Nethys met l'activité Resa en dehors du groupe

©Anthony Dehez

Le nouveau conseil d’administration de Nethys adopte le principe d’autonomisation de Resa, l’activité de distribution d’énergie. Mais il prévient qu’il réduira ses investissements et son essor. A noter aussi, la démission de Philippe Delaunois du CA de Nethys et de celui des Éditions de l’Avenir.

Après plus de 5 heures de réunion, le nouveau conseil d’administration (CA) de Nethys, composé de professionnels, a annoncé les premières décisions qui guideront l’avenir du groupe. Le nouveau CA adopte le principe d’autonomisation de Resa, l’activité de Gestionnaire de réseau de distribution (GRD) d’énergie du groupe. Il s’inscrit ainsi dans les orientations voulues par le gouvernement wallon, mais prévient qu’elles n’augurent rien de bon pour l’avenir de Nethys. "Dans l’état actuel des textes, les conséquences seront lourdes pour les activités du groupe Nethys et réduiront ses capacités d’investissements, de diversification et de consolidation de son propre développement. En dépit du fait que l’autonomisation de Resa est un des éléments de déstabilisation du groupe, le conseil d’administration a décidé de s’inscrire positivement dans cette démarche en vue d’une mise en œuvre dans les délais requis", a indiqué mardi soir le nouveau CA du groupe.

Vu la formulation de sa décision, celui-ci invite les observateurs à tourner les yeux vers l’exécutif régional, si d’aventure la mise à l’écart de Resa devrait entraîner une restructuration et des réductions d’emplois. Car une entreprise qui n’investit pas assez est menacée dans son développement. Elle pourrait être une proie facile pour un acteur plus important.

Resa est considérée comme la vache à lait du groupe. Cette activité a réalisé un chiffre d’affaires 263,1 millions d’euros et un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 120 millions d’euros en 2016. Son bénéfice net s’élève à environ 44,4 millions dont 19,3 millions pour la distribution de gaz et 25 millions pour la distribution d’électricité.

La réunion a commencé à 15h, mais à l’heure de boucler cette éditop, elle n’était pas encore finie. Le nouveau CA va demander au bureau de conseil McKinsey d’intégrer la nouvelle donne dans la réflexion sur les différents scénarios possibles du groupe et l’adaptation de ses règles de gouvernance. Car dit-il, "les dispositions gouvernementales modifient fondamentalement les paramètres de gestion du groupe et de Nethys".

Projets urgents à boucler

Jusqu’à présent, on prêtait au nouveau gouvernement wallon l’intention d’œuvrer pour un rapprochement entre Resa et Ores, l’autre GRD wallon. Mais, selon nos informations, il n’est plus question de fusionner les deux. "Resa et Ores doivent au moins se parler et, si possible, voir s’ils peuvent faire des choses ensemble", dit-on au cabinet du nouveau ministre wallon de l’Energie, Jean-Luc Crucke (MR).

Selon des observateurs, la santé financière de Resa serait bien meilleure que celle d’Ores. Des analyses ont déjà montré qu’une fusion des deux GRD entraînerait une augmentation des tarifs d’électricité pour les clients de Resa.

Sur un autre plan, le nouveau conseil demande à McKinsey d’analyser aussi la situation du management de Nethys et ses rémunérations. Ce qui signifie que le point concernant le sort du directeur général Stéphane Moreau est renvoyé à plus tard. En attendant les conclusions de ces différentes analyses, le CA demande aux "équipes de travailler ardemment aux projets devant impérativement être clôturés avant la fin de l’année, que ce soit en matière d’énergie, de télécoms ou du portefeuille de participations".

Autre info à signaler: la démission de Philippe Delaunois du CA de Nethys et de celui des Éditions de l’Avenir (EDA). Pour "des raisons personnelles", mais ce serait pour divergences de vues sur la conduite des EdA. Reste à savoir s’il sera maintenu dans sa mission qu’il mène pour le groupe Nethys dans Nice Matin...

 

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