Un demi-million de personnes réclament la fermeture de Tihange 2 et Doel 3

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C'est la plus grande pétition anti-nucléaire en Belgique. 506.003 personnes, dont des Néerlandais et des Allemands, demandent la fermeture de Tihange 2 et Doel 3. Une délégation a remis la pétition à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) ce vendredi.

Nos centrales nucléaires font-elles peur à nos voisins? Oui si l'on en croit la délégation de plusieurs groupes d'actions anti-nucléaires qui a remis une pétition signée par un demi-million de personnes, ce vendredi, à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN). Les signataires - belges, néerlandais et allemands pour la plupart - réclament la fermeture sans délai des réacteurs Tihange 2 et Doel 3, dont les cuves présentent des milliers de fissures.

On connait la chanson, la pétition a été lancée depuis longtemps et cela ne changera rien. Toutes les études ont déjà été menées pour la sécurité de ces centrales. Des experts internations se sont déjà penchés sur la question.
Marie-Christine Marghem (MR)
Ministre de l'Energie

La pétition a été remise aux mains du nouveau directeur général de l'AFCN, Frank Hardeman, entré en fonctions au mois de mai. Cet expert en sûreté nucléaire pourrait se montrer "plus ouvert" que son prédécesseur Jan Bens, espèrent les associations qui comptent sur un "changement d'attitude" de l'AFCN.

La décision prise jeudi par le gendarme nucléaire de redémarrer à une date encore non précisée le réacteur Doel 3, à l'arrêt depuis le 22 septembre 2017, ne présage toutefois rien de bon. "C'est irresponsable", a commenté Léo Tubbax, membre de la délégation et porte-parole du groupe d'action "Nucléaire Stop Kernenergie", avant la rencontre.

Les associations citoyennes à l'origine de la pétition estiment que les réacteurs fissurés Tihange 2 et Doel 3, âgés de plus de 30 ans, doivent être fermés immédiatement et non au plus tard en 2023 comme cela est prévu. Les fissures qui strient leurs parois ont été mises au jour en 2012 et ont conduit à la fermeture temporaire des réacteurs, exploités par Engie Electrabel.

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Mais après enquête, l'AFCN a estimé qu'ils pouvaient continuer à produire de l'électricité. Pour les groupes d'actions anti-nucléaires, il n'existe "aucune preuve que les réacteurs fissurés aient le même niveau de sûreté que les autres". D'après eux, un accident nucléaire à Doel ou Tihange mettrait la vie de millions de personnes en péril, y compris dans les régions frontalières aux Pays-Bas et en Allemagne, où la mobilisation contre l'atome fédère un large front.

Parmi les signataires de la pétition, les Allemands de Rhénanie sont les plus nombreux, suivis par les Néerlandais du Limbourg méridional. "Les Belges sont minoritaires, mais nous avons constaté un regain d'intérêt sous l'influence, entre autres, de la chaîne humaine de 50.000 personnes organisée en juin 2017 entre Tihange, en province de Liège, et la ville allemande d'Aix-la-Chapelle", selon Léo Tubbax.

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