Pourquoi GE a perdu plus de 7% lundi à Wall Street

©REUTERS

General Electric, dont la capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards de dollars depuis janvier, met en place un plan pour redresser la barre. Il passe par des cessions d'actifs et des milliers d'emplois supprimés. Le titre a perdu plus de 7% à la Bourse de New York lundi.

Le couperet est tombé: General Electric veut supprimer des milliers d'emplois. Il ne donne toutefois aucune précision sur le nombre exact, ni les régions concernées. La branche GE Power, qui comprend le français Alstom, devrait toutefois connaître une grande refonte pour faire face aux évolutions du marché de l'énergie. Même son de cloche pour le personnel de la recherche, du numérique et du siège. Leurs effectifs (24.000 salariés environ) devraient être réduits de 25%.

Les effectifs de GE ont déjà diminué de 11% l'an dernier comparé à 2015. GE employait en effet 333.000 personnes fin 2015 et n'en avait plus que 295.000 fin 2016.

Pourquoi un tel plan? En difficulté, General Electric tente de redresser la barre. Le fabricant des moteurs d'avions et des turbines a vu sa capitalisation boursière fondre de plus de 100 milliards de dollars depuis janvier. "Nous agissons dans l'urgence pour rendre GE plus simple et fort afin de créer de la croissance et de la valeur pour les actionnaires", explique John Flannery, CEO de GE.

La présentation du plan de redressement ne semblait toutefois pas séduire le marché où l'action plongeait de plus de 5% vers 17h30. Depuis le début de l'année, l'action a perdu plus de 38% de sa valeur face à de mauvais résultats financiers et des doutes sur la stratégie à long-terme du groupe centenaire. 

Donc, outre l'emploi, GE compte aussi agir sur d'autres postes.

→ Un recentrage opérationnel sur trois activités: 

♦  L'aéronautique
♦  La santé
♦  L'énergie

→ Cessions d'activités:

GE a l'intention de céder pour plus de 20 milliards de dollars (17 milliards d'euros), notamment dans les activités de transport et des services d'électricité. 
Il va en outre aussi se désengager du groupe de services pétroliers américains, Baker Hughes, dont il a le contrôle. Il ne pourra cependant pas le faire avant 2019, selon un accord conclu lors du rachat de Baker Hughes l'an dernier.

Lors d'une présentation aux investisseurs, le groupe américain a expliqué vouloir concentrer ses efforts sur les domaines où il décèle le meilleur potentiel de croissance et dispose des bonnes technologies, d'une taille critique et d'une large base de clientèle installée, et où ses logiciels lui permettront d'améliorer ses performances.

John Flannery, CEO de GE ©Bloomberg

Et que penser d'Alstom, acquis pour 13,5 milliards de dollars? "Alstom s'est révélé très décevant, en dessous de nos attentes. En un mot, n'attendez rien du côté des fusions-acquisitions à court terme", a répété le dirigeant.

Il pointe du doigt le temps nécessaire pour conclure l'opération et les piètres performances d'Alstom dans les énergies renouvelables.

→ Refonte du conseil d'administration :

GE va ramener de 18 à 12 membres son conseil d'administration, qui accueillera trois nouvelles personnalités en 2018. La rémunération des dirigeants sera désormais liée à la performance de l'entreprise et de l'action.

→ Révision de ses prévisions :

GE s'est fixé un objectif de bénéfice par action compris entre 1 et 1,07 dollar pour l'année prochaine. Il s'agit d'un recul par rapport à sa précédente prévision (2 dollars).

GE annonce aussi une réduction de moitié de son dividende trimestriel à 12 cents. C'est la troisième fois de son histoire - avant cela durant la Grande Dépression et durant la crise financière de 2009 - que le conglomérat fondé il y a 125 ans abaisse son dividende. La réduction de dividende ramènera à 48 cents le paiement annuel, soit un rendement pour l'action de 2,34% sur la base du cours de clôture de vendredi à 20,49 dollars. GE espère que cette réduction permettra d'économiser quelque 4 milliards de dollars.

"Les chiffres annoncés traduisent une performance industrielle inférieure aux objectifs et un consensus des attentes de résultats qui selon nous reste trop élevé", déclare Stephen Tusa, analyste chez JP Morgan.

John Flannery est devenu PDG le 1er août avec pour mission de donner un nouveau souffle au groupe, qui s'est déjà séparé entre autres lors des dernières années des studios Universal, de la chaîne de télévision NBC, de ses actifs financiers et ses activités dans l'électroménager.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content