Un gros contrat pour Xylowatt

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La spin-off de l’UCL ne va pas seulement inaugurer à Mont-Godinne sa première installation industrielle complète. Elle vient aussi de décrocher en Croatie son premier gros contrat.

Les derniers tests sont en cours à Mont-Godinne, sur les hauteurs de la Meuse, où Xylowatt s’apprête à lancer dans les prochains jours le gazéifieur qui doit fournir aux cliniques universitaires le gaz qui alimentera la centrale à cogénération de l’hôpital et lui fournira de quoi couvrir la majorité de ses besoins en électricité, en chaleur et en froid.

Une première à Mont-Godinne

Il s’agit de sa première installation industrielle à grande échelle. La spin-off de l’UCL, sans doute sortie trop tôt de l’université, a perdu plusieurs années faute de vision industrielle claire. Un prototype industriel, qui a connu quelques ratés et a été remanié l’an dernier, chauffe la piscine municipale de Tournai, tandis que Verallia, ex-filiale de Saint-Gobain, a abandonné le projet de R&D autour d’un autre gazéifieur de Xylowatt, une fois passée dans le giron d’une société de capital à risque.

À Mont-Godinne, c’est une filiale de Xylowatt qui a réalisé l’investissement. Elle va vendre le gaz produit aux cliniques universitaires de Mont-Godinne. Le cœur de l’installation, qui sera inaugurée officiellement le 24 novembre? Un réacteur de deux étages, qui transforme les copeaux de bois, résidus de l’industrie forestière locale, en biogaz.

11 millions €
Xylowatt vient de signer en Croatie un contrat d’une valeur de quelque 11 millions d’euros. Il va y remplacer un gazéifieur défaillant.

Le chemin a été long, puisque la décision d’investissement a été prise en 2011. "Ce que nous avons appris ces 12 ou 13 derniers mois, c’est que les problèmes que Xylowatt a rencontrés, les autres acteurs dans le monde les ont aussi connus. Et Xylowatt est la seule à les avoir résolus", affirme Pierre Mottet, longtemps CEO d’IBA, qui est aujourd’hui président et premier actionnaire de la société d’énergie verte basée à Louvain-la-Neuve.

Le CEO Jürgen Bohn, appelé à la rescousse il y a un peu plus d’un an, et qui vient d’une entreprise allemande concurrente, renchérit. "Le problème dans un processus de gazéification, c’est que le gaz produit contient des goudrons, qui encrassent les machines. Xylowatt est la seule à gérer le sujet dans le gazéifieur même, ce qui rend inutiles les traitements ultérieurs."

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C’est d’ailleurs grâce à cet avantage compétitif qu’elle vient de signer un contrat d’une valeur de quelque 11 millions d’euros en Croatie. "Là comme à beaucoup d’endroits, des gens ont essayé la technologie de la gazéification, bénéficient de soutiens pour 20 ans, mais ont des centrales encrassées par le goudron qui ne tournent plus. Nous allons donc remplacer le gazéifieur", explique Pierre Mottet. Un créneau sur lequel Xylowatt compte se concentrer dans les mois à venir – des négociations sont en cours avec d’autres clients potentiels, en Europe et au Japon.

Elle prévoit ensuite de cibler des projets nouveaux là où le soutien à ce type d’installation est intéressant – le Japon et les Balkans, mais aussi dans une certaine mesure, le Royaume-Uni, l’Italie ou la Wallonie. Les étapes suivantes? Des projets "off grid", par exemple sur les îles grecques, et l’utilisation de déchets, comme des boues d’égout, comme matière première.

Une nouvelle augmentation de capital, qui doit encore être validée par le conseil d’administration, est en préparation. Il faut dire que depuis sa création, en 2001, Xylowatt a déjà consommé près de 30 millions d’euros. "Mais ici, il ne s’agira plus de financer les dépenses, mais de recapitaliser l’entreprise en faisant entrer de nouveaux actionnaires, pour donner confiance aux clients et permettre l’émission de garanties bancaires", note Pierre Mottet.

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