Pourquoi pas un emprunt Marghem pour les parcs éoliens?

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Marie-Christine Marghem, la ministre fédérale de l'Energie, souhaite que les citoyens puissent profiter du rendement des éoliennes en mer.

La ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem (MR) ne se montre qu’à demi-surprise de la sortie de son collègue Philippe De Backer (Open VLD), secrétaire d’État à la Mer du Nord. Il veut annuler les concessions attribuées aux trois derniers parcs éoliens belges en mer.  

2 millions €
Le consommateur paie 2 milliards d’euros par an pour le renouvelable, selon une étude de l'UGent.

"Nous connaissions l’étude juridique qu’il avait commandée pour savoir quel était le statut juridique de ces concessions, les possibilités d’en sortir, et avec quelles conséquences" explique la ministre. Elle le rejoint sur l’importance de tenir compte des évolutions du marché, et d’arriver à des niveaux de soutien beaucoup moins élevés pour les prochains parcs, pour éviter un impact trop lourd sur la facture des consommateurs. "L’université de Gand a calculé que le consommateur paie déjà 2 milliards d’euros par an actuellement pour le renouvelable. Le sujet est devenu extrêmement sensible, en particulier dans le nord du pays. Certains n’hésitent pas à comparer la facture d’électricité à une deuxième feuille d’impôts. Ce n’est pas pour rien qu’après avoir déjà porté le couteau dans la plaie pour Norther et Rentel, nous avons demandé à la Creg une étude sur le niveau de soutien adéquat pour les prochains parcs, dont les conclusions ont été rendues publiques en janvier", souligne la ministre.

Un intercabinet se penchera la semaine prochaine sur la proposition du secrétaire d’État à la Mer du Nord de retirer les concessions attribuées aux trois derniers parcs. "Mais je pense que tant que nous n’avons pas reçu l’étude commandée par le secteur de l’éolien offshore à PwC pour déterminer si certains points sont à affiner dans le travail de la Creg, ce retrait n’est pas à l’ordre du jour, même s’il s’accompagnerait d’un appel d’offres européen qui aurait l’avantage de permettre de comparer les prix sur une surface critique intéressante, alors que ce système de concessions empêche toute concurrence et nous laisse pieds et poings liés." Cette étude de PwC devrait être finalisée dans les prochains jours, entend-on.

"Il faut voir si l’idée est réalisable. Mais cela aurait le mérite de redonner quelque chose au citoyen."
Marie-Christine Marghem
ministre de l’Énergie

Pour la ministre, rien n’empêche une discussion constructive avec les actionnaires des trois parcs concernés. "Mais ce qui est clair, c’est que le niveau de soutien doit drastiquement diminuer. Il faut des investisseurs qui acceptent de prendre un minimum de risques. Le schéma actuel a atteint ses limites."

À défaut, Marie-Christine Marghem n’exclut pas un décalage dans le temps de la construction des parcs, qui devrait permettre de voir les coûts baisser encore davantage. "Bien sûr, il y a les objectifs européens que la Belgique doit respecter. Mais imaginez qu’on déplace de deux ou trois ans la construction des parcs, en construisant 1.400 MW de plus que les 2.000 MW programmés… Regardez ce qui s’est passé dans le photovoltaïque, où les coûts ont fortement baissé: c’est une leçon qu’il faut retenir."

Parallèlement à cette démarche centrée sur une réduction drastique du soutien à l’éolien en mer, la ministre imagine qu’il pourrait être possible d’intéresser les citoyens à ces investissements. "Cela fait un moment que je caresse l’idée de permettre au citoyen de participer à ces parcs éoliens en mer. Même si leur soutien diminue, le retour sur investissement reste intéressant. Et quand on voit le système de coopératives dans l’éolien onshore, les gens ont l’air très contents de pouvoir s’approprier ces initiatives. Il faut voir si l’idée est réalisable techniquement et financièrement. Mais cela aurait le mérite de redonner quelque chose au citoyen." Une sorte d’emprunt Marghem, donc. "Il doit bien y avoir dans ce pays des banques capables d’étudier la faisabilité d’un tel projet", conclut la ministre.

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