Marghem promet un hiver sans black-out

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La ministre de l’Énergie, Marie Christine Marghem, estime qu’une série d’éléments permettent de dire qu’il n’y aura pas de pénurie d’électricité en Belgique cet hiver.

Vortex ou pas, les risques de black-out qui ont menacé la Belgique s’éloignent pour cet hiver.

Rappelez-vous, c’était en septembre dernier. Electrabel annonçait la prolongation des arrêts des réacteurs nucléaires de Tihange 2 et 3, soit une capacité de production de 2.000 MW. Mise devant le fait accompli, la Belgique s’apprêtait à affronter le début du mois de novembre avec un seul réacteur atomique en activité sur les sept que compte le royaume. Au total, ce sont 4.000 MW de production indisponibles, soit environ un tiers des besoins en consommation d’électricité en heure de "pointe" évalué par la Creg à 13.000 MW.

"D’une situation très problématique, on est passé à une situation tout à fait normale qui ne génère plus d’inquiétudes particulières jusqu’à la fin de l’hiver."
Marie Christine Marghem

Si certains prédisaient un chaos électrique pour cet hiver avec des délestages d’électricité dans de nombreuses communes du pays, la situation semble finalement revenir tout doucement à la normale et les risques de pénurie d’électricité s’éloignent. C’est du moins ce qu’annonce la ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem (MR). "D’une situation très problématique, on est passé à une situation tout à fait normale qui ne génère plus d’inquiétudes particulières jusqu’à la fin de l’hiver", affirme la ministre après avoir rencontré ce mercredi les experts de la Task Force composée des principaux acteurs de l’énergie (Electrabel, Elia, la Creg...) et chargée de trouver des solutions pour éviter un black-out.

Cette bonne nouvelle – qui ne devrait pas être plombée par une éventuelle arrivée d’un vortex polaire estime Marie Christine Marghem – est principalement rendue possible par le retour progressif de plusieurs capacités de production nucléaire sur le marché depuis janvier alors le début d’année est généralement considéré comme une période critique pour l’approvisionnement énergétique en Belgique.

Etape cruciale pour la sortie du nucléaire

Bien qu'en affaires courantes, le gouvernement doit adopter vendredi le texte encadrant le mécanisme de rémunération de la capacité, qui doit garantir une capacité de production suffisante pour permettre la sortie du nucléaire en 2025.

"Si nous voulons réussir la sortie du nucléaire, il est fondamental de faire passer ce texte avant les élections du mois de mai. Il n'y a pas de plan B", assure la ministre de l'Energie Marie Christine Marghem qui appelle les groupes politiques qui soutiennent la sortie nucléaire à voter ce texte au Parlement. "Le prochain gouvernement pourra alors mettre aux enchères les capacités en 2021 et il restera quatre ans pour construire ces centrales à gaz."

 

 

Sortons la calculette. Depuis janvier, après le redémarrage de Doel 4 et Tihange 3, quatre des sept réacteurs nucléaires présents en Belgique sont pour le moment opérationnels et produisent 4.000 MW. "Les températures actuelles couplées au probable retour de Doel 2 (environ 460 MW, NDLR) et à l’interconnexion électrique Nemo avec le Royaume-Uni, d’une capacité de 1.000 mégawatts, garantissent l’approvisionnement en électricité jusqu’à la fin de l’hiver", assure la ministre.

Il faut également intégrer dans l’équation les capacités supplémentaires de 1.300 MW mises à disposition par les opérateurs. Elles proviennent notamment de centrales à gaz remises en fonction et de l’augmentation des capacités existantes dans le parc d’Electrabel à travers notamment des générateurs au diesel.

Parallèlement à ce retour à la normale sur le front de la production d’électricité, la ministre souligne que "le niveau des prix (des électrons, NDLR) est redescendu pour revenir à la situation connue avant septembre". Il faudra cependant encore attendre plusieurs mois pour évaluer complètement l’impact des récentes hausses de prix sur la facture du consommateur. "On ne pourra le faire que lorsqu’une année sera écoulée", précise la ministre Marghem qui se montre néanmoins favorable pour un vaste débat au Parlement sur une baisse des prix de l’électricité. "Je suis personnellement favorable à une baisse de la TVA mais il y a d’autres solutions comme la création de catégories de consommateurs. Mais cela doit être soutenable sur le plan budgétaire car il ne faut pas oublier que ce gouvernement fonctionne en douzièmes provisoires."

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