Qatargas nie tout rôle dans un projet de centrales en Belgique

©RV DOC

La société qatarie Qatargas, premier producteur mondial de GNL, nie être impliquée dans le projet de construction de quatre nouvelles centrales au gaz en Belgique. Marc Segers, un des porteurs du projet, confirme de son côté l'implication de Qatargas. Imbroglio.

Il y a deux semaines, Marc Segers, directeur opérationnel de BTK, avait fait la tournée des médias pour annoncer la grande et bonne nouvelle. La société BTK, fraîchement installée au Grand-Duché de Luxembourg, annonçait avoir 12 milliards d'euros à investir dans l'énergie en Europe. Son plan pour la Belgique? Construire quatre centrales électriques au gaz d'une capacité totale de 3080 mégawatts (MW), de quoi mettre au frigo le risque de pénurie énergétique!

Dans un premier temps, Marc Segers était resté discret quant à l'identité des pourvoyeurs de fonds de ce nouvel acteur de l'énergie. In fine, il avait admis que Qatargas, le premier producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), était de la partie

A la question de savoir qui était réellement BTK, Marc Segers avait répondu à nos confrères du "Soir" qu'il s'agissait d'une société de management fondée après l'annonce par le gouvernement qatari de sa volonté d'augmenter sa production de gaz. "Pour atteindre cet objectif, deux fonds ont été créés au Luxembourg, gérés par BTK et alimentés dans un premier temps par la société publique Qatargas". Dans la presse flamande, Marc Segers s'était encore montré plus loquace, expliquant qu'il avait déjà un accord avec Qatargas portant sur la livraison de gaz naturel à des conditions avantageuses.

Démenti de Qatargas

A priori, il n'en est rien. Ce jeudi, Qatargas a publié un démenti en des termes qui laissent peu de place au doute. Qatargas y explique que la presse belge a récemment fait état d'un projet d'investissement portant sur la construction de centrales électriques au gaz en Belgique, un projet géré par le holding BTK, co-managé par Marc Segers. Certains articles de presse, dit encore Qatargas, reprenaient des déclarations de Marc Segers impliquant la société qatarie dans ce projet. On pouvait lire que Qatargas avait investi des fonds dans l'aventure et qu'il s'était engagé à fournir du gaz à des conditions avantageuses. Mais, en fin de communiqué, la société qatarie dément avoir le moindre lien avec BTK ou avec Marc Segers. Voilà qui va renforcer le camp de ceux qui ne croyaient pas en la viabilité du projet.

Doutes du secteur

L'idée de BTK consistait à mettre la main sur les sites de Vilvorde et de Langerlo pour y installer quatre (deux fois deux) centrales au gaz d'une capacité de 870 MW chacune. Le montant total de l'investisement s'élevait à 2,5 milliards d'euros pour une capacité totale de 3,5 GW. Une telle capacité correspond, à peu de chose près, à la totalité des besoins exprimés par Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension, à la suite de la fermeture du nucléaire.

A partir de 2022, date de mise en service de notre première centrale, Qatargas sera notre seul fournisseur de gaz à partir de Zeebrugge.
Marc Segers

La nouvelle, tombée pile avant les élections, avait réjoui la ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem. Cette dernière avait évoqué "une excellente nouvelle pour la transition énergétique, la sécurité d'approvisionnement et pour des investissements dans des alternatives au nucléaire."  

Des acteurs du secteur s'étaient montrés plus prudents. Voire sceptiques. "Les plans de BTK semblent trop beaux pour être vrais", avait glissé un concurrent potentiel de BTK. Par ailleurs, il n'était pas certain que le site de Vilvorde puisse accueillir deux centrales de 870 MW et, à Langerlo, des études de faisabilité devaient encore être réalisées. D'après nos informations, rien n'indique que les négociations pour mettre la main sur les sites de Vilvorde et de Langerlo auraient abouti

Marc Segers confirme

Contacté au Qatar, où il réside, Marc Segers persiste et signe. BTK est le holding de tête, le nom de la société opérationnelle est EG Luxembourg (EGL) et Marc Segers n'est qu'un des associés qui, a priori, ne traite pas en ligne directe avec le Qatar. Pour lui, il est donc tout à fait possible que le Qatar ne connaisse ni le nom de BTK ni le sien.

©Photo News

Mais, et Marc Segers, est totalement affirmatif, Qatargas fait bel et bien partie intégrante du projet des quatre centrales électriques qui devraient voir le jour en Belgique. "A partir de 2022, date de mise en service de notre première centrale, Qatargas sera notre seul fournisseur de gaz à partir de Zeebrugge", nous a-t-il expliqué, sans pouvoir plus entrer dans les détails car tenu par une série de clauses de confidentialité. 

Enfin, Marc Segers confirme que tous les documents concernant l'achat des sites de Vilvorde et de Langerlo étaient signés. "Une réunion s'est récemment tenue à Genk concernant le site de Langerlo", nous a-t-il encore expliqué, ajoutant qu'il ne fallait plus que procéder au paiement pour que BTK soit le propriétaire des sites convoités. Affaire à suivre de très près. 

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