Total achète Lampiris pour plus de 150 millions

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Total s'offre 100% des parts du fournisseur d'énergie verte belge. Pourquoi? Quelle est donc la stratégie du groupe pétrolier français?

Lampiris, lancé en 2003 par Bruno Venanzi (président du Standard de Liège) et Bruno Vanderschueren, passe dans des mains françaises. Le groupe pétrolier français Total a confirmé le rachat du fournisseur d'énergie belge pour un montant compris entre 150 et 200 millions d'euros. Cette acquisition, signée ce mardi, devrait être clôturée à l'automne après avoir obtenu l'aval des autorités compétentes du transfert de la licence Lampiris au Français.

Total s'offre les 100% des parts, à savoir les 66% détenus à part égale par les fondateurs Bruno Venanzi et Bruno Vanderschueren, les 32% détenus par la SRIW et la GIMV, et le solde des actions détenus par le management.

Les différentes parties ont annoncé le maintien du siège de Lampiris à Liège. Les quelque 800.000 clients belges devraient voir la marque se maintenir. La question est plus ouverte en France où Lampiris compte quelque 175.000 clients.

L'emploi devrait également se maintenir. C'était d'ailleurs une des conditions de la SRIW à sa cessation des parts.

Pour la Gimv, cette sortie aura un impact positif net de 3,5 millions d’euros sur la valeur des fonds propres au 31 mars 2016.

 

L'intérêt de Total

L'objectif de Total en rachetant Lampiris est le développement de son activité "B to C", alors qu'elle est déjà bien implantée dans l'activité  "B to B". Ce pan de l'activité sera ainsi développé au départ de la plateforme de Lampiris. D'autres acquisitions ne sont pas exclues.

Qui dit développement dit croissance du fournisseur belge. Avec une part de marché actuelle de 10 à 12%, Total ne cache pas ses ambitions d'arriver à 15% dans le marché gazier belge et de 10% dans le marché de l'électricité.

Total a démarré fin 2013 en Belgique Total Power & Gas, pour commercialiser du gaz, puis de l'électricité, qui a rapidement atteint le stade de la rentabilité. Sa cible jusqu'ici? Les professionnels, qu'il s'agisse d'indépendants, de PME ou de collectivités, voire d'industriels.

La saga

50 millions d'euros
Avec 33% des parts en main, Bruno Venanzi va toucher au moins 50 millions d'euros.

Bruno Venanzi, un des deux fondateurs de Lampiris, avait affirmé publiquement dès mars 2015 qu'une consolidation s'annonçait dans le secteur de l'énergie en Belgique. Les marges ont en effet fondu, et la plupart des acteurs du secteur sont désormais dans le rouge. Mais il affirmait alors que le fournisseur d'énergie liégeois y participerait en mode "achat". Petit à petit, il est apparu que Lampiris examinait toutes les options - y compris une fusion ou une vente à un plus grand joueur. À l'automne dernier, la banque d'affaires Leonardo a été chargée de prendre contact avec de grands joueurs du secteur de l'énergie pour voir quelles parties pourraient être intéressées.

Lampiris, spécialisé dans la fourniture d'électricité verte et de gaz, a réalisé lors de son dernier exercice comptable, qui s'étalait sur 21 mois, un chiffre d'affaires de près de 1,7 milliard d'euros pour un bénéfice d'exploitation de 16,3 millions d'euros et une perte nette de 2,7 millions. Comme les autres fournisseurs, Lampiris a souffert d'un marché de plus en plus concurrentiel et de conditions climatiques exceptionnellement douces durant l'hiver 2014.

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