Thomas Spitaels se retire de l'éolien en mer

Thomas Spitaels. ©Emy Elleboog

TTR, filiale du groupe TPF de Thomas Spitaels, a vendu le gros de sa participation dans le projet de parc éolien en mer Northwester 2 à Parkwind, la société du groupe et de la famille Colruyt.

Gros changements dans l’actionnariat de Northwester 2, un des trois projets de parc au large des côtes belges qui doivent encore boucler leur financement.

La société d’énergie TTR, détenue à 50% par le groupe d’ingénierie TPF dirigé par Thomas Spitaels et à 50% par Gauthier De Potter, le CEO de TTR, a en effet revendu 38% des 48% qu’elle détenait dans le projet à la société Parkwind. Cette dernière est détenue à 60,13% par le groupe Colruyt , avec comme autres actionnaires la famille Colruyt et la société publique d’investissement flamande PMV. Parkwind a aussi racheté les 8% de la société de capital-risque Wagram Invest, et dispose d’une option d’achat sur les 10% encore détenus par TTR, apprend L’Echo. Le groupe Colruyt, qui détenait déjà en direct 30% de Northwester 2, est donc désormais clairement aux manettes du projet.

Parkwind, un acteur qui monte

Ni chez Parkwind ni chez TTR nous n’avons réussi à obtenir d’explications sur les motivations de ces transactions. Dans le secteur, on évoque la volonté de Parkwind de continuer à construire son expérience dans le développement des parcs éoliens offshore en Belgique pour ensuite la valoriser à l’étranger.

Après avoir déjà construit avec succès trois parcs belges en mer, Parkwind annonçait d’ailleurs il y a quelques jours sa première incursion hors frontières: il a pris une participation stratégique dans Oriel Wind Farm, un projet éolien en mer en Irlande. Un pays où l’éolien offshore en est encore à ses balbutiements, et où Parkwind compte bien apporter son expertise. Il est aussi un des dix candidats à la construction d’un parc au large de Dunkerque en partenariat avec le français Valeco.

600 millions €
TTR a cédé 38% de Northwester 2, un projet de parc éolien belge en mer dont l’investissement va vraisemblablement dépasser les 600 millions d’euros.

Et le moment était sans doute venu pour TTR de valoriser sa participation dans un projet qui, s’il se concrétise, va mobiliser d’énormes moyens financiers – l’investissement total pour ce parc de 224 MW va vraisemblablement dépasser les 600 millions d’euros. Un projet qui, pour la petite histoire, est né de la scission de Mermaid, la concession obtenue par Electrabel et 8 autres partenaires, à son concurrent malheureux, Northwester 2.

À l’époque où il s’est lancé dans la bataille de l’éolien offshore, TPF l’avait fait en partenariat avec Transcor Astra, contrôlé par la CNP d’Albert Frère. Mais depuis, Transcor Astra s’est retiré de leur structure commune, TTR.

"Ce genre de transactions est tout à fait courant dans le secteur", commente Frank Coenen, pionnier de l’éolien en mer en Belgique, qui détient via sa société InControl 14% de Northwester 2. "Chez Belwind ou chez Northwind également, à un moment, les grands actionnaires ont pris davantage de poids, pour permettre au management d’aller plus vite."

Northwester 2 vient d’ailleurs tout récemment de procéder à une augmentation de capital de 500.000 euros afin de pouvoir financer les dépenses nécessaires au développement du projet. Un projet qui fait toujours, comme Seastar et Mermaid, l’objet de discussions avec la ministre fédérale de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR) et le secrétaire d’État à la mer du Nord, Philippe De Backer (Open VLD), afin de déterminer le niveau de soutien dont il va bénéficier.

Mais pourquoi ne pas avoir attendu la clôture de ces négociations décisives pour procéder à ces transactions? "Les discussions étaient en cours depuis longtemps, et notre vocation est de fournir du capital d’amorçage, pas d’accompagner les projets jusqu’à leur terme", répond Michel Helbig de Balzac, CEO de Wagram Invest. Il indique toutefois qu’une partie du prix de cession est conditionnée à l’obtention d’un niveau de soutien qui permette à l’investissement de se faire.

On n’en saura pas plus, sauf que les comptes 2016 de TTR indiquent que la cession de la participation dans Northwester 2 a dégagé une plus-value de près de 7,5 millions d’euros – une participation alors isolée dans une autre société du groupe, nous revient-il.

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