Chris Peeters, le CEO d’Elia, qui a travaillé aux côtés d’Herman De Bode chez McKinsey, est réputé être proche du parti de Bart De Wever. Un troisième candidat pourrait toutefois émerger en dernière minute, entend-on.

Ce n’est pas le seul enjeu de l’assemblée générale et du conseil d’administration programmés ce mardi chez Elia. Il y aurait un accord au sein des partis flamands pour ne pas prolonger Miriam Maes comme administratrice indépendante, apprend L’Echo.

La raison n’en est pas très claire, mais elle pourrait s’expliquer par les traces laissées par l’éviction de Jacques Vandermeiren, le précédent CEO d’Elia, éviction dans laquelle la présidente avait joué un rôle de poids. Un scénario qui lui aussi, crée un malaise au sein d’une partie du conseil d’Elia.

Un indépendant pas très indépendant

A quelques heures de ces réunions décisives, on se compte chez Elia. Et du coup, ça commence à balancer. Certains relèvent que Bernard Gustin a conseillé Gérard Mestrallet lors de la fusion entre Suez et GDF, et que son arrivée au conseil d'Elia signifie donc le retour discret d'Electrabel...

Un raisonnement un peu tiré par les cheveux, destiné sans doute à contrecarrer les critiques virulentes d'autres proches du dossier sur la personnalité de Frank Donck, administrateur indépendant d’Elia. Début 2016, il a racheté, via 3D Investments, la société qu’il dirige et dont il est actionnaire, Pauwels Consulting. Une entreprise qui a pour client important… Elia. Or les statuts du gestionnaire de réseau prévoient qu’un administrateur indépendant ne peut fournir ou avoir fourni durant la dernière année des biens ou services à la société, directement ou comme associé, administrateur ou cadre supérieur… Une condition qui n’est manifestement plus remplie ici.

Les heures qui suivent s’annoncent à haute tension.

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