Suspense sur la facture d'électricité des Wallons

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Il y a à nouveau menace d’une hausse de la surcharge pour les certificats verts wallons. En cause: une décision de la Creg du 23 février.

Augmentera, augmentera pas? Le suspense au sujet de la facture d’électricité des Wallons est relancé. Il y a à nouveau menace d’une hausse de la surcharge pour les certificats verts. De quoi mettre le gouvernement wallon, très soucieux d’éviter un alourdissement de la facture, sous pression.

On se souvient que fin décembre, le régulateur fédéral avait adopté un projet de décision qui donnait un sursis à la Région wallonne. La Creg proposait de postposer la décision sur cette augmentation au 1er octobre. L’espoir? Que cette augmentation de la surcharge pour les certificats verts n’ait alors plus de raison d’être, parce que le gouvernement wallon aurait entre-temps mis en œuvre le mécanisme de "temporisation" sur lequel il travaille et dont il promet qu’il sera effectif pour l’été ou le début de l’automne – il s’agit d’une sorte de nouvelle mise au frigo de certificats verts en surnombre. Mais Elia ne l’a pas entendu de cette oreille.

65 €
Elia est obligé de racheter les certificat verts à 65 euros pièce.

Pour rappel, malgré une première mise au frigo d’un paquet de certificats verts confié à l’intercommunale Ecetia, et la révision à la baisse des subsides au photovoltaïque, le système de financement du renouvelable wallon est à nouveau en déséquilibre. Les certificats verts affluent donc chez Elia, le gestionnaire du réseau belge à haute tension, obligé de les racheter à 65 euros pièce. Et la surcharge de 13,8159 euros par MWh qui finance cette obligation ne permet plus à Elia de couvrir ses coûts, comme la réglementation prévoit qu’elle devrait le faire. Un trou a commencé à se creuser dans les comptes d’Elia au deuxième semestre 2016. Il atteignait près de 44 millions fin septembre, et 51,6 millions fin décembre. Et cela ne devrait pas s’arranger.

Demande d’augmentation de la surcharge

Elia a donc introduit le 31 octobre 2016 auprès de la Creg une demande d’augmentation de cette surcharge, pour la faire passer à 21,5859 euros par MWh dès le 1er janvier 2017. Dans son projet de décision du 23 décembre, la Creg a manifesté son intention de rejeter la proposition d’Elia, tout en se déclarant prête à accepter ultérieurement une autre demande d’augmentation si l’opération de temporisation n’était pas effectivement mise en œuvre au 1er octobre 2017. Le régulateur voulait en effet éviter un effet yo-yo, avec des tarifs qui augmentent quelques mois pour redescendre ensuite.

Ce projet de décision de la Creg a fait bondir le gestionnaire de réseau. Il juge "raisonnable" et "inéluctable" cette augmentation. Et il se pose de sérieuses questions sur l’opération, qu’il s’agisse du calendrier de mise en œuvre ou de la "faisabilité technique" et la "solidité juridique" du projet.

41,18 €
La hausse de la surcharge acceptée par la Creg pour le 1er octobre signifierait une hausse de la facture d’électricité moyenne des Wallons de 41,18 euros.

Après plusieurs échanges avec le régulateur fédéral, il a toutefois accepté de formuler une proposition alternative. À défaut de voir accepter sa demande de porter la surcharge à 21,5859 euros par MWh début 2017, il a réclamé une hausse de cette surcharge à 23,5394 euros par MWh au 1er octobre. Une hausse que la Creg a acceptée le 23 février dernier, a appris L’Echo, avec toutefois une échappatoire pour le gouvernement wallon: cette augmentation n’entrera pas en vigueur si à cette date le gouvernement wallon a désigné le ou les personnes chargées d’effectuer les opérations de temporisation, et qu’un arrêté ministériel fixe les quantités maximales de certificats verts que ces personnes doivent acquérir au trimestre suivant.

Cette augmentation, que le gouvernement wallon cherche à tout prix à éviter, est loin d’être anodine: elle signifie, pour un ménage moyen, une hausse de 41,18 euros de la facture d’électricité annuelle, TVA comprise. "Le timing est maintenant fixé officiellement. Nous savons qu’il y a urgence et que nous devons travailler rapidement", réagit le cabinet du nouveau ministre wallon de l’Énergie Christophe Lacroix (PS). Le cahier des charges qui doit permettre au gouvernement de désigner le ou les organismes temporisateurs est cours d’élaboration, et la modification du décret électricité va passer très prochainement en seconde lecture au gouvernement, précise le cabinet.

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